Le chef du groupe parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, à Aïn el-Tiné. Photo Hassan Ibrahim/Parlement libanais
Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a lancé vendredi un « appel » à la base populaire de son parti via un message audio diffusé sur la chaîne al-Manar. L'occasion de réaffirmer les positions de sa milice, qui refuse de déposer les armes et de reconnaître les négociations en cours entre le Liban et Israël visant à mettre fin à la guerre. Le député a adressé des critiques implicites envers les responsables « défaitistes », dénonçant les « manquements de l'État dans la protection de son peuple », à l'heure où le Hezbollah a entraîné le pays tout entier dans la guerre régionale, le 2 mars. Il n'a toutefois pas mentionné les sanctions américaines imposées la veille à quatre cadres de sa formation, à des proches du président du Parlement Nabih Berry ainsi qu'à un officier de l'armée libanaise et à un autre de la Sûreté générale.
Le message, prononcé par Mohammad Raad et non par le secrétaire général Naïm Kassem, revêt un caractère intime. S'adressant à la base de son parti, M. Raad a lancé : « Vous êtes le modèle des hommes libres, le symbole de la gloire et de la fierté, la communauté des héros de la résistance ». « Vous avez été, vous êtes et vous demeurerez des partenaires loyaux dans votre patrie, le Liban, qui grandit grâce à vous et avec lequel vous grandissez pour réaliser la souveraineté, la gloire, la dignité, la sécurité, la justice, la liberté et le vivre ensemble ».
S'en prenant ensuite aux responsables, notamment au président Joseph Aoun, sans les nommer, M. Raad a regretté que « certains ont mal calculé, ou se sont avilis en acceptant la soumission, l'humiliation ou la tutelle, par cupidité de pouvoir, de sécurité, d'influence ou d'intérêt personnel aux dépens de leur patrie et de leur peuple ». Il a ensuite critiqué les négociations directes entre Israël et le Liban sous parrainage américain. « Nous conseillons à nos partenaires dans la patrie, séduits par ces hypocrites internationaux, de ne pas miser sur leurs mensonges et leurs promesses », ajoutant que l'histoire jugera les « défaitistes ». « Nos ennemis et tous les autres dans le pays et dans le monde savent que nous faisons face et tenons pour protéger notre existence et compenser les manquements de notre État dans la protection de son peuple », a-t-il lancé. Affirmant que sa milice n'allait pas renoncer à ses armes comme le réclame l'État, et qu'elle poursuivra la lutte armée, Mohammad Raad a cité l'imam Hussein, référence religieuse essentielle pour la communauté chiite : « Nous ne voyons la mort que comme un bonheur, et la vie aux côtés des injustes que comme un tourment. »


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