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À La Une - Liban

Hariri contre-attaque : un plan en 4 points pour rassurer les chrétiens

Le chef du courant du Futur ne s’oppose pas au mariage civil.

L’ancien Premier ministre Saad Hariri, hier soir à Paris, lors de l’émission Kalam el-Nass de Marcel Ghanem, sur la LBCI.

Invité hier soir à Paris de l’émission Kalam el-Nass de Marcel Ghanem, sur la LBCI, l’ancien Premier ministre Saad Hariri a créé la surprise en annonçant qu’il était en faveur de l’adoption du mariage civil optionnel au Liban, mais après un dialogue avec les hiérarchies religieuses qui s’y opposent.

 

Sur le plan politique, M. Hariri a proposé un chantier institutionnel sans précédent depuis Taëf, destiné essentiellement à rassurer les communautés chrétiennes tout en contrant la proposition de loi électorale présentée par le Rassemblement orthodoxe.
« Je suis né politiquement le jour où une religieuse chrétienne faisait le signe de la croix aux côtés d’un musulman récitant le Coran devant le mausolée de Rafic Hariri », a lancé le chef du courant du Futur aux yeux duquel le projet orthodoxe ramène le Liban à l’an 1840 (Les deux caïmacamats). « C’est la politique du diviser pour régner », a-t-il dit, avant de s’interroger : « En 2020, le Grand-Liban célèbrera son centenaire. Est-ce ainsi que nous allons aborder cette commémoration ? »
« Certes, il y a une injustice dans la représentation chrétienne et je trouve que les chrétiens ont raison d’être inquiets. Mais il faut traiter ces inquiétudes par la bonne solution, pas par la mauvaise. Notre devoir est de pousser l’opinion dans le sens de la modération et non pas vers l’extrémisme », a-t-il souligné. 

 

(Pour mémoire : A la recherche d'une parité sans sectarisme)


M. Hariri a lancé à cet égard un plan en quatre points incluant une loi électorale et un chantier institutionnel allant largement dans le sens des doléances chrétiennes telles qu’exprimées depuis la fin de la guerre civile.
En vertu de ce plan, M. Hariri propose en premier lieu que « les élections à la Chambre des députés se déroulent dans les délais prévus sur la base des petites circonscriptions » et à la majoritaire. Ce point est pour lui une « priorité », en ce sens que les autres points peuvent être convenus dès à présent, mais mis en œuvre avant ou après le scrutin.
Le deuxième point porte sur la création du Sénat pour représenter les familles confessionnelles du pays, à élire selon le projet orthodoxe. À ce stade, M. Hariri propose un amendement de la Constitution supprimant la simultanéité voulue par Taëf entre la création du Sénat et le déclenchement du processus de déconfessionnalisation, de sorte que la mise en place de la Commission nationale pour l’abolition du confessionnalisme soit ajournée.
Le troisième point proposé est la mise en œuvre de la décentralisation administrative poussée, également prévue par Taëf et défendue par les milieux politiques chrétiens.
Enfin, dans le quatrième point, M. Hariri propose l’inclusion de la déclaration de Baabda dans le préambule de la Constitution. Cette déclaration avait été mise au point par le président de la République au printemps dernier. Elle insiste principalement sur la neutralité du Liban dans la politique des axes régionaux. 

 

(Lire aussi: La République ajournée, l'analyse d'Elie Fayad)


Sur la loi électorale, M. Hariri s’est montré assez souple. « Nous n’allons pas nous disputer avec nos alliés (chrétiens). Nous sommes d’accord avec le projet des 50 circonscriptions ou toute autre formule similaire. Nous sommes disposés à faire des sacrifices, a-t-il dit, mais il faut aussi tenir compte des inquiétudes de Walid Joumblatt. » Il a rappelé que le chef du CPL, le général Michel Aoun, affirmait lui-même il y a quelques années que les petites circonscriptions étaient les meilleures pour la représentation chrétienne.
À l’argument selon lequel le projet orthodoxe réunit d’ores et déjà une majorité à la Chambre, contrairement à toutes les autres formules, l’ancien Premier ministre a répliqué : « Et alors ? À quoi cela servirait-il puisque le président de la République a d’ores et déjà annoncé que si ce projet devenait loi, il l’attaquerait devant le Conseil constitutionnel ? »
Tout en reconnaissant que les divergences de vues sur la loi électorale entre les composantes du 14 Mars sont « importantes », M. Hariri a assuré que « nul ne pourrait semer la zizanie entre alliés ». 

 

(Lire aussi: Gemayel minimise les divergences au sein du 14 Mars et plaide pour la neutralité positive)


À la question de savoir ce qu’il fera si le 14 Mars remporte à nouveau le scrutin, M. Hariri a dit : « Si nous gagnons, nous tendrons la main parce que je crois que le pays ne peut voler que de ses deux ailes. Mais que personne ne s’avise à croire que nous accepterons des tiers de blocage ou des unions nationales à la manière précédente », a-t-il souligné, assurant que l’équation « armée-peuple-résistance » n’aura plus droit de cité.
« Tout ce que fait le gouvernement actuel, nous ferons exactement le contraire. Je n’ai pas de bâton magique, mais notre histoire est une histoire de croissance économique. Que ceux qui sont contents de ce gouvernement votent pour ces gens. Je respecte le verdict des urnes », a-t-il dit.
Il a en outre accusé le Hezbollah d’être devenu un parti spécialisé dans la « dissimulation des prévenus et des témoins ».
Interrogé sur la date de son retour au Liban, il a déclaré : « J’y serai certainement avant les élections. Mais je choisirai le moment. »


Sur la polémique au sujet du mariage civil, l’ancien Premier ministre s’est déchaîné contre la position du mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani. « Jeter l’anathème sur les gens est inacceptable. En Indonésie, en Turquie et ailleurs, il y a 700 millions de musulmans qui vivent avec le mariage civil. Le mufti voudrait-il en faire des apostats ? »
« Moi je représente tous les Libanais, pas seulement ceux qui pensent comme moi. C’est pourquoi je suis d’accord avec l’adoption du mariage civil, mais après un vrai dialogue entre ses défenseurs et les hiérarchies religieuses musulmanes et chrétiennes qui le rejettent », a lancé M. Hariri.

 

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