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Nos lecteurs ont la parole

Le Liban mérite mieux que le vacarme


J’ai entendu, par hasard, les propos de Me Bouchra Khalil à l’égard du président de la République, Joseph Aoun. Leur ton m’a donné à penser. On peut contester un président, critiquer ses décisions et lui demander des comptes : c’est un droit essentiel dans une démocratie. Mais la vigueur d’une argumentation ne se mesure ni à la violence du ton ni au mépris de la fonction présidentielle.

Cette exigence vaut particulièrement pour qui porte la robe d’avocat. La noblesse de cette profession repose sur la défense du droit, la précision des arguments et le respect de la dignité humaine. Le talent de la parole engage une responsabilité ; il ne dispense jamais de la mesure.

J’ai également écouté le discours du secrétaire général du Hezbollah. J’y ai retrouvé cette même tentation de faire du désaccord une trahison. Assez de tambours, de menaces et de promesses sans lendemain ! Le patriotisme n’appartient à aucun parti. Nul ne peut prétendre aimer le Liban en refusant ce même amour à ceux qui pensent autrement.

Les Libanais ont entendu tant de déclarations péremptoires, tant de certitudes proclamées et de victoires annoncées. Ils sont en droit de demander ce que ces paroles leur ont apporté en sécurité, en liberté et en perspectives d’avenir. Car les convictions, aussi ardentes soient-elles, ne dispensent personne de répondre des conséquences de ses choix.

Notre pays a payé trop cher les paroles qui divisent et les décisions prises sous l’influence de puissances étrangères. Il a besoin d’une volonté nationale libre, d’un État qui assume pleinement ses responsabilités et, par-dessus tout, de paix. Cette paix est une exigence de dignité pour un peuple qui aspire à vivre, à travailler et à élever ses enfants sur sa propre terre.

Le Liban a besoin d’une autre langue politique : une langue qui argumente sans humilier, qui conteste sans exclure et qui reconnaît à l’adversaire le droit d’être, lui aussi, un citoyen soucieux de son pays. La fermeté y conserverait toute sa place ; elle gagnerait même en force en s’appuyant sur la raison.

Chaque vase déborde de ce qu’il contient. Les paroles révèlent ainsi le respect que nous portons aux autres et la place que nous leur accordons dans notre patrie commune.

Hautement, je le dis sans détour : chacun est libre de défendre ses convictions. Mais que personne ne confonde le fracas des mots avec la force de la vérité.

Le Liban mérite mieux que le vacarme. Il mérite enfin de vivre dans la dignité et la stabilité.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

J’ai entendu, par hasard, les propos de Me Bouchra Khalil à l’égard du président de la République, Joseph Aoun. Leur ton m’a donné à penser. On peut contester un président, critiquer ses décisions et lui demander des comptes : c’est un droit essentiel dans une démocratie. Mais la vigueur d’une argumentation ne se mesure ni à la violence du ton ni au mépris de la fonction présidentielle.Cette exigence vaut particulièrement pour qui porte la robe d’avocat. La noblesse de cette profession repose sur la défense du droit, la précision des arguments et le respect de la dignité humaine. Le talent de la parole engage une responsabilité ; il ne dispense jamais de la mesure.J’ai également écouté le discours du secrétaire général du Hezbollah. J’y ai retrouvé cette même tentation de faire du désaccord une...
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