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Liban - L’éclairage

Les attaques contre Sleiman trahissent l’embarras du Hezbollah

Il y a un accord saoudo-iranien pour calmer le jeu au Liban, assure une source ministérielle qui préfère garder l’anonymat. Et cet accord, ou de préférence cette entente tacite, pourrait aboutir, dans les prochaines semaines, à la formation d’un gouvernement portant le nom de Tammam Salam, et même à la tenue d’une conférence nationale du dialogue à Baabda, assure la source citée.


Selon un observateur, le Hezbollah est pointé du doigt dans l’attentat aux roquettes du 1er août, dont le timing a suivi le discours du président Sleiman. Ce tir intervient pourtant à l’issue d’une prise de position qui n’est pas nouvelle, mais que le chef de l’État a débité à coups de petites phrases, tout au long de son mandat, avant de la présenter pour la première fois de façon complète et synthétique.
Pourquoi ce tir ? Et peut-il vraiment inquiéter le chef de l’État ? Selon une source du 14 Mars, le tir de roquettes trahit l’embarras du Hezbollah, qui prend des positions triomphalistes, alors même que la réalité politique commence à lui être défavorable et que progressivement grandit son isolement. En effet, après l’éclatement de la coalition parlementaire dont il fait partie, voilà Nabih Berry qui demande à Saad Hariri de former le prochain gouvernement, alors même que Michel Aoun a commencé à revoir ses comptes et que Walid Joumblatt prend fait et cause pour un Michel Sleiman, dont certains médias du Hezbollah, qui se croient à Tunis ou au Caire, demandent, risiblement il faut dire, le départ.

 

(Lire aussi: Sleiman : Les roquettes ne modifieront ni les constantes nationales ni les convictions)


Ces gesticulations anachroniques et déplacées ne font que trahir l’embarras d’un parti dont l’Union européenne a finalement compris qu’il possède un agenda militaire indépendant de son agenda politique apparent, et qu’elle a fini par inscrire sur la liste des organisations « terroristes » ; sans oublier les États du Golfe, qui ont décidé d’expulser tout Libanais ayant des attaches avec le parti pro-iranien.
Tout cela fait dire aux milieux du courant du Futur que le Hezbollah va bientôt être contraint de faire marche arrière et de donner des « signes de bonne volonté », comme le retrait de ses combattants de Syrie, la facilitation de la     tâche de Tammam Salam, l’acceptation d’un retour à la table de dialogue aux conditions du président Sleiman, l’engagement solennel à respecter l’accord de Baabda. Selon ces milieux, le 14 Mars refusera de tendre la main à un parti qui s’est délibérément compromis de la sorte.

 

(Lire aussi: Hariri se lâche contre le Hezbollah : Plus jamais la formule « armée-peuple-résistance »)


Dans les milieux du 8 Mars, et tout en ridiculisant la naïveté du 14 Mars, certains se sont dissociés clairement du tir de roquettes contre la région de Baabda, estimant qu’il s’agit d’une grossière erreur tactique. Selon ces milieux, le Hezbollah n’a pas intérêt à ce qu’on lui impute ces tirs, ne serait-ce que politiquement. De ce fait, ajoutent ces milieux, il est de l’intérêt du parti chiite de chercher aussi rapidement que possible à identifier les pourvoyeurs de roquettes. Et un ancien ministre d’ajouter que le capital de popularité du chef de l’État a augmenté, au cours des deux derniers jours, et que par contre celui du parti pro-iranien a baissé. « Qui se sent morveux se mouche », affirme cette source, qui se demande « pour quelle raison le Hezbollah s’est-il considéré pointé du doigt par le chef de l’État, alors même ce que ce dernier a condamné toute ingérence en Syrie, et non particulièrement la sienne ? ».
Réponse, dans quelques semaines.

 

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