Le leader des Marada, Sleiman Frangié, à Beyrouth, en octobre 2016. Photo d'archives AFP.
Les États-Unis ont ajouté jeudi le chef du courant des Marada, Sleiman Frangié, ainsi que le vice-président du bureau politique du Hezbollah Mahmoud Comati, à la liste de sanctions financières (SDN) du département du Trésor (OFAC), dans le cadre de leur dispositif visant les personnes et entités liées au Hezbollah. Un autre individu, Wael Constantine, basé entre l’Irak et le Liban, figure également sur la liste. « Les responsables libanais désignés aujourd’hui ont utilisé leur influence pour entraver le processus de paix au Liban et retarder le désarmement du Hezbollah », peut-on lire dans un communiqué du Trésor.
Dans son communiqué, le Trésor affirme que « le Hezbollah s’appuie sur un réseau de responsables pour maintenir son pouvoir et exercer son influence à tous les niveaux de l’appareil politique et sécuritaire libanais ». Il souligne dans ce cadre que Sleiman Frangié « a utilisé son alliance stratégique avec le Hezbollah pour servir ses propres ambitions politiques ». « Frangié a accepté un soutien financier du Hezbollah en échange de son soutien aux efforts du Hezbollah visant à cibler les sièges parlementaires des membres réformistes et indépendants lors des élections législatives libanaises », accuse le Trésor. Il est désigné « pour avoir fourni, directement ou indirectement, une assistance matérielle, parrainé ou fourni un soutien financier, matériel ou technologique, ou des biens et services au ou en soutien au Hezbollah ».
« Les sanctions américaines ne nous concernent ni de près ni de loin, d’autant que ce qui nous est reproché est de soutenir une composante de notre pays face à un ennemi sioniste qui occupe notre terre et tue notre peuple. Nous avons toujours été et demeurons favorables à la paix, mais opposés à la capitulation. Cette décision n’affectera pas notre position ; elle ne fera que renforcer notre conviction », a réagi M. Frangié sur X.
العقوبات الأميريكية لا تعنينا لا من قريب ولا من بعيد خصوصاً وأنّ تهمتَنا أننا مع مكوّن من بلدنا ضدّ عدوّ صهيوني يحتلّ أرضنا ويقتل شعبنا. ونحن كنّا ولا نزال مع السلام ولكن ضدّ الاستسلام وهذا التصرّف لن يؤثّر على رأينا بل يزيدُنا قناعةً به.
— Sleiman Frangieh (@sleimanfrangieh) June 18, 2026
Concernant Mahmoud Comati, le Trésor américain indique qu'il « coordonne la contrebande d’argent liquide en provenance d’Iran pour le Hezbollah et défend les intérêts du Hezbollah au Liban ». Il est désigné « pour avoir agi ou prétendu agir au nom du Hezbollah, directement ou indirectement », est-il souligné.
Washington précise que ces désignations interviennent en vertu du décret exécutif 13224, amendé par le décret 13886, visant les réseaux de financement et de soutien logistique à des organisations « terroristes », dans le cadre du régime de sanctions secondaires lié au Hezbollah. « Le Hezbollah doit se désarmer pour que le Liban puisse atteindre un avenir sûr et prospère, a déclaré le secrétaire au Trésor Scott Bessent. Le Trésor continuera de cibler les réseaux financiers du Hezbollah et de tenir responsables ceux qui permettent au groupe de saper l’État libanais et de menacer les perspectives d’une paix durable. »
Plusieurs sociétés sont également visées par ces sanctions, notamment Al-Ahd Company for Trade and Investment (Syrie), Al Shafa Administrative Services (Irak), Globe International SPC (Oman), Globe Technology Providers (Liban) et Tyke SAL (Liban). Les deux entreprises basées au Liban sont associées, selon Washington, à des personnalités déjà ciblées par les États-Unis, dont Alaa Hassan Hamiyé, Bahaa Addin Hachem et Mohammad Hassan Hamiyé.
Le Trésor détaille par ailleurs ce qu'il présente comme un réseau financier gravitant autour d'Alaa Hamiyé et de Bahaa Addin Hachem, copropriétaires de Globe Technology Providers SARL (Globe SARL). Cette société libanaise est décrite comme la branche technique d'Al-Ahd Company for Trade and Investment, une entreprise établie en Syrie et présentée par Washington comme liée au Hezbollah.
Selon les autorités américaines, Mohammad Bazzal, présenté comme un responsable de l'équipe financière du Hezbollah, aurait joué un rôle déterminant au début de 2024 dans la conclusion de contrats entre Globe SARL et l'ancien régime syrien de Bachar el-Assad. Le Trésor affirme que Damas avait alors accepté qu'une société, sanctionnée par Washington, G.M. Farm, décrite comme affiliée à l'appareil financier du Hezbollah, fournisse et exploite des équipements par l'intermédiaire de son agent local, Al-Ahd Company, entreprise de Yaser Hussein Ibrahim, présenté comme un proche du régime Assad. Ces contrats auraient représenté près de dix millions de dollars. Les bénéfices tirés de ces projets auraient ensuite été répartis entre le groupe Talaqi, que Washington décrit comme contrôlé par le Hezbollah, Al-Ahd Company et Globe SARL, laquelle mènerait également d'autres activités génératrices de revenus au profit du réseau financier du mouvement.
Le Trésor américain affirme également qu'Alaa Hamiyé contrôle Globe International SPC, une société basée à Oman et présentée comme une filiale de Globe SARL. Ses comptes bancaires auraient servi à traiter des paiements de plusieurs centaines de milliers de dollars, notamment dans le cadre de projets liés au Hezbollah ainsi qu'à d'autres entreprises déjà placées sous sanctions américaines.
Il y a un peu moins d’un mois, le Trésor américain avait annoncé des sanctions visant neuf personnalités accusées de soutenir le Hezbollah. Pour la première fois, deux officiers libanais en fonction avaient été directement ciblés par Washington : le chef du département de la sécurité nationale à la Sûreté générale, le général de brigade Khattar Nassereddine, ainsi que le chef de la branche de la banlieue sud au sein des renseignements de l’armée libanaise, le colonel Samir Hammoud. Les autorités américaines les accusent d’avoir transmis des informations de renseignement au Hezbollah.
Parmi les autres personnalités sanctionnées figuraient également trois députés et cadres du Hezbollah : Hassan Fadlallah, Ibrahim Moussaoui et Hussein Hajj Hassan ainsi que l’ancien ministre et chef du conseil exécutif du parti, Mohammad Fneich. L’ambassadeur d’Iran à Beyrouth, Mohammad Reza Chibani, ainsi que deux responsables du mouvement Amal, Ahmad Assaad Baalbaki et Ali Ahmad Safaoui, avaient également été visés dans le même dispositif.



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Il faudrait que les sanctions touchent au plus vite tout l'appareil politique des mafieux jaunes.
21 h 49, le 18 juin 2026