L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, s’adresse à l’Assemblée générale de l'ONU avant un vote visant à condamner les actions israéliennes à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, à New York le 13 juin 2018, Photo Don Emmert / AFP
Un échange public a dégénéré en vive altercation entre l’ambassadeur israélien et la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU chargée des enfants et des conflits armés.
Lors d’une réunion organisée à New York à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en période de conflit, l’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, Danny Danon, a réclamé la démission de Pramila Patten. Celle-ci est l’auteure d’un rapport ayant inscrit pour la première fois Israël sur une liste noire liée à de présumées violations dans ce domaine. Danon l’a accusée de partialité. « Vous avez cédé à l’obsession du secrétaire général de prendre Israël pour cible », a-t-il déclaré, en référence au chef de l’ONU, Antonio Guterres.
Une autre responsable onusienne, Vanessa Frazier, représentante du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés et auteure d’un rapport distinct plaçant également Israël sur liste noire, est alors intervenue en invoquant un rappel au règlement. Elle a demandé à Danon de s’abstenir de toute « attaque personnelle » et a affirmé disposer de « preuves vérifiées ». Danny Danon lui a alors intimé de se taire. « Nous sommes un État membre, et vous travaillez pour l’ONU ; vous allez donc vous taire maintenant. Vous allez vous taire… vous et votre rapport honteux », a-t-il lancé.
Ancienne ambassadrice de Malte auprès des Nations unies, Vanessa Frazier a publié cette semaine son rapport au nom d’Antonio Guterres. Celui-ci avertit que des groupes de colons israéliens pourraient être ajoutés à une liste noire mondiale pour violations commises contre des enfants. Le secrétaire général y fait également part de son inquiétude face à ce qu’il qualifie d’augmentation « stupéfiante » des violations commises à l’encontre d’enfants palestiniens.
Israël figure déjà dans les annexes dites de la « liste de la honte » de ce rapport pour de présumées violations.
À la publication du rapport de Pramila Patten le mois dernier, Danny Danon l’avait qualifié de « nouveau point bas », tandis que le ministère israélien des Affaires étrangères avait promis de rompre tous ses liens avec Antonio Guterres, dont le mandat de dix ans à la tête de l’ONU s’achèvera à la fin de l’année.
Les deux rapports inscrivent également sur leurs listes noires le Hamas, principal ennemi d’Israël.


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