Des Yéménites se tiennent sur le site d’une frappe aérienne saoudienne présumée, menée dans la nuit contre une usine de mousse dans le quartier d’al-Rawda, à Sanaa, le 9 octobre 2026. Photo Mohammed Huwais/AFP
L'info du jour
L'Iran exclut des négociations avec les États-Unis « sous la pression ». Les discussions avec les États-Unis ne pourront aboutir que si elles se déroulent sans « pression ni menace », a affirmé vendredi le président iranien Massoud Pezeshkian, au cours d’un sommet de la Communauté des États indépendants (CEI) au Turkménistan, alors que les pourparlers visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l’impasse. Quelques heures plus tard, les gardiens de la révolution ont annoncé avoir frappé un transporteur de gaz de pétrole liquéfié (GPL), le NV Sunshine, qui tentait selon eux d’emprunter une « route illégale » au sud du détroit d’Ormuz. Téhéran revendique le contrôle de ce passage stratégique depuis le début du conflit.
Pourquoi c'est important
Ces nouveaux développements diplomatiques et militaires interviennent à l'heure où les pourparlers pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient sont toujours dans l'impasse, et quelques jours après que des informations de presse ont évoqué de nouvelles frappes américaines avant les élections de mi-mandat.
Le dirigeant iranien avait rencontré jeudi son homologue russe Vladimir Poutine, qui a proposé son aide pour contribuer au règlement de la guerre au Moyen-Orient. « Nous sommes prêts à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour contribuer au règlement de cette situation », avait dit le dirigeant russe. Selon lui, l'Iran fait « de véritables efforts pour mettre fin au conflit » lancé fin février par des bombardements américano-israéliens. De son côté, le président américain Donald Trump avait annoncé le même jour qu'il excluait d'attaquer l'Iran avant les élections législatives du 3 novembre aux États-Unis, en assurant que Washington avait des « discussions productives » avec Téhéran. Cette mise au point arrivait après le bond des cours du pétrole en raison d'informations de presse évoquant justement de nouvelles frappes américaines avant les « midterms ».
Ce sur quoi il faut garder un œil
Le Yémen lance une offensive pour reprendre Bab el-Mandeb aux houthis. Les forces gouvernementales yéménites, soutenues par Riyad et son aviation, mènent vendredi une « vaste opération » pour reprendre le contrôle du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, en mer Rouge, aux houthis pro-iraniens, selon une source militaire citée par l’AFP. Les combats sont « violents » et les avancées « limitées », a précisé cette source. De son côté, l’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohammed al-Jaber, a écrit sur X que la coalition avait chassé du couloir maritime les derniers combattants houthis, sans fournir de preuve à l’appui de cette déclaration. Le détroit serait passé sous le contrôle des houthis début septembre.
De son côté, le Liban a condamné les frappes des houthis contre des aéroports en Arabie saoudite. Le ministère libanais des Affaires étrangères, dirigé par Joe Raggi (Forces libanaises), a condamné « dans les termes les plus fermes, les attaques ayant ciblé l’aéroport international du roi Khaled, à Riyad, et l’aéroport international d’Abha », dans le sud-ouest du pays. Exprimant son « rejet catégorique de toute attaque visant le royaume », la diplomatie libanaise a affirmé que « le fait de frapper des infrastructures civiles et vitales et de mettre en danger la vie des civils constitue une violation flagrante du droit international ». Trois Saoudiens ont été tués jeudi dans les frappes contre l'aéroport de Riyad.
Dans le reste de l'actualité
- Une frappe israélienne près d’un véhicule dans le nord de la Békaa fait six blessés. Un drone israélien a pris pour cible vendredi une voiture près de Hoch el-Sayyed Ali, à proximité de la frontière libano-syrienne. Selon des médias locaux, le véhicule n’aurait cependant pas été directement touché. Des images transmises à notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah, montrent un 4x4 immobilisé au bord de la route, près d’un cratère qui semble avoir été provoqué par un impact de missile. Six personnes ont été légèrement blessées. Il n’était pas établi dans l’immédiat si elles se trouvaient à bord du véhicule touché. Les frappes israéliennes dans la Békaa étaient devenues rares au cours des derniers mois.
- L’armée libanaise arrête un trafiquant de drogue et déjoue une tentative de contrebande d’explosifs à la frontière syrienne. Un accrochage armé entre des soldats libanais et un civil a eu lieu sur les hauteurs de Ersal, dans la Békaa, alors que ce dernier tentait de faire passer de la drogue en Syrie, selon un communiqué de l’armée. Aucun blessé n’a été signalé. Le suspect a été arrêté et les militaires ont saisi environ 60 kg de haschisch, 35 kg de captagon et 22 kg de marijuana, ainsi qu’un pistolet et des munitions. Dans un autre incident, l’armée a annoncé avoir déjoué une tentative de contrebande depuis la Syrie vers le Hermel, où elle a saisi des roquettes et environ 24 kg de TNT destinés à être introduits clandestinement au Liban. Par ailleurs, les autorités françaises ont remis des munitions à l’armée libanaise au port de Beyrouth, dans le cadre de la coopération militaire entre les deux pays. Le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, était en visite à Chypre ces deux derniers jours.
- Le Liban prépare le lancement des vols commerciaux depuis Qleyaat. Le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar a présidé une réunion consacrée aux préparatifs à l’aéroport René Moawad à Qleyaat, au Liban-Nord, ainsi qu’aux mesures de sécurité nécessaires au lancement des premiers vols. La veille, le Premier ministre Nawaf Salam avait annoncé que le premier vol commercial décollera de cet aéroport le 15 novembre.
- Nawaf Salam lie le redressement du Liban à la lutte contre « l’ignorance, le fanatisme et le repli sur soi ». Le Premier ministre a ouvert vendredi la 67e édition du Salon arabe et international du livre de Beyrouth, en soulignant que le « combat pour le redressement du Liban est indissociable de notre combat contre l’ignorance, le fanatisme et le repli sur soi ».
- Gebran Bassil rejette sur le ministère des Finances la responsabilité des retards dans les centrales électriques. Alors que la gestion du secteur de l’électricité fait l’objet d’une polémique, le chef du Courant patriotique libre (CPL) s’est défendu d’avoir fait peser à l’État des charges financières dans le cadre de la construction des centrales de Zouk Mosbeh et de Jiyé, actuellement à l’arrêt. Il a affirmé que les modifications apportées au contrat en 2013 avaient été approuvées explicitement par le Conseil des ministres. Selon lui, le projet a été interrompu et son achèvement retardé en raison du refus du ministère des Finances de régler les sommes dues à l’entrepreneur, en violation des obligations contractuelles de l’État. Le CPL a dirigé le ministère de l’Énergie de 2008 à 2025.


