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Nos lecteurs ont la parole

Investir dans notre jeunesse


Parmi les personnalités, dont j’admire et respecte profondément le parcours de vie, Nelson Mandela occupe une place particulière. Depuis ses débuts comme avocat et militant des droits humains, puis comme figure majeure de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, jusqu’à ses longues années d’emprisonnement, sa libération et son élection à la présidence de la République, son parcours demeure une source d’inspiration. En 1993, il a reçu le prix Nobel de la paix.

Parmi ses nombreuses citations consacrées à la jeunesse, il en est une qui est particulièrement restée gravée dans mon esprit : « La jeunesse d’aujourd’hui est celle qui façonnera le monde de demain. » Quelle vérité !

Les jeunes sont à la fois les héritiers et les bâtisseurs de l’avenir de notre nation. Il suffit de regarder autour de nous, partout dans le monde : ce sont les jeunes, à travers leurs initiatives et leur créativité, qui contribuent à façonner l’avenir, que ce soit dans le monde des affaires, de la technologie ou de l’innovation.

En tant que libanais, et profondément préoccupé par l’avenir de nos enfants et de notre pays, je me demande ce qui manque à notre jeunesse pour qu’elle puisse devenir, elle aussi, l’une des forces motrices et pionnières dans de nombreux domaines à l’échelle mondiale. Notre jeunesse bénéficie d’un niveau d’éducation qui n’a rien à envier à celui de nombreux pays européens. Alors, pourquoi tant de nos jeunes talents peinent-ils à transformer leurs ambitions et leurs idées en réalisations concrètes ?

Face à l’absence d’initiatives gouvernementales suffisantes, c’est à nous de créer les moyens nécessaires pour les aider à réaliser leurs rêves et à s’épanouir professionnellement et intellectuellement.

Il est vrai que nos jeunes disposent de très peu de soutien financier de la part de l’État. Cette situation peut, dans une certaine mesure, se comprendre dans un pays où les besoins les plus élémentaires restent eux-mêmes largement insatisfaits. Depuis des décennies, nous souffrons de pénuries chroniques d’électricité et d’eau, d’infrastructures insuffisantes et de régions sous-développées. À cela s’ajoutent les guerres intermittentes, les déplacements de populations et l’accueil de centaines de milliers de réfugiés. Comme si tous ces problèmes ne suffisaient pas, une crise bancaire sans précédent est venue s’ajouter à l’ensemble, réduisant considérablement les ressources financières d’une grande partie de la population.

Sachant tout cela, nous ne pouvons cependant pas tout attendre du gouvernement. En tant que citoyens, nous devons prendre des initiatives et essayer de combler ce vide, ne serait-ce que par des moyens privés.

Il existe certainement des organisations caritatives et des associations qui tendent la main à nos jeunes. Mais ces initiatives doivent être plus visibles, plus accessibles et plus nombreuses. Elles doivent également disposer de moyens financiers plus importants afin de pouvoir offrir des prêts ou des mécanismes de financement adaptés aux besoins de ceux qui souhaitent entreprendre.

Imaginez un jeune qui, n’ayant pas poursuivi des études universitaires, entre très tôt dans le monde du travail, et souhaite ensuite lancer un projet rentable, avec une étude de faisabilité solide entre les mains. En l’absence d’un véritable système de crédit accessible – même à l’époque où le secteur bancaire libanais était encore pleinement opérationnel – qui peut aujourd’hui soutenir financièrement un tel projet ? Qui est disposé à accorder à ce jeune un prêt à un taux d’intérêt très faible, voire sans intérêt, lorsque son projet présente pourtant un réel potentiel économique ?

De même, qu’en est-il de l’étudiant qui vient de terminer ses études universitaires et qui pense avoir développé une idée innovante dans un domaine particulier ? Qui sera là pour l’accompagner et lui donner les moyens de transformer cette idée en réalité ?

Lorsque les structures capables d’accompagner et de financer les jeunes entrepreneurs sont insuffisantes, ces derniers finissent par perdre espoir. Beaucoup peuvent alors considérer l’émigration comme la seule possibilité de donner vie à leurs ambitions.

Nos jeunes ont l’ambition, les compétences et les idées. Mais il existe un écart considérable entre l’ambition et la capacité à la concrétiser, principalement en raison du manque de ressources financières nécessaires au lancement et au développement de leurs projets. Ce manque de moyens peut conduire à un véritable gaspillage de potentiel humain. Et lorsque ce potentiel part à l’étranger, c’est notre pays qui perd une partie de ses forces vives et de ses ressources humaines.

Selon les données des Nations unies, le Liban comptait environ 5,85 millions d’habitants en 2025. Les jeunes âgés de 18 à 25 ans représentent une part significative de cette population. Leur donner les moyens d’agir, d’entreprendre et d’innover constitue donc un investissement substantiel dans l’avenir économique et humain du pays.

Saviez-vous qu’aux États-Unis, il existe des organisations telles que Kiva US, une organisation à but non lucratif qui permet à des entrepreneurs d’accéder à des financements sans intérêt, sans frais et sans garantie personnelle dans certaines conditions ? On peut également citer Score, qui ne finance pas directement les projets, mais qui met gratuitement les entrepreneurs en relation avec des chefs d’entreprise et des professionnels expérimentés afin de les accompagner dans le développement de leurs idées et leur passage à l’exécution.

Pourquoi ne pas nous inspirer de modèles qui existent déjà dans d’autres pays ?

À ce stade, il ne suffit plus de blâmer l’absence ou l’insuffisance des initiatives gouvernementales envers notre jeunesse. Nous devons également nous mobiliser pour créer des organisations adaptées à notre réalité, en nous inspirant de modèles qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs.

Un pays ne se définit pas uniquement par sa gloire et ses conquêtes du passé ni par ses édifices historiques ou son patrimoine. Il se définit également par la manière dont il prépare son avenir et par l’investissement qu’il consacre à sa jeunesse.

Investir dans nos jeunes, c’est investir dans notre avenir. Leur donner les moyens de transformer leurs idées en projets, leurs projets en entreprises et leurs ambitions en réussites, c’est contribuer à construire un Liban plus dynamique, plus innovant et plus résilient.

Je terminerai ce texte par une citation de Franklin D. Roosevelt qui résume parfaitement cette vision : « Nous ne pouvons pas toujours construire l’avenir pour notre jeunesse, mais nous pouvons construire notre jeunesse pour l’avenir. »

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Parmi les personnalités, dont j’admire et respecte profondément le parcours de vie, Nelson Mandela occupe une place particulière. Depuis ses débuts comme avocat et militant des droits humains, puis comme figure majeure de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, jusqu’à ses longues années d’emprisonnement, sa libération et son élection à la présidence de la République, son parcours demeure une source d’inspiration. En 1993, il a reçu le prix Nobel de la paix.Parmi ses nombreuses citations consacrées à la jeunesse, il en est une qui est particulièrement restée gravée dans mon esprit : « La jeunesse d’aujourd’hui est celle qui façonnera le monde de demain. » Quelle vérité !Les jeunes sont à la fois les héritiers et les bâtisseurs de l’avenir de notre nation. Il suffit de regarder autour de...
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