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Pour Washington, l’aide à la reconstruction du Sud largement conditionnée au désarmement du Hezbollah

Les 200 millions de dollars iraniens destinés au parti « n'existent pas », insiste le département d’État.

Pour Washington, l’aide à la reconstruction du Sud largement conditionnée au désarmement du Hezbollah

Un homme montre une succursale détruite de l’insitution de microfinance Al-Qard al-Hassan, affiliée au Hezbollah, le 2 septembre 2026 vue depuis une école dans la ville de Nabatiyé au Liban-Sud. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour

Le porte-parole du département d’État américain, Tommy Pigott, a affirmé vendredi soir à la chaîne LBCI que la mobilisation de « milliards de dollars » pour la reconstruction du Liban-Sud dépendait « dans une large mesure du désarmement du Hezbollah et de la fin de ses entraves aux efforts du gouvernement libanais pour reconstruire le Sud ».

« Nous menons des discussions avec nos partenaires des pays du Golfe et d’Europe sur la possibilité de mobiliser des milliards de dollars pour la reconstruction du Liban-Sud dans le cadre de l’accord trilatéral », signé fin juin entre Beyrouth et Tel-Aviv sous égide américaine, a précisé Tommy Pigott. Le 10e point de l'accord, régulièrement fustigé par le Hezbollah parce qu'il repose plus généralement sur son désarmement parallèlement au retrait de l'armée israélienne du Liban-Sud, prévoit que les « États-Unis œuvre(nt) à mobiliser les partenaires internationaux afin de soutenir efficacement le gouvernement libanais dans la reconstruction du pays ».

Ces déclarations interviennent une semaine après que le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé depuis Nabatiyé que le Liban avait besoin « d'un important financement » pour la reconstruction. « Je ne suis pas ici pour vous vendre des illusions », avait-il ainsi concédé, tout en insistant sur la volonté du cabinet de « mobiliser tout ce qu'il peut pour que le Sud se redresse ». Les deux guerres israéliennes ouvertes au Liban depuis l'ouverture d'un « front de soutien » à Gaza par le Hezbollah, au lendemain des attaques du Hamas le 7 octobre 2023, ont fait près de 9 000 morts au Liban et les autorités estiment que la reconstruction pourrait coûter jusqu'à 27 milliards de dollars.

Par ailleurs, le responsable américain a de nouveau affirmé que les 200 millions de dollars que le Hezbollah aurait reçu de l'Iran, selon des informations mercredi de l'agence Reuters, « n’existent tout simplement pas ». « Le régime iranien ne dispose pas de ces fonds et, même s’ils existaient, il ne serait pas en mesure de les faire parvenir à destination », soutient-il. Et le porte-parole d'expliciter : « Les États-Unis imposent déjà de vastes sanctions à l’Iran dans le cadre de l’opération « Paria économique », ce qui a entraîné l’effondrement de sa monnaie et coupé ses circuits financiers ». L'administration Trump a lancé fin août cette opération pour « couper toutes les artères économiques qui alimentent encore la République islamique d’Iran », selon le communiqué du département d'État qui l'avait annoncée. « Il n’aurait pas été possible de transférer ces fonds par le port de Beyrouth, car le Hezbollah est responsable de son explosion. Il n’existe par ailleurs aucun moyen de les acheminer via l’Irak ou la Turquie », a-t-il encore affirmé.

Une source du Hezbollah a affirmé à L'Orient-Le Jour cette semaine que le groupe avait reçu de l'argent de l'Iran, sans en préciser le montant. Un transfert opportun, alors que la formation suspendait depuis des mois le versement des compensations à sa base populaire. Dix jours avant la publication de Reuters, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, avait annoncé un « plan de logement », sans donner de précision. L'agence a également rapporté, citant une source iranienne, que le transfert de fonds au Hezbollah n'avait jamais été aussi coûteux pour la République islamique. Les intermédiaires chargés de transférer l’argent ont prélevé une commission de 20 %, en raison des risques associés aux transactions avec le Hezbollah.

Le porte-parole du département d’État américain, Tommy Pigott, a affirmé vendredi soir à la chaîne LBCI que la mobilisation de « milliards de dollars » pour la reconstruction du Liban-Sud dépendait « dans une large mesure du désarmement du Hezbollah et de la fin de ses entraves aux efforts du gouvernement libanais pour reconstruire le Sud ». « Nous menons des discussions avec nos partenaires des pays du Golfe et d’Europe sur la possibilité de mobiliser des milliards de dollars pour la reconstruction du Liban-Sud dans le cadre de l’accord trilatéral », signé fin juin entre Beyrouth et Tel-Aviv sous égide américaine, a précisé Tommy Pigott. Le 10e point de l'accord, régulièrement fustigé par le Hezbollah parce qu'il repose plus généralement sur son désarmement parallèlement au retrait de...