Vue d'un quartier d'Achrafieh de nuit. Photo ANI
Une fusillade survenue fin septembre à Achrafieh, à Beyrouth, a remis en lumière le nom de Khalil Seblini, un homme déjà connu des services sécuritaires et judiciaires. En décembre 2024, il avait été poursuivi par la justice militaire après avoir renversé un agent des Forces de sécurité intérieure (FSI) dans l’exercice de ses fonctions. Placé en détention, il avait été remis en liberté après une période relativement courte.
Cette nouvelle affaire a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, certains internautes s’interrogeant notamment sur les circonstances de sa remise en liberté et sur le fait qu’il soit aujourd’hui de nouveau impliqué dans une affaire de violence armée.
Les nouveaux faits remontent à fin septembre. Khalil Seblini se trouvait alors dans une boîte de nuit à Achrafieh avec un homme identifié par les initiales H.J. Une altercation verbale les a opposés à un autre client de l’établissement. L’incident s’est poursuivi à l’extérieur. Le client avec lequel les deux hommes s’étaient disputés a quitté les lieux en voiture, accompagné d’une jeune femme. Les circonstances précises de la suite des événements font toutefois l’objet de versions divergentes. Selon une source sécuritaire interrogée par L’Orient-Le Jour, Khalil Seblini et H.J. auraient demandé à un troisième individu de poursuivre la voiture à moto et d’ouvrir le feu sur ses occupants. Une source judiciaire donne une autre version. Selon elle, ce sont Khalil Seblini et H.J. eux-mêmes qui auraient pris la voiture en chasse à moto, avant que des coups de feu ne soient tirés en direction du véhicule.
Selon la source sécuritaire, la jeune femme a été touchée par quatre balles à la jambe. La source judiciaire affirme, pour sa part, que la voiture a été criblée de nombreuses balles.
Selon nos informations, les deux hommes se seraient ensuite rendus dans une autre boîte de nuit, avant d’être interpellés puis arrêtés par la branche des renseignements des FSI, sur ordre du procureur général près la cour d’appel de Beyrouth, Raja Hamouche. Selon la source judiciaire, les deux hommes ont reconnu les faits lors de leur interrogatoire. Le parquet a engagé des poursuites à leur encontre et les a déférés devant la première juge d’instruction de Beyrouth, Roula Osman. L’avocat de Khalil Seblini a toutefois publié un communiqué dans lequel il nie toute implication de son client dans les tirs. La source judiciaire précise que H.J. est soupçonné d’avoir ouvert le feu. Khalil Seblini serait, lui, poursuivi pour complicité de tentative de meurtre. Selon cette source, cette qualification est passible d’une peine proche de celle encourue par l’auteur principal.
Plusieurs médias ont rapporté que l’altercation dans la boîte de nuit serait liée à la vente de stupéfiants. La source judiciaire interrogée par L’Orient-Le Jour affirme que les deux hommes consomment de la drogue, mais précise qu’aucun élément ne permet, à ce stade, d’établir que la dispute ou les tirs seraient liés à un trafic de stupéfiants.
Rumeurs sur la parenté avec un ex-dirigeant du Hezbollah
Cette nouvelle affaire intervient moins de deux ans après un autre incident impliquant Khalil Seblini. En décembre 2024, il avait percuté avec son véhicule un agent des FSI, Georges Abou Jaoudé, dans le centre-ville de Beyrouth. Le policier lui demandait alors de se conformer à des instructions liées à la circulation. Georges Abou Jaoudé avait été blessé et hospitalisé. Khalil Seblini, alors âgé de 19 ans, avait été poursuivi par la justice militaire pour tentative de meurtre d’un agent de sécurité et placé en détention, avant d’être remis en liberté quelque temps plus tard, sur fond de rumeurs autour de sa proximité avec des dirigeants du Hezbollah.
À l’époque, les FSI avaient indiqué que l’auteur des faits était âgé de 19 ans et que sa mère s’appelait Mariam Safieddine, ce qui avait alimenté des rumeurs sur les réseaux sociaux selon lesquelles elle serait la sœur de Hachem Safieddine, ancien haut responsable du Hezbollah. Hachem Safieddine avait été présenté comme le successeur de Hassan Nasrallah à la tête du Hezbollah après la mort de ce dernier, le 27 septembre 2024. Il avait lui-même été tué quelques jours plus tard, le 3 octobre. Si Hachem Safieddine avait bien une sœur nommée Mariam, une source au sein du parti chiite et un moukhtar (élu local) de Naqoura, village dont est originaire Khalil Seblini, ont démenti tout lien entre ce dernier et l'ancien responsable du Hezbollah.
Selon la source judiciaire interrogée par L’Orient-Le Jour, l’affaire d’Achrafieh n’est par ailleurs pas le seul dossier récent dans lequel Khalil Seblini est mis en cause. Il est également accusé d’avoir criblé de balles une voiture stationnée dans le parking souterrain d’un immeuble à Beyrouth, il y a environ cinq mois. Il n’avait pas pu être arrêté dans cette affaire et faisait l’objet d’un mandat de recherche.

Cool....a quand le prochain crime??
15 h 10, le 06 octobre 2026