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À La Une - liban

Hariri se lâche contre le Hezbollah : Plus jamais la formule « armée-peuple-résistance »

De son lieu d’exil, l’ancien Premier ministre a violemment dénoncé les armes du parti chiite.

Le chef du courant du Futur, Saad Hariri, s’est adressé hier à son public réuni au BIEL, à Saïda et à Tripoli, et aux Libanais dans leur ensemble. Photo Marwan Assaf.

« Cette année, je me vois contraint de communiquer avec vous à distance, à cause des circonstances qui m’ont été imposées. Que Dieu maudisse ceux qui nous ont conduits à cette situation. » C’est par ces propos que le chef du courant du Futur, Saad Hariri, s’est adressé hier à son public réuni au BIEL, à Saïda et à Tripoli, et aux Libanais dans leur ensemble. 

 
Réitérant le refus du 14 Mars de prendre part à un gouvernement d’union nationale, il a invité le camp adverse à consentir les mêmes sacrifices et à faciliter la formation d’un gouvernement neutre qui puisse plancher sur les intérêts des citoyens.
Usant d’un ton direct et « franc » dès le départ comme il l’a dit, l’ancien chef de gouvernement n’a pas ménagé, tout au long du discours, le parti chiite, l’accusant d’être responsable de la montée de la tension depuis plusieurs années et de s’être « arrogé des droits d’État en matière de décisions d’avenir ».
Récapitulant les différentes étapes qui ont conduit, depuis l’assassinat de son père, Rafic Hariri, à l’aggravation des relations entre les Libanais, Saad Hariri a rappelé les différents compromis faits par son camp politique depuis, à commencer par le consentement au dialogue, la participation à un gouvernement national, jusqu’à « l’ouverture malheureuse effectuée en direction du régime syrien », autant d’efforts « qui sont partis en fumée », a-t-il dit. 

 

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Le chef du courant du Futur a passé en revue la série d’« exactions » commises par le Hezbollah depuis que ce dernier « a pris la décision de mener la guerre de juillet (contre Israël) au lendemain même des discussions autour de la stratégie de défense ». Il a ainsi dénoncé « les accusations de trahison », lancées à l’encontre d’une partie des Libanais, « l’absence d’une attitude responsable » suite à la série noire des assassinats politiques, « les tentatives de sabotage de l’accord sur le TSL », « l’encerclement du Sérail », « la paralysie du Parlement », « le refus de remettre à la justice internationale les accusés » dans l’affaire Rafic Hariri, « l’invasion de Beyrouth ».
Un cumul qui n’a fait qu’accentuer, au fil des années, la tension et la discorde, en affaiblissant l’État et l’ensemble de ses institutions, a-t-il dit.  « Nous avons épuisé tous les moyens possibles et imaginables pour parvenir à une solution », a poursuivi M. Hariri, citant les concessions faites par son courant, la valse des réunions, le sommet de Doha et les accords de Baabda. « Autant de calmants qui ne traitent pas le problème dans le fond », a-t-il fait remarquer.

 

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Selon lui, la logique de la stratégie de défense ne tient plus la route, d’autant que les armes du Hezbollah sont devenues, après la guerre de juillet 2006, « un outil pour exercer des pressions politiques sur les autres parties. Ces armes ont provoqué la naissance de nouveaux groupes armés qui prétendent qu’ils ont le droit de posséder à leur tour des armes ».
D’ailleurs, a-t-il ajouté, les armes du Hezbollah sont, depuis 2005, une des raisons principales de la division entre les Libanais. « Ces armes ne pourront jamais constituer un dénominateur commun entre les Libanais », a-t-il encore dit, soulignant que depuis 2005, « elles ne jouissent plus de l’unanimité ».
« Ils (le Hezbollah) vont dire que notre position rejoint la décision prise par l’Union européenne contre la branche armée du parti, mais cela ne va pas affecter notre point de vue à l’encontre de ces armes car ils ne peuvent pas protéger l’union nationale », a-t-il ajouté. Selon M. Hariri, le Hezbollah s’est engagé dans l’inconnu en participant à la guerre en Syrie. « Le Hezbollah pense que le régime de Bachar el-Assad ne va pas tomber, mais que va-t-il faire s’il s’effondre quand même et qu’il est remplacé par l’opposition ? » s’est interrogé l’ancien Premier ministre.
« Que va-t-il dire aux familles des Libanais tués lors de ce conflit ? Va-t-il demander au gouvernement libanais d’adopter une politique de distanciation à l’égard du nouveau régime syrien ? » s’est encore demandé le leader sunnite.


D’après le chef du courant du Futur, l’armée libanaise devrait être la seule institution à défendre la souveraineté, les frontières et l’indépendance du Liban. « Donnons à l’armée et aux forces de sécurité le droit de défendre le Liban et de préserver l’unité nationale et éloignons-la des conflits interconfessionnels », a lancé M. Hariri. « Au lieu d’appeler les Libanais à combattre en Syrie, nous devons plutôt leur demander de se réconcilier au Liban », a-t-il dit.
Dans ce contexte, M. Hariri a annoncé que le courant du Futur est prêt au dialogue à n’importe quel moment. « Le président Michel Sleiman a appelé les différentes parties à revenir à la table de dialogue national, le Hezbollah s’est dit prêt au dialogue, qu’attendons-nous ? » a-t-il dit. « Nous sommes prêts à sacrifier notre participation au gouvernement, les autres partis devraient faire de même puisqu’ils ont déjà formé un gouvernement seuls », a rappelé l’ancien Premier ministre. Il a appelé le Hezbollah à prendre les revendications des citoyens en compte et à faciliter la formation d’un nouveau cabinet.

 

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Saad Hariri a assuré que le courant du Futur refuse la violence et n’est pas un parti extrémiste. « Nous sommes le courant de Rafic Hariri, notre seul projet est le projet de l’État, nous sommes un parti civil et démocrate », a-t-il assuré. « Dans l’histoire, les projets de tous les groupes armés au Liban ont échoué », a-t-il conclu.

 Le nouveau gouvernement
Au sujet du nouveau gouvernement, le chef du courant du Futur a indiqué que ceux qui veulent qu’un nouveau cabinet soit formé devraient coopérer avec le Premier ministre désigné Tammam Salam. « Nous avons accordé notre confiance à M. Salam et il est qualifié pour diriger le prochain gouvernement », a affirmé l’ancien Premier ministre.
M. Hariri a écarté définitivement la possibilité qu’un gouvernement d’union nationale puisse survivre à la crise, soulignant qu’il sera « voué à l’implosion ». « Nous ne pourrons plus accepter la formule armée-peuple-résistance, de même que nous refusons d’accorder une couverture à ceux qui ont fait couler le sang en Syrie », a-t-il insisté. 


Le chef du courant du Futur a par ailleurs qualifié les roquettes qui ont visé le palais présidentiel de Baabda de « message terroriste » dont l’objectif est de porter atteinte aux symboles de l’État et à la déclaration de Baabda. Le responsable a enfin salué l’institution militaire libanaise et les positions « courageuses et nobles » du président Sleiman.

 

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