Il aura fallu, comme un passage obligatoire, que l’insécurité généralisée dans le pays contamine le campus des sciences sociales de l’USJ, à Huvelin. Cet espace, où se déployait l’ardeur de la résistance culturelle, est aujourd’hui le reflet pâle de la réflexion indépendante. Les factions estudiantines des différents partis prévoyaient la rixe survenue hier dans l’après-midi, dans le parking faisant face au campus, entre sympathisants du parti Kataëb et des Forces libanaises, d’une part, et du Hezbollah, d’autre part, soutenus par leurs alliés respectifs. Plusieurs dizaines de jeunes, pour la plupart des étudiants de l’USJ, ont participé à l’échauffourée, qui a pris une ampleur telle que les forces spéciales des FSI et l’armée ont dû intervenir pour les disperser.
À l’origine de l’empoignade, un face-à-face ayant dégénéré entre le représentant du Hezbollah à Huvelin, Hussein el-Hajj (étudiant en gestion), et un jeune étudiant Kataëb, Antoine Khoury (étudiant en droit), dont le frère, Michel, est le délégué des Kataëb au sein du campus. Interrogés par L’Orient-Le Jour, Antoine et Hussein ont fourni deux versions différentes de l’incident. Le premier raconte qu’il se dirigeait vers sa voiture lorsqu’il a entendu des jeunes, « étrangers au campus », exprimer leur volonté de s’en prendre aux étudiants du camp opposé. « La confrontation attendue depuis lundi semblait se préparer », confie Antoine (lundi, un étudiant des FL avait fait son entrée au sein du campus en uniforme militaire, « provoquant les étudiants du Hezbollah par ses insultes à nos dignitaires politiques et religieux », selon Hussein ; le responsable FL s’en était par la suite excusé). Alerté par ces propos, Antoine a voulu prévenir ses camarades. En se dirigeant du parking vers le campus, il croise Hussein, qui « me cogne à l’épaule ». Hussein dénonce quant à lui « l’attitude provocatrice » d’Antoine. Un échange verbal s’ensuit, avant que chacun poursuive sa route.
Quelques minutes plus tard, Antoine retourne au parking, épaulé par un groupe de jeunes Kataëb et FL, pour voir « 40 jeunes devant nous, tenant des bâtons et des ceintures, prêts à nous attaquer ». Hussein décrit la situation d’une manière inversée : « Je suis allé rejoindre avec un camarade d’Amal un ami venu, en dehors de la faculté, me fournir des papiers pour un événement que nous organisons. Nous avons été surpris de voir se diriger vers nous un groupe de 40 jeunes kataëb et FL qui ont commencé la bagarre. » Alors qu’Antoine insiste sur la participation à la rixe de plusieurs membres du Hezbollah qui ne sont pas étudiants à la faculté, Hussein précise « que certains étudiants des campus avoisinants sont venus nous appuyer ».
Bilan : aucun blessé, aucune arrestation. Le heurt s’est terminé par un appel au calme, exprimé en chœur par les responsables de la section jeunesse du Hezbollah, des FL et des Kataëb. L’administration du campus a décrété la suspension des cours aujourd’hui. Le temps sans doute de calmer des tensions parfois ignorées des jeunes pris dans l’engrenage émotionnel de l’allégeance partisane. Mais tous se montrent soucieux du « vivre-ensemble », comme l’affirment Antoine et Hussein.
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N'ayez pas trop d'espoir dans la Jeunesse. Elle est imbibée de communautarisme et de fanatisme, jusqu'aux os, grace aux leçons des vieux et des actes "dans la Maison de Polichinnerie" des responsables et irresponsables élus de ce pays. Preuve, l'U.S.J. Les vieux ne descendent plus sur les trottoirs. La Jeunesse a pris la relève MALHEUREUSEMENT !
08 h 47, le 24 mai 2012