La route de l’aéroport a de nouveau été fermée, brièvement, par les partisans du Hezbollah. Joseph Eid / AFP.
Le ministre libanais des Affaires étrangères Adnane Mansour a indiqué à la Voix du Liban que les Libanais kidnappés ont été localisés et qu’ils « seront relâchés dans les prochaines heures ». M. Mansour a déclaré avoir été informé de l’endroit où se trouvent les personnes enlevées et qu’il s’attend à ce que « cette affaire prenne fin aujourd’hui » (hier). Les otages, rappelle-t-on, ont été enlevés par un groupe syrien alors qu’ils revenaient d’un pelèrinage en Iran.
« Selon nos informations, et si Dieu le veut, les Libanais seront relâchés très prochainement », a affirmé M. Mansour à Reuters. « Nous ne pouvons pas dire qui mène les négociations, mais l’affaire suit son cours et avec l’aide de Dieu nous allons parvenir à un résultat positif », a-t-il ajouté, précisant que le médiateur était arabe, se refusant à donner plus de détails.
« Les pèlerins libanais enlevés en Syrie sont vivants et en bonne santé », a affirmé de son côté dans la soirée le député du Hezbollah Ali Ammar, qui a précisé que des contacts étaient établis avec des responsables turcs ainsi qu’avec des rois et des émirs arabes. « Notre arme la plus puissante durant cette période est la patience et la vigilance », a ajouté M. Ammar, qui a souligné que les ouvriers syriens au Liban ne devaient pas faire l’objet de représailles.
Dans la nuit, un avion transportant des femmes qui faisaient partie du groupe de pèlerins a atterri à Beyrouth. La plupart d’entre elles ont assuré à la presse que les hommes armés s’étaient identifiés comme « des membres de l’ASL », l’Armée syrienne libre. Des accusations que l’ASL s’est empressée de démentir.
« L’ASL n’est pas du tout responsable de cet enlèvement. Nous n’opérons pas comme ça. C’est une tentative de porter atteinte à l’image de l’ASL », a indiqué le général Moustapha al-Cheikh, chef du conseil militaire de l’ASL, basé en Turquie. « Nous condamnons cet enlèvement qui ne relève pas des valeurs de la révolution syrienne », a-t-il poursuivi, affirmant que l’enlèvement était « sans doute l’œuvre du régime qui veut semer le chaos dans la région ». Rappelons que l’un des otages chiites est un haut responsable du Hezbollah en charge d’une unité assurant un entraînement militaire, en Syrie, à des éléments favorables au régime d’Assad.
Les indications du chef de l’ASL
Dans une interview qui doit être publiée aujourd’hui, jeudi, dans les colonnes du quotidien koweïtien al-Raï, le chef de l’ASL, Riad el-Assaad, condamne l’enlèvement des Libanais et indique qu’une commission d’enquête a été mise en place pour gérer cette affaire.
« Des mafieux ont kidnappé les pèlerins et nous risquerons notre vie pour les libérer », a-t-il assuré, indiquant que l’ASL connaît la localisation des otages. « Nous avons réussi à localiser l’endroit où se trouvent les pèlerins. Mais nous ne révélerons rien à ce stade en attendant d’avoir suffisamment d’informations à ce sujet », a-t-il indiqué.
Selon lui, « un groupe de bandits s’est établi le long de la frontière, a kidnappé les pèlerins et en a rejeté la responsabilité sur l’ASL ». « Plusieurs parties exploitent les développements en Syrie pour ternir notre image et celle de la révolution », a-t-il poursuivi.
« L’ASL refuse catégoriquement ce genre d’opérations qui mettent la vie des gens en danger, quelle que soit leur nationalité ou leur communauté », a-t-il ajouté, affirmant que les révolutionnaires syriens suivent de près cette affaire et qu’ils révéleront à l’opinion publique toute information qu’ils obtiendront dans le sillage de l’enquête.
Prié de dire s’il a été contacté par les autorités turques ou celles d’un autre pays, le responsable a indiqué que personne ne l’a fait jusque-là. Il a également demandé au secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, de se distancier du régime syrien. « L’ASL ne permettra pas que du mal soit fait aux chiites ou aux alaouites », a-t-il conclu, assurant qu’il œuvre assidument à la libération des otages.
Pour sa part, le Conseil national syrien, principale instance de l’opposition, soupçonne le régime de Bachar el-Assad d’être derrière l’enlèvement de mardi. Dans un communiqué, le CNS « n’écarte pas l’implication du régime syrien sécuritaire dans cette opération en vue de créer des troubles au Liban, un pays frère qui accueille les réfugiés, les blessés et les persécutés du peuple syrien ».
L’enlèvement des Libanais a entraîné, hier encore, la mobilisation de la communauté chiite libanaise, qui s’est regroupée en fin d’après-midi dans la banlieue sud de Beyrouth. Des députés du Hezbollah se sont relayés à la tribune pour apaiser les familles des pèlerins et les manifestants, les exhortant à s’armer de patience dans l’attente de l’aboutissement des contacts entrepris à très haut niveau.
Selon l’agence al-Markaziya, le chef de l’État, Michel Sleiman, a effectué une série de contacts locaux et internationaux avec des personnalités influentes, notamment sur la scène syrienne.
Pour la première fois depuis un an, l’ancien chef de gouvernement, Saad Hariri, a appelé le président de la Chambre, Nabih Berry, pour s’enquérir des dernières informations à ce sujet.
Le leader du courant du Futur a publié un communiqué en ce sens, soulignant qu’il ne pouvait garder le mutisme face au rapt « de citoyens libanais » et affirmant qu’en pareilles circonstances « les Libanais sont unis ».
Lors de son entretien avec M. Berry, M. Hariri a insisté sur la nécessité de faire baisser la tension et d’œuvrer pour un retour à l’accalmie pour préserver la paix civile.
Les ténors du 14 Mars ont de même rapidement stigmatisé cet enlèvement. Selon le site al-Nashra, une délégation estudiantine des FL devait participer à une rencontre de solidarité avec les pèlerins kidnappés, organisée à Tayyouné.
Plusieurs responsables politiques et religieux ont condamné le rapt des pèlerins. Le mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, a dénoncé l’enlèvement lors d’un contact effectué avec le président de la Chambre. Dans un appel, le dignitaire sunnite a invité les ravisseurs à libérer les otages le plus tôt possible.
Le député Boutros Harb a déploré le rapt des pèlerins à Alep, estimant qu’il s’agit d’un « acte extrêmement dangereux qui peut provoquer une discorde confessionnelle aux lourdes conséquences ».
Le député de la Jamaa islamiya, Imad Hout, qui a condamné l’enlèvement, a considéré pour sa part que cette opération « ne profite qu’au régime syrien ».
M. Ahmad el-Assaad a estimé pour sa part que l’enlèvement de pèlerins est contraire aux valeurs humaines et morales, saluant au passage « la sagesse du chef du Hezbollah et son attachement à la sécurité et la stabilité du pays ».


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Une comedie digne des Syriens! Personne ne saura jamais si ces pelerins l'etait vraiment ou pas, comme personne ne saura jamais si c'est le regime ou l'ALS qui les a kidnapes. Alors il faut pas trop s'exciter pour des prunes. L'important est que quoi qu'ils soient, etant Libanais, il faut les sortir de la au plutot et en bonne sante!
16 h 28, le 24 mai 2012