Il a beaucoup été dit à propos de la très réussie (à mon avis) visite du pape Léon XIV en France. Un sujet qui fait couler beaucoup d’encre à travers le monde sur les réseaux sociaux, dans la presse et les médias.
J’aimerais, maintenant que cette tournée est achevée, si c’est possible, ajouter, très succinctement, mon petit grain de sel à ce sujet.
En France, le pape a suivi la même analogie, la même symbolique que Diogène qui, au IVe siècle avant Jésus-Christ, traversait les rues d’Athènes, en plein jour, une lanterne allumée à la main, en clamant sa phrase célèbre : « Je cherche un homme ».
Avec une petite différence (de taille), c’est que le pape Léon ne cherchait pas simplement « un homme », mais plutôt « l’Homme ».
L’Homme (avec un « H » majuscule évidemment) dans son entité, avec ses tourments et ses questionnements légitimes, dans sa dimension physique, psychique et spirituelle : l’Homme dans la Cité, dans sa culture, dans son histoire, dans sa jeunesse (avec ses attentes et ses aspirations), dans sa foi, dans sa soif de sens, dans sa souffrance, dans sa solitude, dans sa détresse, dans son désir de paix, dans sa dignité humaine.
La question cruciale de ce voyage, ou plutôt le véritable message de la tournée de Léon XIV au pays de Molière, n’est pas tant de savoir si l’Hexagone est encore catholique ou pas. Il s’agit à mon avis, beaucoup plus de parler de ce même « Homme » (qu’il soit catholique ou pas, peu importe), ou plutôt de s’adresser à lui, en le rejoignant là où il se trouve, au cœur même de sa condition humaine, dans sa réalité quotidienne.
Au cœur de la tourmente du XXIe siècle et de cette société marquée par toutes sortes de crises, d’incertitudes, de défis, de conflits... voir si cet Homme cherche encore des raisons d’espérer, d’aimer et de croire !
Une visite qui s’inscrit dans la recherche de l’être humain dans un monde qui risque de perdre son humanité, ses repères et jusqu’à son identité !
Sans oublier de dire que cette même France, notamment au niveau populaire, a réservé au souverain pontife, comme d’ailleurs les Libanais lors de la visite du pape à Beyrouth en novembre dernier, un accueil, rien de plus chaleureux.
Le saint pape Jean-Paul II, en 1980, lors de son périple en France, avait d’une façon interrogative, remis en cause le titre de « fille aînée de l’Église ».
Nonobstant le débat sur les principes de la laïcité et de la séparation de l’Église et de l’État, les Français ont voulu maintenant montrer, à travers ce bain de foule et cet accueil réservé au chef de l’Église, au vicaire du Christ, au successeur de Pierre, à quel point cette relation particulière avec l’Église est toujours d’actualité et que lui seul méritait un tel égard. Et qu’en définitive, la France restera à jamais, dans le cœur de beaucoup, la bien-aimée « fille aînée de l’Église », quoi qu’on en pense ou qu’on en dise, malgré, ses manquements et certains de ses écarts ecclésiastiques.
N’a-t-il pas été dit, à juste titre, à propos de l’Église, dans l’Évangile de Matthieu (chapitre 16, verset 18), que « les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle » ?
Avocat à la Cour
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