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À La Une - Crise

Liban-Syrie : le Hezb appelle à la « dissociation »

Le parti s'efforce de calmer la rue

La « guerre » à Ras-Beyrouth hier : un ivrogne amoureux ? Un conflit autour de prostituées ? Ou un clash politique, bien plus grave ? À l’heure de mettre sous presse, trois tireurs ont été arrêtés et trois soldats de l’armée blessés. Photo Marwan Assaf

Le Hezbollah s’évertue à calmer une rue en ébullition, que les événements successifs sur le terrain sont loin de pouvoir calmer. Après le secrétaire général du parti de Dieu, sayyed Hassan Nasrallah, c’était hier au tour du député Ali Ammar de prononcer un discours apaisant, à l’occasion d’un meeting d’appui aux pèlerins chiites libanais enlevés à Alep, organisé à l’Institut technique islamique de Tayyouné.

 

Plusieurs orateurs, représentant diverses composantes du 8 Mars, se sont succédé à la tribune pour exprimer leur appui aux Libanais enlevés. Mais la foule, composée en partie des familles, proches et amis des douze hommes kidnappés, a mal suivi et n’a pas manqué d’exprimer ouvertement son exaspération face à des discours politiques qui n’en finissaient pas. C’est ainsi qu’au moment où le député Kassem Hachem, représentant le Baas prosyrien, était lancé dans une analyse géopolitique supposée montrer que les bouleversements dans le monde arabe sont « le fruit de l’agression américano-sioniste », un homme a bondi en s’écriant : « Nous ne sommes pas là pour écouter vos discours politiques, mais pour avoir des nouvelles de nos proches. » Il a été rapidement remis à sa place par les gardes du corps du député.

 

À la tribune, les députés Ghazi Zeayter, représentant le président de la Chambre, Nabih Berry, et Fadi Awar, représentant le CPL, puis l’ancien parlementaire Zaher Khatib, ainsi qu’un délégué du vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, cheikh Mohammad Moqdad, ont tous mis l’accent sur les contacts menés pour obtenir la libération du groupe de pèlerins, notamment le rôle central joué à ce niveau par le secrétaire général du Hezbollah.

 

Le député Ali Ammar s’est longuement étendu sur ce point, exposant dans le détail les contacts entrepris, après avoir affirmé « comprendre parfaitement l’affliction des familles et la colère qu’elles manifestent ». Il a promis « un dénouement heureux prochain » en assurant que son parti n’aura de cesse que lorsqu’ils seront libérés. « Ils sont en vie et en bonne santé, a souligné M. Ammar. Le dossier est suivi de très près et nous espérons qu’ils seront relâchés dans les heures qui viennent, a affirmé le parlementaire. Pour être juste, et abstraction faite des divergences politiques, je dois dire qu’il n’y a pas eu une seule partie qui n’a pas mené des contacts » pour tenter d’obtenir la libération des douze hommes, a insisté encore M. Ammar, avant de saluer en particulier les efforts du mufti, cheikh Mohammad Rachid Kabbani.

À l’instar du sayyed Nasrallah la veille, il s’est arrêté sur le problème des armes et des émeutes. « L’arme la plus puissante actuellement est la patience et la vigilance, a-t-il affirmé. Aussi, les erreurs sont-elles interdites », a-t-il dit, en déplorant vivement la fermeture des routes avec des pneus enflammés. « S’est-on posé la question de savoir à qui on cause du tort en brûlant des pneus ? N’est-ce pas à nos enfants et à nos familles qui respirent ces émanations dangereuses ? Qui cherche-t-on en arpentant les ruelles à mobylette ? Devant qui coupe-t-on les routes à la circulation ? » s’est-il interrogé avant d’asséner à l’adresse de l’assistance : « Soyez raisonnables. Le tort qu’on veut causer au Liban est plus grave que vous ne l’imaginez et nous devons tous faire montre de responsabilité et empêcher ce tort de se concrétiser. » Il a mis en garde contre le danger d’une discorde, estimant que « certains services et partis veulent que la rue bouge ».

M. Ammar a aussi exhorté la foule de ne pas s’en prendre aux ouvriers syriens, « qui n’ont rien à voir dans cette histoire ». « Souvenez-vous comment nos frères syriens vous ont traités lorsque vous vous êtes réfugiés chez eux », a-t-il dit, avant qu’un homme ne l’interrompe : « Vous ne savez pas, justement, comment ils se sont comportés avec nous. » « Ce n’est pas vous qui allez m’apprendre à parler », a rétorqué le parlementaire avec hargne.

 

Mokdad et « la distanciation »

Dans le même temps, le député Ali Mokdad invitait tous les Libanais à « prendre leur distance par rapport à ce qui se passe en Syrie, afin que le Liban reste stable et qu’il ne serve pas de couloir ou de quartier général » à des actions contre le pays voisin. « La Syrie doit aussi pouvoir régler ses propres problèmes sans recourir à l’étranger », a-t-il fait remarquer lors d’un meeting organisé par le Hezbollah dans la Békaa pour la 12e commémoration de la libération du Liban-Sud.

 

Son collègue Hussein Moussaoui, qui s’exprimait lors d’un séminaire sur le Coran, a souligné le caractère « sacré des armes pointées par les Moujahidine contre l’agresseur » et a mis en garde contre « l’usage anarchique des armes, qui risquent de se retourner contre ceux qui les portent parce qu’elles ne sont pas portées pour combattre les occupants sionistes ». « Leur fonction chez ceux qui sont liés aux Américains est de provoquer le chaos et la discorde », a-t-il fait valoir, avant de considérer comme un suicide les campagnes menées contre l’armée.

Le Hezbollah s’évertue à calmer une rue en ébullition, que les événements successifs sur le terrain sont loin de pouvoir calmer. Après le secrétaire général du parti de Dieu, sayyed Hassan Nasrallah, c’était hier au tour du député Ali Ammar de prononcer un discours apaisant, à l’occasion d’un meeting d’appui aux pèlerins chiites libanais enlevés à Alep, organisé à l’Institut technique islamique de Tayyouné.
 
Plusieurs orateurs, représentant diverses composantes du 8 Mars, se sont succédé à la tribune pour exprimer leur appui aux Libanais enlevés. Mais la foule, composée en partie des familles, proches et amis des douze hommes kidnappés, a mal suivi et n’a pas manqué d’exprimer ouvertement son exaspération face à des discours politiques qui n’en finissaient pas. C’est ainsi qu’au moment...
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