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Moyen Orient et Monde

L’ASL de Sélim Idriss continuera de bénéficier des aides anglo-US

Syrie

Des enfants meurent de froid ; le premier envoi par avion d'une aide de l'ONU reporté.

OLJ/Agences
13/12/2013

Après avoir annoncé la veille la suspension de l'aide non létale anglo-américaine à l'Armée syrienne libre (ASL), les États-Unis ont tempéré hier cette décision en assurant qu'ils soutiendraient toujours la rébellion du général Sélim Idriss et l'opposition modérée.


L'ASL, en perte de vitesse face aux islamistes et jihadistes après avoir été la principale force armée rebelle soutenue par l'Occident, a subi un nouveau revers après la suspension par Washington et Londres de leurs aides non létales. Cette annonce est survenue après que des combattants islamistes se furent emparés d'un passage-clé à la frontière turque, des sièges de l'ASL ainsi que de ses dépôts d'armes.


Ces dernières semaines, les tensions sont montées entre le Front islamique, créé en novembre par la fusion de sept groupes islamistes, et l'ASL, la coalition rebelle chapeautée par l'opposition en exil, bien que les deux camps luttent pour la chute du régime de Bachar el-Assad. Début décembre, le Front islamique avait annoncé quitter l'état-major de l'ASL, affirmant qu'il ne le représentait plus, accentuant encore plus le morcellement de la rébellion. Des revers qui posent un « gros problème » et reflètent « la dangerosité de la situation ainsi que son imprévisibilité », a convenu hier le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel.


« Il est clair que l'état-major de l'ASL est de plus en plus faible et qu'il a perdu du pouvoir », affirme pour sa part Aron Lund, un expert sur la rébellion syrienne basé en Suède, précisant que « l'ASL a perdu d'importants groupes et des combattants avec la création du Front islamique ». Selon lui, la perte du passage-clé de Bab el-Hawa, à la frontière turque, signifie que le chef d'état-major de l'ASL, Sélim Idriss, « pourrait ne plus rentrer en Syrie ». Des informations de presse avaient indiqué la veille que le général Idriss avait fui le siège de l'ASL à Bab el-Hawa et se trouvait au Qatar, avant d'être démenties par les rebelles.

 

Complètement privée de soutien
Depuis que la révolte contre le régime, au départ pacifique, s'est militarisée face à une féroce répression, déserteurs et civils ayant pris les armes se sont regroupés sous l'ombrelle de l'ASL avant que des groupes, notamment islamistes, ne commencent progressivement à agir de manière indépendante. La donne s'est compliquée davantage avec la montée en puissance de groupes jihadistes qui, tout en combattant également le régime d'Assad, se sont engagés dans des luttes et règlements de comptes avec les autres factions rebelles. Les islamistes s'en prennent en outre aux civils, tuant mercredi et hier 15 d'entre eux appartenant aux minorités alaouite et druze à Adra, près de la capitale, ainsi qu'un membre des forces loyalistes, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Des témoins, des opposants et les médias officiels syriens disent que le Front al-Nosra, lié à el-Qaëda, et le Front islamique sont à l'origine de ces violences. Certains militants ont fait état d'une quarantaine de morts et disent que les salafistes de l'Armée de l'islam, membres du Front islamique, sont les principaux responsables, mais leurs allégations n'ont pu être vérifiées.


Les quelques groupes rebelles qui continuent d'être chapeautés par l'ASL reconnaissent pour leur part que cette armée n'a jamais eu le soutien qu'elle réclamait. « Depuis le départ, les bataillons islamistes étaient les seuls à recevoir de l'aide », même quand ils étaient au sein de l'ASL, affirme Sélim Hijazi, chef du Liwa' al-Cham, qui fait partie de l'état-major de l'ASL. Depuis la création du Front islamique, « l'ASL a été complètement privée de soutien », ajoute-t-il via Skype.
Et la suspension de l'aide non létale de Londres et de Washington vient porter surtout un coup moral à l'ASL, même si ces aides se limitaient à des rations militaires, gilets pare-balles, uniformes, tentes, jumelles, radios et équipements médicaux. Khaled Saleh, porte-parole de la Coalition, a toutefois voulu minimisé son importance, jugeant que ce n'était « pas un problème grave ».

 

(Pour mémoire : Le gouvernement de l'opposition devra s'imposer face aux Kurdes et aux jihadistes)

 

Un bébé de six mois...
Pourtant, sur le terrain, chaque bataille compte. Selon l'OSDH, qui bénéficie d'un vaste réseau de militants et de sources médicales, le régime contrôle désormais la quasi-totalité de la région de Qalamoun, surtout après avoir repris les localités situées le long de la route Damas-Homs, qu'il se prépare à rouvrir. Le contrôle de Qalamoun permettrait au régime de s'assurer une continuité territoriale entre les provinces de Damas et de Homs. En outre, si le régime réussit à prendre la localité de Mleiha, c'est toute la Ghouta orientale, une région arboricole à l'est de Damas, qui tombera. Avec Qalamoun au nord et la Ghouta à l'est, il encerclera Douma, principal bastion rebelle proche de la capitale.


Parallèlement, une vague de froid s'est abattue sur le Proche-Orient, touchant entre autres la Syrie où la Coalition nationale de l'opposition a fait état de la mort de deux enfants, dont un bébé de six mois. La Coalition a ainsi lancé un « appel urgent » aux ONG internationales « pour protéger des centaines de milliers de Syriens du froid glacial », en Syrie et dans les pays voisins.
En Jordanie, la pluie rendait également les conditions de vie, déjà extrêmes, des réfugiés encore plus difficiles, notamment dans le camp de Zaatari qui accueille 130 000 Syriens.


Les intempéries ont par ailleurs provoqué le report du premier envoi par avion d'une aide de l'ONU depuis la région autonome du Kurdistan irakien pour les régions kurdes de la Syrie voisine, a annoncé hier le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies, Peter Kessler.

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Pour mémoire

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La « fiancée de la révolution » syrienne sous l’emprise d’el-Qaëda - See more at: http://www.lorientlejour.com/article/845875/la-fiancee-de-la-revolution-sous-lemprise-del-qaeda.html#sthash.vgbllc72.dpuf

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Pathetique bataille de boules de neige , et ca veut gagner une bataille ! pas de fumee sans feu , baba idriss a eu les chocotes et a du changer d'avis en attendant qu'on nomme un autre a sa place . Je lisais le jour de la reunion des gentiks mercenaires que ca aller etre tres mauvais pour Bashar , ici dans ces colonnes , et non , finalement ca a ete tres mal pour baba idriss . A certains gruyeres je dirai que les allies de la Syrie legitime sont connus et ne s'en cachent pas , il s'agit de l'Iran de la Russie et du hezb resistant , les salafowahabites ne peuvent en aucune facon etre allies avec Bashar , ils sont allies aux eurodecadents et aux yanky declinants . S'il arrive que Bashar se serve de leur connerie c'est de bonne guerre, mais il ne leur doit rien et les combattra jusqu'au bout par les moyens adequates . Par contre les bensaouds salafowahabites doivent tout aux yanky et eurodecadents et s'ils n'y arrivent pas , tant pis pour eux . Bandar doit partir et s'en ira .Nshallah !

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