OLJ / Par Marise KASSAB,
le 19 novembre 2010 à 00h11
En Chine, le pied est la partie du corps la plus érotique. Perpétuellement à l'abri des regards, il ne doit être vu que par le mari. On le compare poétiquement au lotus ou au lis. Plus il est petit, plus il est apprécié, ce qui a donné lieu à une pratique qui a longtemps symbolisé pour l'Occident à la fois la barbarie et l'exotisme : la pratique des pieds bandés. Les historiens chinois du XIV siècle situent l'apparition du bandage déformant sous les cinq petites dynasties qui se partagent la Chine entre 907 et 962.Cette méthode est alors l'apanage des milieux de la cour et des courtisanes de haut rang. Vers 950, sous le règne de Li Yu, sa concubine, une certaine Yaniang, dansait sur une grande feuille de lotus dorée charmant les spectateurs par la grâce de sa démarche et de ses petits pieds « semblables au croissant de la nouvelle lune »... Partie du harem impérial, cette mode gagne progressivement toutes les classes sociales et se transmet par les femmes de génération en génération. Une jeune fille qui n'a pas de petits pieds n'a aucune chance de trouver un jour un mari qui fasse honneur à sa famille. Le mariage est d'autant plus beau que le pied est petit. Le pied idéal mesurant 15 cm. Cette perfection est très rarement atteinte, mais les jeunes filles aux pieds aussi menus peuvent prétendre aux meilleurs partis. La réussite dépend de l'âge auquel la mère commence à bander les pieds de ses filles, ainsi que la fréquence et la qualité des massages et des manipulations vigoureuses des articulations du pied. Il est impératif de commencer avant que la fillette n'ait atteint 8 ans. Dans certaines provinces, les mères commencent à poser les bandages dès le quatrième anniversaire. Ceux-ci se portent de nuit comme de jour. La déformation la plus courante consiste à replier progressivement les quatre derniers doigts de pied sous le gros orteil afin d'affiner le pied, puis à le raccourcir en accentuant la courbure de la voûte plantaire à l'aide d'un objet cylindrique qui la comprime. Les conséquences portent alors sur l'ensemble du corps de la petite fille et plus tard la femme. La démarche lente s'effectue forcément à petits pas et devient ondulante symbole de féminité. Peut-être était-ce aussi tout simplement un moyen de restreindre physiquement la liberté de mouvement des femmes ? Toujours est-il que les édits impériaux, en 1902, interdisent la déformation des pieds. Mais il a fallu attendre la naissance de la république en 1911 pour que des mesures efficaces aient été prises... Jusqu'à il y a quelques années, il était encore possible de voir sur les quais des gares à Shanghai, à Canton ou au Yunnan, de vieilles femmes aux pieds minuscules qui dansent pour le public en exhibant leurs pieds. Dernières victimes d'un supplice millénaire. De nos jours, et pour répondre aux diktats de la mode, on assiste parfois à d'autres genres de déformations portant sur toutes les parties du corps (lèvres boursouflées, pommettes gonflées, fesses drôlement rebondies, seins en ballon de foot...) qui, si elles ne font pas souffrir la concernée, font souffrir nos yeux ! L'expression « souffrir pour être belle » prendrait ses origines en Chine avec les pieds bandées des Chinoises, mais reste plus que jamais d'actualité ! Aïe ! Sources principales : chine.information.fr / uxar.free.fr sondelespoir.org archives.radiocanada.ca
En Chine, le pied est la partie du corps la plus érotique. Perpétuellement à l'abri des regards, il ne doit être vu que par le mari. On le compare poétiquement au lotus ou au lis. Plus il est petit, plus il est apprécié, ce qui a donné lieu à une pratique qui a longtemps symbolisé pour l'Occident à la fois la barbarie et l'exotisme : la pratique des pieds bandés. Les historiens chinois du XIV siècle situent l'apparition du bandage déformant sous les cinq petites dynasties qui se partagent la Chine entre 907 et 962.Cette méthode est alors l'apanage des milieux de la cour et des courtisanes de haut rang. Vers 950, sous le règne de Li Yu, sa concubine, une certaine Yaniang, dansait sur une grande feuille de lotus dorée...
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