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À La Une - France

Mort du jeune Clément : la presse française pointe un "climat nauséeux"

"L'acte odieux de mercredi soir s'inscrit dans un contexte lourd, celui d'une recrudescence des agressions venues de l'extrême-droite".

"Clément 05/06/2013 - A jamais l'un des nôtres" peut-on lire sur une banderole, sur les lieux où est mort, à Paris, un jeune étudiant d'extrême gauche, sous les coups d'un skin head. AFP/JACQUES DEMARTHON

Vendredi, les éditorialistes de la presse française relaient largement l'horreur et l'émotion suscitées par le décès de Clément Méric, 18 ans, des suites d'un coup reçu lors d'une bagarre avec des skinheads, mercredi soir à Paris.

La presse insiste notamment sur le "climat nauséeux" qui a servi de toile de fond à la mort de ce jeune étudiant, militant d'extrême gauche.

 

Nombreux sont les éditoriaux à rapprocher le drame de mercredi des incidents qui ont émaillé plusieurs manifestations récentes contre le mariage homosexuel.

"Toutes ces dernières semaines, un climat nauséeux s'est développé dans le pays", dénonce Michel Guilloux dans L'Humanité. "Au fil des cortèges, comment le nier, même si elle ne les résume pas, l'extrême droite groupusculaire a bien retrouvé la rue et, grâce à elle, un espace d'expression, parfois d'implicite légitimation, à coup sûr une soif d'action", explique Nicolas Demorand dans Libération.

"L'acte odieux de mercredi soir s'inscrit dans un contexte lourd, celui d'une recrudescence des agressions venues de l'extrême-droite", note lui aussi Bruno Dive dans Sud-Ouest.

 

Pour La Dépêche du Midi, sous la plume de Jean-Claude Souléry, "le succès des manifestations contre le mariage pour tous (...) a libéré en parallèle un discours d'intolérance envers la +différence+ homosexuelle, (...) et de tous ceux qui, à gauche et même à droite, défendent la loi".

 

"Au moment où le Front national, politiquement de plus en plus puissant, joue la carte de la dédiabolisation, skinheads et groupuscules ont retrouvé leur rang en première ligne lorsque le débat sur le mariage homosexuel a viré à l'aigre", abonde Philippe Marcacci dans L'Est républicain.

 

Philippe Waucampt dans Le Républicain lorrain ne peut que déplorer que, "dans le climat malsain développé par le débat de six mois autour du mariage pour tous, la violence de l'ultra-droite radicale (ait) débouché sur la mort d'un jeune désormais érigé en victime sacrificielle d'un enchaînement tristement prévisible".

 

Mais l'avalanche de réactions politiques et de propos polémiques incite aussi Dominique Quinio à mettre en garde, dans La Croix, contre "l'amalgame, la récupération politique, la rhétorique (qui) ne rendront pas justice au jeune Clément". "On ne sait pas si Clément Méric est mort en raison de ses idées politiques. On ignore les intentions, au moment des faits, d'agresseurs qui, seule certitude, appartiennent à un mouvement extrémiste de skinheads", rappelle Michel Urvoy dans Ouest-France.

Dans Le Journal de la Haute-Marne, Christophe Bonnefoy conseille, "notamment à Pierre Bergé ou à Bernard Debré, de ne pas venir échafauder d'hasardeuses théories, comme, respectivement, la responsabilité de Frigide Barjot ou celle des jeux vidéos, dans le drame qui s'est joué près de la gare Saint-Lazare".

 

"Des rassemblements ont eu lieu dans la plupart des grandes villes. Ce qui est frappant, c'est à quel point les tentatives de récupérations de gauche comme de droite y ont été fustigées", constate Jean-Marcel Bouguereau dans la République des Pyrénées.

 

 

"No pasaran"

Plus de 15.000 personnes ont manifesté jeudi soir dans toute la France en hommage à Clément Méric, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les manifestations ont rassemblé 5.000 à 6.000 personnes à Paris et quelque 10.000 personnes en province dans plus d'une soixantaine de cortèges, selon une source policière.

 

A Paris, des centaines d'antifascistes, "camarades" de la victime, s'étaient d'abord rassemblés en fin d'après-midi sur les lieux du drame, près de la gare Saint-Lazare, scandant "Clément, Clément, antifa!" ou "No pasaran!".

"Le fascisme, c'est la gangrène, on l'élimine ou on en crève", ont crié des membres d'Action antifasciste Paris Banlieue, groupe auquel appartenait Clément Méric. Les "antifa" ont ensuite rejoint les milliers de personnes rassemblées place Saint-Michel. "Halte à la violence et à la haine!", pouvait-on y lire sur une pancarte du Parti de Gauche, ou encore "Clément, 05.06.2013, à jamais l'un des nôtres" sur une banderole.

 

Sept personnes, dont une femme, ont  été interpellées jeudi dans le cadre de cette affaire. Ces sept suspects appartiennent à la mouvance de la droite la plus extrême. Plusieurs sont proches du groupuscule des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) et du mouvement affilié de la Troisième Voie, selon une source policière. Parmi les gardés, l'auteur présumé du coup mortel, âgé d'une vingtaine d'années, est connu pour appartenir à cette mouvance skin. Selon une source policière, il a indiqué ne pas avoir eu l'intention de tuer.

 

Jeudi, Serge Ayoub, le leader des JNR a démenti toute implication de son groupe. "C'est absolument faux", a-il dit à jeudi l'AFP. "Je peux mettre ma main à couper" que les JNR "n'ont rien à avoir là-dedans." A la question de savoir s'il connaissait les personnes interpellées jeudi, Serge Ayoub, surnommé "Batskin", répond : "Quelle importance ? Je connais mon boulanger. Il est peut-être un serial killer mais je ne le sais pas."

