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Fin 2013, une personne sur quatre vivant au Liban sera un réfugié syrien

Crise humanitaire L’Unicef et le HCR ont publié hier un communiqué commun annonçant que l’on « comptera bientôt un million d’enfants syriens réfugiés dans les pays limitrophes de la Syrie, le Liban accueillant le plus grand nombre d’entre eux ». Selon les estimations onusiennes, à la fin de cette année, une personne sur quatre vivant au Liban sera un réfugié syrien.
24/08/2013

Alors que la guerre en Syrie est à sa troisième année, le nombre d’enfants syriens forcés de fuir leur pays natal en tant que réfugiés atteindra bientôt un million.
« Ce millionième enfant réfugié n’est pas seulement un chiffre de plus, a affirmé dans un communiqué le directeur général de l’Unicef, Anthony Lake. C’est un enfant bien réel, arraché à son foyer, peut-être même à sa famille, qui affronte des horreurs qu’on ne peut que commencer à appréhender. »
« Pendant que nous nous employons à soulager les souffrances de ceux qui sont touchés par cette crise, la communauté internationale a échoué dans sa responsabilité envers cet enfant. Nous devrions nous arrêter un instant et nous demander, en toute conscience, comment nous pouvons continuer à abandonner les enfants de Syrie », a-t-il poursuivi.


« Ce qui est en jeu n’est rien moins que la survie et le bien-être d’une génération d’innocents », a indiqué, de son côté, le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres. « Les jeunes de Syrie sont en train de perdre leurs foyers, des membres de leurs familles et leur avenir. Même après avoir traversé une frontière pour se retrouver en sécurité, ils sont traumatisés, déprimés et ont besoin d’une raison d’espérer. » 


Selon le HCR et l’Unicef, les enfants représentent la moitié de l’ensemble des réfugiés du conflit en Syrie. La plupart sont arrivés au Liban, en Jordanie, en Turquie, en Irak et en Égypte. Il est de plus en plus fréquent que les Syriens s’enfuient jusqu’en Afrique du Nord et en Europe.
Les derniers chiffres montrent qu’environ 74 000 enfants réfugiés syriens ont moins de onze ans.
À l’intérieur de la Syrie, environ 7 000 enfants ont été tués au cours du conflit. Le HCR et l’Unicef estiment que plus de deux millions d’enfants ont été déplacés à l’intérieur de la Syrie.


« Les bouleversements physiques, la peur, le stress et les traumatismes qu’ont vécus tant d’enfants ne représentent qu’une partie de cette crise humaine. Les deux organismes ont aussi mis en avant les menaces de travail, de mariage précoce et le risque d’exploitation sexuelle et de traite pesant sur les enfants réfugiés. Au cours de la plus vaste opération humanitaire jamais menée, le HCR et l’Unicef ont mobilisé un soutien pour des millions de familles et d’enfants sinistrés, notamment avec des vaccins, assistance psychosociale, aide à l’éducation et approvisionnement en eau. Il reste cependant beaucoup à faire. Ainsi, le plan régional d’intervention en faveur des réfugiés syriens, qui exige 3 milliards de dollars américains pour répondre aux besoins extrêmes des réfugiés jusqu’en décembre de cette année, n’est financé qu’à hauteur de 38 % », souligne le communiqué commun des deux agences onusiennes.

Mineurs
Se penchant sur la situation des réfugiés syriens au Liban, Soha Bsat Boustany, responsable de la communication de l’Unicef au Liban, a souligné à L’Orient-Le Jour que « le nombre de réfugiés a quadruplé depuis janvier 2013 ». « Près de 53 % des réfugiés syriens qui se trouvent dans le pays sont âgés de moins de 18 ans, avec 370 000 mineurs enregistrés ou en voie d’enregistrement jusqu’à présent auprès du HCR. C’est le nombre le plus élevé par rapport aux autres pays ayant accueilli des réfugiés syriens. »


Interrogée sur la scolarisation des réfugiés, Mme Bsat Boustany relève qu’environ « 85 % des enfants syriens réfugiés au Liban ne sont pas scolarisés ». « L’école est un endroit qui protège les enfants des abus, notamment du travail, de l’exploitation et du mariage précoce des filles, souligne-t-elle. Ce taux élevé de réfugiés pose aujourd’hui un problème à l’Unicef et à toutes les agences onusiennes présentes au Liban. Au début de 2013, l’Unicef a estimé les besoins à 125 millions de dollars, mais nous avons reçu uniquement 26 % de la somme. Cela va sans dire que ces besoins grandissent de mois en mois avec le flot de réfugiés qui grossit », a-t-elle dit, affirmant que « l’Union européenne a été jusqu’à présent le plus grand donateur au Liban ».
Et d’ajouter : « Nous tentons dans la mesure du possible de nous adapter à la situation. Nous œuvrons à aller vers les plus défavorisés, apportant notre aide aux groupes les plus vulnérables et cela en matière d’éducation, de vaccination et d’accès à l’eau potable. » 


La représentante de l’Unicef au Liban, Annamaria Laurini, a souligné, dans un communiqué, que « seulement 35 000 élèves syriens fréquentent les écoles publiques au Liban, alors que 300 000 devraient pouvoir suivre des cours ». « Avec des milliers d’enfants arrivant au Liban toutes les semaines, les écoles publiques sont saturées », a-t-elle précisé. 


L’Unicef accorde une aide aux enfants syriens et libanais, notamment ceux qui appartiennent aux communautés hôtes. Ainsi, des cours de rattrapage ont été mis en place, mais aussi d’ici à la fin de l’année une aide supplémentaire sera accordée aux enfants qui ne vont pas à l’école. Des délégués de l’Unicef se rendront auprès d’eux pour tenter de minimiser les dégâts relatifs à l’éducation. 


Pour sa part, Ninette Kelley, représentante du HCR au Liban, a manifesté ses craintes vis-à-vis de l’enregistrement des enfants nés en exil. Ainsi, l’organisme qu’elle représente « enregistrera jusqu’à la fin de 2013 près de 10 000 enfants nés au Liban ». « Si ces nouveau-nés ne sont pas enregistrés, ils seront des apatrides, a-t-elle mis en garde. Selon les estimations, à la fin de 2013, une personne sur quatre vivant au Liban sera un réfugié syrien », a-t-elle souligné en conclusion.

 

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