Des pistolets de distribution d'essence et de diesel exposés dans une station-service à Bruges, près de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 10 mars 2026, lors d'une opération de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) de la Gironde pour vérifier le respect de la réglementation sur les prix des carburants. Photo Philippe LOPEZ / AFP
Les cours du pétrole ont terminé en hausse lundi, soutenus par le rejet américain à la contre-proposition de l'Iran pour un cessez-le-feu durable que Donald Trump a décrit comme ne tenant qu'à un fil. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, a gagné 2,88% à 104,21 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, a pris 2,78% à 98,07 dollars.
« L'impasse dans les négociations va aggraver le choc d'approvisionnement régional » et crispe les investisseurs, préviennent les analystes d'Eurasia Group. Après plus d'un mois de trêve, la voie diplomatique piétine entre Washington et Téhéran, qui s'envoient via le médiateur pakistanais des propositions pour consolider le cessez-le-feu, sans résultat concluant.
La réponse iranienne à la dernière proposition américaine est « à mettre à la poubelle », a jugé le président américain devant la presse à la Maison Blanche lundi. « Aucune avancée décisive n'est en vue (et) dans le même temps, le trafic dans le détroit d'Ormuz est au point mort », soulignent les experts d'Eurasia.
Au cours d'un appel téléphonique avec un journaliste de Fox News, Donald Trump a toutefois dit qu'il envisageait de relancer son opération de protection des navires pour traverser cet étroit passage, après plus de deux mois de blocage.
Même dans le scénario hypothétique d'une réouverture du détroit d'Ormuz à la mi-mai, il s'écoulerait « 45 à 50 jours » avant un réel « soulagement pour le marché », le temps que la production reprenne et que le trafic maritime se normalise, estiment les analystes de la Société Générale.
Même face à ce flux de nouvelles pessimistes, « les prix du brut peuvent-ils rester globalement stables aux niveaux actuels ? », s'interroge Natasha Kaneva, de JPMorgan. Selon elle, la réponse est +oui+ car « le rééquilibrage devrait plutôt s'opérer par une baisse de la demande de produits (raffinés, ndlr) que par une nouvelle flambée des prix du brut ».
En clair, « le prix du brut pourrait se stabiliser autour de 100 dollars » tandis que ce sont les automobilistes qui trinqueraient, avec des prix à la pompe bien plus hauts ou une essence plus compliquée à trouver, note Mme Kaneva.

