Des navires sont ancrés au large de Khasab, dans le gouvernorat de Musandam à Oman, près du détroit d’Ormuz, le 2 octobre 2026. Photo : AFP
L'info du jour
Le général Mohammad Reza Naqdi, conseiller du haut commandant des gardiens de la révolution raniens, a affirmé que plusieurs passages ouverts dans le détroit d’Ormuz « à la faveur d’explosions et de la destruction de formations rocheuses seraient bientôt bloqués ». Il assure que l’Iran « contrôle totalement » le détroit, alors que le secrétaire d’État américain Marco Rubio affirmait mercredi que Téhéran en avait « perdu le contrôle intégral ». Naqdi a également déclaré que le détroit resterait fermé jusqu’à ce que les « revendications légitimes » de son pays soient satisfaites.
Pourquoi c'est important
Cette déclaration intervient dans un contexte d'affrontement entre Washington et Téhéran sur le contrôle effectif du détroit d’Ormuz et la capacité de l’Iran à en réguler la circulation maritime. Passage stratégique entre le golfe Persique et le golfe d’Oman, Ormuz voyait transiter avant la guerre environ 20,9 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers par jour, soit près d’un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Alors que Marco Rubio affirme que l’Iran a « perdu le contrôle intégral » du détroit, au motif que les flux pétroliers ont retrouvé des niveaux proches de ceux d’avant-guerre, les gardiens de la révolution soutiennent exactement l’inverse et affirment pouvoir encore en contrôler les accès. L’annonce de Mohammad Reza Naqdi sur la fermeture prochaine de passages ouverts clandestinement s’inscrit donc dans cette démonstration de force : elle vise à montrer que, malgré la reprise partielle du trafic, Téhéran conserve selon lui la capacité de perturber ou de restreindre la circulation dans ce goulet d’étranglement majeur du commerce énergétique mondial.
Ce sur quoi il faut garder un oeil
- Le Hezbollah aurait reçu 200 millions de dollars de l’Iran pour aider les déplacés. C'est ce que rapportent deux sources citées mercredi par l'agence Reuters. Le parti prévoit de verser dans un premier temps 3 000 dollars à quelque 50 000 familles, en donnant la priorité à celles originaires de villages détruits ou devenus inaccessibles en raison de l’occupation israélienne. Un responsable du parti chiite a confirmé qu’une somme avait été réunie et qu’un plan de distribution serait annoncé dans les prochains jours, sans préciser son origine.
- Les houthis revendiquent un tir de missile sur l’aéroport de Riyad. Les houthis ont revendiqué mercredi un tir de missile balistique contre l’aéroport international de Riyad, tandis que l’Arabie saoudite affirme avoir intercepté un missile dans le nord de la capitale. Le trafic aérien y est régulièrement perturbé, alors que les houthis ont averti les compagnies aériennes que le ciel saoudien n’était « pas sûr ». Depuis la reprise des hostilités au Yémen en juillet, plus de 201 000 personnes ont été contraintes de quitter leur foyer, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), tandis que plus de 330 miliciens ont été tués depuis lundi.
Dans le reste de l'actualité
- La CIA aurait évoqué un possible risque de « guerre civile » en Israël. Israël pourrait être confronté à un « risque de guerre civile ou d’effondrement de l’État », selon un document présenté comme un rapport classifié de la CIA datant d’août et cité par le média d’investigation Drop Site News. Le document, intitulé « Fracture from within », ferait état de profondes fractures politiques, économiques et sociales dans le pays, notamment à l’approche des élections legislatives du 27 octobre. Son authenticité n’a toutefois pas pu être confirmée de manière indépendante dans l’immédiat.
- Geagea appelle à « purger » l’État libanais des personnes affiliées au Hezbollah. Lors d’une conversation virtuelle organisée mardi par le Washington Institute sur l’avenir du Liban et la mise en œuvre de l’accord-cadre entre le Liban et Israël, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a appelé à « purger » l’administration et les institutions de l’État, notamment l’armée ainsi que les services de sécurité et de renseignement, des personnes qu’il accuse d’être affiliées au Hezbollah. Il a estimé que cette mesure devait être prise « pour la simple raison qu’ils sont membres d’une organisation illégale ».
- « Quatre ans de déplacement », le cri d’alarme des villages frontaliers. Alors qu’une source militaire israélienne a affirmé à Sky News Arabia que les forces israéliennes pourraient rester dans le sud du Liban « pendant des années », le Rassemblement des habitants des localités frontalières du Sud dénonce une situation devenue insoutenable. Dans un communiqué, le rassemblement affirme entamer une « quatrième année » de déplacement, sans perspective de retour ni d’indemnisation. Il réclame notamment un soutien financier, la prise en charge des frais de logement, l’accès aux soins et à l’éducation, ainsi que la création d’un fonds national pour les déplacés et les habitants des villages frontaliers. « Nous n’avons pas besoin de quelques miettes (…) Nous avons besoin d’un soutien financier qui préserve notre dignité », affirme le communiqué.
- Un élu du caza Nabatiyé serait arrêté aux Emirats arabes unis. Le président du conseil municipal de Aazzé, dans le caza de Nabatiyé, Moustapha Jammoul, serait détenu à Dubaï par les autorités émiraties depuis vendredi dernier, selon sa famille. Il avait quitté son hôtel pour rencontrer des personnes qui l’attendaient et sa famille n’a depuis lors plus été en mesure d'entrer en contact avec lui. Les motifs de sa détention et l’identité de l’autorité qui le retient restent inconnus. Sa famille, qui demande que son sort soit éclairci et que ses droits soient garantis, notamment un accès à un avocat, affirme qu’il possède les nationalités libanaise et canadienne.
- Des tirs syriens contre deux camions de contrebande à la frontière libanaise. Alors que des informations faisaient état d’affrontements entre les armées libanaise et syrienne à la frontière, des sources sécuritaires ont indiqué à notre correspondante dans la Békaa qu’une patrouille de la Sécurité générale syrienne avait ouvert le feu sur deux camions chargés de légumes de contrebande en provenance de Syrie et à destination du Liban, dans le secteur d’Ersal. Les deux camions ont ensuite été interceptés par l’armée libanaise à un point de contrôle. Un homme soupçonné de trafic a été arrêté, et les deux véhicules ainsi que leur cargaison ont été remis, avec lui, à la justice compétente.
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