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La situation est « désespérée » à Qousseir

Syrie Attentat meurtrier à Damas ; Genève-2 pourrait avoir lieu en juillet ; Carla Del Ponte parle de crimes de guerre « terrifiants ».
OLJ/Agences
03/06/2013

Un attentat à la voiture piégée a tué neuf policiers hier à Damas dans le quartier de Jobar, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), après quelques semaines de répit dans les attentats à la voiture piégée dans la capitale. « Au moins neuf membres des forces du régime ont été tués après une forte explosion provoquée par une voiture piégée près d’un commissariat de police », a déclaré le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. L’attentat n’a pas été revendiqué, mais de nombreuses attaques similaires ont été perpétrées par les jihadistes du Front el-Nosra, qui a fait allégeance à el-Qaëda. L’agence officielle syrienne SANA a confirmé l’explosion d’une voiture piégée, en évoquant un bilan de 10 civils blessés. Le quartier était hier le théâtre de combats intenses entre armée et rebelles, a ajouté l’OSDH, qui s’appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales civiles et militaires.

 

À Qousseir, et après avoir reçu de nouveaux renforts, les troupes du régime appuyées par des centaines de combattants du Hezbollah resserraient davantage l’étau autour des rebelles, désormais retranchés dans le nord de cette ville stratégique, a précisé l’OSDH. Les troupes du régime bombardaient par avion et à l’artillerie lourde les positions rebelles dans le nord de la ville et à la périphérie, selon la même source. L’armée et le Hezbollah ont lancé le 19 mai l’assaut contre cette ville, longtemps place forte de la rébellion, qu’ils cherchent à prendre pour ouvrir un passage sûr entre Damas et le littoral syrien, base arrière du régime.

Nouveau front
Devant le déluge de feu sur la cité, l’ONU s’est dit inquiète pour les civils pris au piège, évoquant une situation générale « désespérée » dans la ville, alors que l’OSDH a fait état de milliers de civils et d’un millier de blessés bloqués à Qousseir. Lors d’une conversation téléphonique avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Moallem, cité par SANA, a affirmé que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) entrerait à Qousseir dès la fin des opérations militaires. Il s’est par ailleurs dit « étonné du bruit fait autour de la ville de Qousseir, alors que personne ne s’était inquiété quand les terroristes (rebelles dans la terminologie du régime) en avaient pris le contrôle ».


Et dans la nuit de samedi à dimanche, l’armée a bombardé plusieurs quartiers du sud et du sud-ouest de Damas, toujours d’après l’OSDH. Dans le nord de la province de Homs, 28 rebelles ont été tués dans une embuscade et des combats avec les forces gouvernementales dans les vergers du village de Kafarnane, où réside une majorité alaouite, selon la même source. Par ailleurs, au moins six soldats ont trouvé la mort lors d’une attaque rebelle contre un barrage militaire à la périphérie de Talbissé, ville contrôlée par les insurgés et encerclée par l’armée. « En ouvrant un nouveau front dans le nord de la province de Homs, les rebelles chercheraient à alléger la pression sur la ville de Qousseir », a estimé M. Abdel Rahmane. Dans la province de Hama, les forces gouvernementales ont repris le village à majorité alaouite el-Zaghba, après avoir repris ceux de Talissiyeh et Janineh. Au total, les violences ont fait samedi 144 morts en Syrie, la plupart des soldats et des rebelles, selon l’OSDH.

Rapport « terrifiant »
Alors que la communauté internationale s’est régulièrement inquiétée des crimes de guerre commis en Syrie où les violences ont fait plus de 94 000 morts depuis mars 2011, Paulo Pinheiro, président de la commission d’enquête internationale et indépendante de l’ONU, a prévenu que le rapport qu’il doit présenter demain était « terrifiant ». La magistrate suisse Carla Del Ponte, membre de cette commission créée en 2011, a évoqué des crimes « d’une cruauté incroyable ». « Je n’ai jamais vu ça, y compris en Bosnie », a ajouté Mme Del Ponte, ancien procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, pour qui le rapport dénoncera, comme les précédents, des crimes « commis des deux côtés ». Dénonçant « la combinaison de sectarisme, de radicalisation, d’escalade des violations des droits de l’homme », M. Pinheiro a estimé que la Syrie était désormais plongée dans « un confit régionalisé et même internationalisé ».


(Eclairage : Que change la levée par l'UE de l'embargo sur les armes destinées aux rebelles syriens ?)


Concernant les efforts pour tenir une conférence de paix, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a affirmé que cette réunion, initialement annoncée pour juin, serait celle de « la dernière chance » et pourrait se tenir « en juillet ». Le régime syrien avait donné son accord de principe pour participer à cette conférence initiée par Washington et Moscou, mais l’opposition a exigé au préalable le départ du président Bachar el-Assad et l’arrêt des combats, particulièrement ceux impliquant le Hezbollah aux côtés de l’armée à Qousseir.
Et au Vatican, le pape François a lancé un appel pressant aux responsables de prises d’otages en Syrie pour qu’ils fassent preuve d’ « humanité » et libèrent tous leurs prisonniers. « Cette difficile situation de guerre entraîne avec elle des conséquences tragiques : mort, destruction, dégâts économiques et à l’environnement énormes et le fléau des enlèvements de personnes », a dénoncé le pape. « Prions pour notre Syrie bien-aimée », a ajouté le pape, sortant du discours écrit à l’avance.

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