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À La Une - Revendications Salariales

Liban : Enseignants et fonctionnaires en grève, sans les écoles catholiques

Au coeur des revendications, l'échelle des salaires

Des fonctionnaires libanais en grève, devant le ministère de l'Information et du Tourisme, en septembre dernier. Photo ANI

La bataille de l’échelle des salaires est lancée par une grève générale aujourd’hui, portée à bras-le-corps par les enseignants des deux secteurs public et privé. Avec à leur tête le syndicat des enseignants des écoles privées, présidé par Nehmé Mahfouz, et le comité de coordination intersyndicale, présidé par Hanna Gharib. Une bataille fortement décriée par le gouvernement lui-même, par les directions des institutions scolaires, et par les organismes économiques qui mettent en garde contre une augmentation du déficit public en l’absence de financement.


Une manifestation s’ébranlera donc ce matin, dès 11 heures, devant le siège du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, au palais de l’Unesco, en direction du Grand Sérail, emportant les revendications des fonctionnaires du secteur public, y compris ceux de l’EDL, sans compter celles des enseignants du public et du privé.

Mise en garde
Le président du syndicat des enseignants des écoles privées, Nehmé Mahfouz, a invité tous les enseignants du secteur privé à respecter l’ordre de grève et à participer massivement à la manifestation. Et ce « pour protester contre la non-transmission par le gouvernement du projet de l’échelle des salaires au Parlement ». M. Mahfouz a précisé que « les communiqués publiés par les directions des établissements scolaires, appelant à ne pas respecter l’ordre de grève, sont des communiqués d’employeurs ». « Il est donc normal que les écoles ouvrent leurs portes, mais les enseignants se conformeront à la décision des syndicats auxquels ils sont affiliés en ayant recours à la grève, comme le prévoit la Constitution libanaise », a-t-il dit. Et de mettre en garde les directions d’école qui auront recours à la menace pour empêcher les enseignants de participer à la grève. « Ils seront poursuivis en justice par le syndicat », a-t-il averti.
Même détermination de la part du président du comité de coordination intersyndicale, Hanna Gharib, qui a assuré que « la grève sera totale et qu’elle sera suivie dans toutes les écoles publiques et privées, dans tous les instituts techniques, et au niveau de tous les ministères et directions publiques à Beyrouth et dans l’ensemble du pays ». M. Gharib a appelé l’ensemble des enseignants, des fonctionnaires du secteur public, des salariés, des retraités et des contractuels, ainsi que leurs familles, « à participer en masse à la manifestation ». Il a assuré que « la manifestation sera pacifique et n’aura aucun objectif politique ».


Durant la journée, Hanna Gharib avait exposé les revendications du syndicat qu’il préside au chef du CPL, le général Michel Aoun. « L’échelle des salaires qui a été adoptée en Conseil des ministres doit être transférée au Parlement pour être appliquée sans échelonnement et de manière équitable tout aussi bien pour les salariés que pour les retraités et les contractuels », a-t-il observé. M. Gharib a aussi exigé que des échelons soient accordés aux enseignants et insisté sur la nécessité que les travailleurs à revenus limités ne paient aucun impôt supplémentaire. « Nous ne reculerons pas », a-t-il promis, tout en affirmant que « les enseignants du secteur public n’ont pas obtenu l’augmentation de vie chère ».

Solidarité des employés de l’EDL
Plusieurs comités et groupes ont annoncé leur participation à la manifestation et leur respect de l’ordre de grève, parmi lesquels les ligues des contractuels de l’enseignement secondaire public du Nord, du Sud, de Jbeil, de Batroun, de Beyrouth et de Nabatiyé. « Les contractuels de l’enseignement secondaire n’ont plus d’autre recours que la lutte pour refuser tout projet sans fondement, comme celui des concours ouverts à tous, qui empêcherait les contractuels d’être cadrés », a souligné le communiqué de la ligue. Un communiqué qui n’a pas manqué de mettre l’accent sur l’injustice vis-à-vis des contractuels, qui ne bénéficient pas de la sécurité sociale, ni des indemnités de transport, ni d’un salaire mensuel, ni d’échelons, ni d’une stabilité de l’emploi.


Également parmi les participants à la grève, les enseignants du courant du Futur, du secondaire, du primaire, du complémentaire et du technique, dans les deux secteurs public et privé. Ces derniers ont appelé les autorités « à cesser de reporter le dossier de l’échelle des salaires sous prétexte qu’elles cherchent un moyen d’en assurer le financement ».


En signe de solidarité avec les grévistes, le syndicat des employés et ouvriers de l’Électricité du Liban a, à son tour, annoncé sa participation au mouvement de grève pour l’adoption de l’échelle des salaires et « pour mettre un terme à l’indifférence du gouvernement à l’égard du dossier ».


Les écoles privées n’ont pas tardé à réagir en masse suite à l’appel à la grève. D’abord par la voix du secrétaire général des écoles catholiques, le père Boutros Azar, qui a affirmé que « les écoles catholiques ne sont pas concernées par la grève ». Mais aussi par l’Union des institutions éducatives privées, qui a dénoncé l’ordre de grève et indiqué que « cette grève est injustifiée, vu qu’elle n’est pas dirigée contre les écoles ».
Comme toujours, les élèves paieront le prix de cette confusion. Il est à parier que les écoles ouvriront leurs portes demain en l’absence du corps enseignant qui entend bien faire parvenir ses revendications.

 

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