 

Selon une source policière, les JNR sont un groupuscule, dont le noyau est formé d'une "vingtaine" de skins. Il est affilié au mouvement Troisième Voie, dont il assure le service d'ordre. Ses militants ont été repérés en marge des défilés contre le mariage homosexuel, selon la source.

 

L'enquête de la police judiciaire parisienne doit encore déterminer les circonstances exactes de la bagarre survenue dans le IXe arrondissement de Paris entre deux groupes à la sortie d'une vente privée de vêtements de marques, prisés tant par les membres de groupuscules d'extrême droite que par les militants antifascistes.

Clément Méric, venu de Brest pour ses études à Sciences Po, "antifa" engagé et membre du syndicat Solidaires, avait été transporté mercredi soir à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière dans un "état désespéré". Son décès a été annoncé jeudi.

 

"Soudain, un coup de poing est parti et le jeune a valsé contre le poteau... Les hommes avaient des crânes rasés, avec des vestes en cuir et des tatouages dans le cou", avait raconté à l'AFP une femme témoin de la scène, survenue dans une rue piétonne du quartier de la gare saint-Lazare.

 

 

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Vendredi, les éditorialistes de la presse française relaient largement l'horreur et l'émotion suscitées par le décès de Clément Méric, 18 ans, des suites d'un coup reçu lors d'une bagarre avec des skinheads, mercredi soir à Paris.
La presse insiste notamment sur le "climat nauséeux" qui a servi de toile de fond à la mort de ce jeune étudiant, militant d'extrême gauche.
 
Nombreux sont les éditoriaux à rapprocher le drame de mercredi des incidents qui ont émaillé plusieurs manifestations récentes contre le mariage homosexuel.
"Toutes ces dernières semaines, un climat nauséeux s'est développé dans le pays", dénonce Michel Guilloux dans L'Humanité. "Au fil des cortèges, comment le nier, même si elle ne les résume pas, l'extrême droite groupusculaire a bien retrouvé la rue et, grâce à elle, un espace...
commentaires (4)

Ils sont pires que les libanais en matière de récupération politique.. Pour résumer: Tout en étant désolé pour ce gamin, tout en stigmatisant cette violence..Mais ce gamin , clément : Il a commencé à provoquer la mer...e que sont ces skinhead !!! Pourquoi les provoquer en les traitant de "facho"!!! Il est con ( il était ) con ou quoi?? Les skinhead lui ont qu'ils l'attendront à l'extérieur des grands magasins ( le printemps) Bah oui..Lorsqu'on approche la crotte et on la provoque, les conséquences sont à prévoir..En tout cas, les gauchos et ceux qui vivent encore à l'ère stanilisme en ont fait une affaire d'état alors que c'est une affaire de groupes provocateurs et violents ( violence des mots et violence physique). C'est tout.

jean-Pierre EL KHOURY

13 h 46, le 07 juin 2013

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Commentaires (4)

  • Ils sont pires que les libanais en matière de récupération politique.. Pour résumer: Tout en étant désolé pour ce gamin, tout en stigmatisant cette violence..Mais ce gamin , clément : Il a commencé à provoquer la mer...e que sont ces skinhead !!! Pourquoi les provoquer en les traitant de "facho"!!! Il est con ( il était ) con ou quoi?? Les skinhead lui ont qu'ils l'attendront à l'extérieur des grands magasins ( le printemps) Bah oui..Lorsqu'on approche la crotte et on la provoque, les conséquences sont à prévoir..En tout cas, les gauchos et ceux qui vivent encore à l'ère stanilisme en ont fait une affaire d'état alors que c'est une affaire de groupes provocateurs et violents ( violence des mots et violence physique). C'est tout.

    jean-Pierre EL KHOURY

    13 h 46, le 07 juin 2013

  • La mort d'homme est odieuse, le fait violent l'est encore plus, mais c'est pas la peine d'en faire un acte politique, le jeune homme tué a provoqué cette bandes de brutes qui ne voulaient pas le tuer parce qu'il était gauchiste, mais parce que c'est des jeunes écervelés à qui un accident est arrivé, j'aime pas le fait de faire passer les gauchos pour des pacifistes et les droitos pour des fascistes systématiquement, la bande à Baader et les brigades rosso n'étaient pas des enfants de cœur, la récup qui est faite par le groupe socialo est de mauvais aloi.Paix à son âme, victime de l'imbécilité humaine "des Grands".

    Jaber Kamel

    13 h 05, le 07 juin 2013

  • A mourir de rire...les antifaf de salon en train de chanter le chant du partisan le poing levé et les larmes aux yeux...les manifestants de tous pour le mariage devenus du jour au lendemain un horde nazie sanguinaire...et les journaleux germanopratins en train d'entonner l'hymne de la résistance aux fascismes...vraiment d'un ridicule achevé...mais on a "les causes " qu'on peut, n'est ce pas?

    GEDEON Christian

    12 h 16, le 07 juin 2013

  • Les manifestations contre le "mariage pour tous" n'ont strictement rien à voir avec l'acte odieux de mercredi soir, comme se sont hâtés de le faire croire les journaleux de service. Ce qui est nauséaux c'est la déshonorante récupération de ce drame par la gauche et l'extrême gauche à des fins purement électoralistes et dans un esprit bassement revanchard. Les propos fielleux du joker Harlem Désir à l'égard de la droite pour tenter de lui faire porter le chapeau sont là pour illustrer cet avilissant opportunisme.

    Paul-René Safa

    10 h 11, le 07 juin 2013

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