Rechercher
Rechercher

Société - Repère

Vols directs Liban–États-Unis : où en est-on trois mois après l’annonce de Trump ?

Un nouvel accord de transport aérien entre les deux pays doit être mis en place, tandis que plusieurs exigences américaines en matière de sécurité et de sûreté doivent être satisfaites.

Vols directs Liban–États-Unis : où en est-on trois mois après l’annonce de Trump ?

Un avion de Middle East Airlines survole Raouche alors qu’il approche de l’aéroport de Beyrouth, le 26 juillet 2025. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour

Trois mois après l'annonce par le président américain Donald Trump de mesures visant à rétablir les vols directs entre le Liban et les États-Unis, aucune date n'a encore été fixée pour leur reprise. La compagnie aérienne libanaise Middle East Airlines (MEA) attend toujours les autorisations américaines, tandis que Beyrouth et Washington doivent encore régler plusieurs questions réglementaires, sécuritaires et opérationnelles avant de pouvoir rétablir cette liaison, ont indiqué jeudi à L'Orient-Le Jour des sources de la MEA et de l'aviation civile.

Donald Trump avait annoncé cette mesure en juillet, à l'issue d'une rencontre avec le président Joseph Aoun à la Maison Blanche, ouvrant la voie à la reprise des liaisons aériennes directes entre les deux pays, interrompues depuis plus de quarante ans. Les vols américains à destination de Beyrouth avaient été suspendus en 1985, après le détournement du vol 847 de la compagnie TWA, qui reliait Athènes à Rome avant d'être contraint d'atterrir dans la capitale libanaise.

Où en est la flotte de la MEA ?

« Aucune date précise n'a encore été fixée pour le lancement des vols directs vers les États-Unis », a indiqué jeudi une source de la MEA à L'Orient-Le Jour.

La compagnie doit réceptionner huit nouveaux appareils entre la mi-novembre et la fin juin 2027 : quatre Airbus A330neo et quatre A321XLR. « Ces avions s'inscrivent dans un programme de renouvellement de la flotte prévu de longue date et n'ont pas été commandés spécifiquement pour assurer la liaison avec les États-Unis. Les A330neo devraient toutefois être adaptés à un vol long-courrier comme Beyrouth-New York », a expliqué cette source.


Des discussions ont déjà eu lieu avec les autorités américaines, mais plusieurs autorisations restent nécessaires, ainsi qu'un audit préalable. « Une fois la confirmation obtenue, les autorités américaines procéderont à l'audit », a précisé la même source. La reprise de la liaison pourrait ainsi intervenir « vers la fin de l'année 2027 ou en 2028 », selon l'avancement de la procédure d'approbation par les autorités américaines de l'aviation civile.

Quels obstacles réglementaires et sécuritaires ?

Le renouvellement de la flotte ne constitue toutefois qu'une partie des conditions nécessaires à la reprise des vols directs. Selon une source au sein de l'Autorité libanaise de l'aviation civile, le Liban et les États-Unis devront également revoir leur accord bilatéral de transport aérien, désormais considéré comme « obsolète ». « Le Liban et les États-Unis devraient travailler à l'élaboration d'un nouvel accord de transport aérien », a expliqué cette source à L'OLJ.

L'accord actuellement en vigueur remonte à 1972 et a fait l'objet d'échanges de notes ultérieurs, notamment en 1977. Ce type d'accord définit le cadre juridique dans lequel les compagnies aériennes des deux pays peuvent assurer des liaisons entre leurs territoires, en précisant notamment les transporteurs autorisés, les itinéraires desservis et les droits d'exploitation.

« Depuis, le secteur aérien a considérablement évolué, notamment en matière de sûreté et de sécurité. Il serait donc préférable de conclure un nouvel accord », a poursuivi la source. Les exigences en matière de sécurité aérienne et de sûreté aéroportuaire constituent deux volets distincts de ce processus.

En septembre dernier, un atelier organisé par le ministère libanais des Travaux publics et des Transports, avec l'appui technique de la Banque mondiale, avait identifié plusieurs chantiers prioritaires pour permettre la reprise des vols directs vers les États-Unis, notamment en matière de sécurité aérienne, de sûreté aéroportuaire et de procédures opérationnelles. Les discussions avaient également porté sur la préparation du Liban à une évaluation de l'Administration fédérale américaine de l'aviation (FAA), dans le cadre de son programme International Aviation Safety Assessment (IASA), ainsi que sur les exigences de l'Administration américaine de la sûreté des transports (TSA) applicables aux aéroports étrangers et sur les normes de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).

Le programme IASA de la FAA vise à évaluer la capacité des autorités nationales de l'aviation civile à assurer la supervision de la sécurité aérienne, notamment à travers leur cadre législatif et réglementaire, leurs procédures de délivrance des licences et des certifications, leurs mécanismes d'inspection et leur capacité à remédier aux défaillances constatées.

Gestion de l’AIB

Historiquement, la gestion de l'Aéroport international de Beyrouth (AIB) a impliqué plusieurs organismes publics et agences de sécurité, aux responsabilités parfois imbriquées. L'Autorité indépendante de l'aviation civile, prévue par une loi de 2002, n'a jamais vu le jour, tandis que certains responsables cumulaient parfois des fonctions liées à l'aéroport et à l'aviation civile.

En juin, le Conseil des ministres a approuvé la création de la Société de l'AIB, une société anonyme à capitaux publics chargée de gérer et d'exploiter l'aéroport. Ses missions couvrent les opérations aéroportuaires, la navigation aérienne, les communications et la météorologie, tandis que l'aéroport et ses infrastructures restent la propriété de l'État. La société n'a toutefois pas encore pris en charge ses attributions, selon la même source au sein de l'Autorité libanaise de l'aviation civile.

Trois mois après l'annonce par le président américain Donald Trump de mesures visant à rétablir les vols directs entre le Liban et les États-Unis, aucune date n'a encore été fixée pour leur reprise. La compagnie aérienne libanaise Middle East Airlines (MEA) attend toujours les autorisations américaines, tandis que Beyrouth et Washington doivent encore régler plusieurs questions réglementaires, sécuritaires et opérationnelles avant de pouvoir rétablir cette liaison, ont indiqué jeudi à L'Orient-Le Jour des sources de la MEA et de l'aviation civile.Donald Trump avait annoncé cette mesure en juillet, à l'issue d'une rencontre avec le président Joseph Aoun à la Maison Blanche, ouvrant la voie à la reprise des liaisons aériennes directes entre les deux pays, interrompues depuis plus de quarante...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut