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Liban

Le 14 Mars à Sleiman : Agissez avant qu'il ne soit trop tard !

Un mémorandum remis par l’alliance du 14 Mars au chef de l’État met l’accent sur le « grand péril » qui menace l’entité libanaise.

La délégation du 14 Mars chez le chef de l’État.  Photo Dalati et Nohra

Comme prévu, une importante délégation du 14 Mars, conduite par le chef du bloc du Futur, Fouad Siniora, a remis hier à Baabda au président de la République, Michel Sleiman, un mémorandum mettant l’accent sur les « périls » que font peser sur le Liban l’action du régime syrien et celle du Hezbollah, et exhortant le chef de l’État à sommer ce dernier de se retirer immédiatement de Syrie.
À l’issue de l’audience, M. Siniora et des représentants parlementaires de chacune des composantes du 14 Mars ont tenu une conférence de presse dans la bibliothèque du Parlement pour donner lecture du texte du mémorandum et répondre aux questions des journalistes.
Il s’agit du deuxième mémorandum de ce genre remis par l’alliance au président Sleiman, après celui de septembre dernier, qui portait déjà sur les violations syriennes en territoire libanais et le danger représenté par le statut et le comportement du Hezbollah.


« Aujourd’hui, le danger est entré dans une phase catastrophique sur tous les plans, national, sécuritaire, économique et social, de sorte que l’entité, la République et la coexistence, véritable raison d’être du Liban, s’en trouvent plus que jamais ébranlées », note le mémorandum, qui porte la signature de 57 députés.
« Ce qui nous incite à nous adresser à vous, c’est l’attitude responsable que vous avez adoptée en de nombreuses occasions ces derniers temps », ajoutent les rédacteurs du texte, soulignant que l’évolution de la situation est susceptible de faire passer le Liban de la condition d’un « État soumis » à celle d’un « État failli » dont le territoire est devenu « une caserne pour l’entraînement des combattants et leur envoi dans plusieurs endroits de la planète, en vertu des instructions du tuteur iranien ».


Et de poursuivre : « Le régime syrien a élargi sa bataille en direction du Liban (...) dans une tentative désespérée de prolonger ses jours. Quant au Hezbollah, il a jeté tout son poids militaire dans la guerre menée par le régime syrien contre son peuple et sur le territoire syrien, sur ordre direct de la direction iranienne. En quelques semaines, le Hezb est passé des tentatives de dissimulation de son implication (dans les combats en Syrie), à l’annonce franche de sa participation, lorsque le nombre de ses tués en Syrie est parti à la hausse. On est ainsi arrivé au discours qu’a prononcé (le 25 mai dernier) le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et dans lequel ce dernier fait part du décès de l’État, de ses institutions et du peuple libanais, et invite ceux qu’il considère comme ses adversaires à croiser le fer avec lui sur le territoire syrien afin d’éviter une guerre civile au Liban. »
« L’équation qu’il propose ainsi est stupéfiante, estime le 14 Mars. Il s’agirait de passer des guerres des autres sur la terre du Liban aux guerres des Libanais sur la terre des autres. Et tout cela pour servir les régimes syrien et iranien aux dépens du Liban. »

 

(Cartographie : Le Liban rattrapé par la crise syrienne)


En réalité, « ce comportement du Hezbollah et l’appel de son secrétaire général poussent, de prime abord, à une guerre civile entre Libanais, à Dieu ne plaise, et sans doute sur le territoire libanais. Ensuite, ils font entrer les Libanais et leurs intérêts au cœur des conflits régionaux faisant peser d’énormes dangers, y compris sur la sécurité économique des Libanais », dénonce le mémorandum, relevant enfin que le Hezbollah « poursuit son entreprise de chantage et ses pressions pour imposer la mise en place d’un gouvernement à son goût afin qu’il accompagne et assure une couverture à sa guerre en Syrie ».


Partant de ces considérations, le texte appelle le chef de l’État à « demander au Hezbollah de se retirer immédiatement et totalement des combats et de mettre un terme à sa présence militaire en Syrie, en prélude au règlement du problème de ses armes au Liban ».
Cette demande se fonde sur le fait que « son implication constitue une violation de la Constitution, de la loi et de la souveraineté de l’État libanais, sans parler des atteintes aux chartes arabes et internationales ». Et, selon le texte, « c’est une demande qui se base clairement et avec force sur la prestation du serment présidentiel ».
Le mémorandum exhorte aussi le président à ordonner le déploiement de l’armée libanaise tout le long de la frontière septentrionale et orientale, et à demander pour cela le soutien de la Finul « en vertu de la résolution 1701 du Conseil de sécurité ».

 

(Lire aussi : Paris estime que le Liban est bel et bien au bord du gouffre)


Le chef de l’État est en outre invité à déployer « sa sagesse, son courage et ses prérogatives afin de sauver le Liban et d’aider le Premier ministre désigné à former un gouvernement homogène et adoptant une ligne neutre pour stopper l’effondrement ; un gouvernement dont le devoir serait de mettre en œuvre la déclaration de Baabda ».
« Deux choses sont à l’heure actuelle menacées d’un grand péril : la première comprend la vie commune, la présence nationale et la souveraineté et le prestige de l’État. La seconde englobe le sens du Liban, ses libertés et sa capacité à faire face aux crises à partir des fondements profonds de son existence en tant qu’entité et nation », souligne le mémorandum.
Et de conclure, à l’adresse du chef de l’État : « Nous espérons, Monsieur le Président, que vous prendrez l’initiative pour lutter contre les dangers menaçants avant qu’il ne soit trop tard. »

 

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