
Chère lectrice, cher lecteur,
Ces jours-ci, le cessez-le-feu entre le Liban et Israël semble plus fragile que jamais, entre violations par les deux parties et menaces d’escalade. Le tout dans un contexte de pressions internationales croissantes sur le Liban.
Au cœur des débats, la question du désarmement du Hezbollah évidemment, mais aussi celle de futures négociations directes avec Israël, à commencer par le pari risqué d’un éventuel face-à-face entre Aoun et Netanyahu. Le Liban marche sur une corde raide, entre les exigences américaines pour le désarmement du Hezbollah, les divisions internes et le refus israélien de se retirer totalement du Liban-Sud.
Sur le terrain, la guerre continue de façonner le quotidien des habitants. À Tayouné, l’entre-deux de la guerre s’installe. Ni guerre ouverte, ni véritable paix.
Dans les villages du Sud, les destructions par l’armée israélienne se poursuivent, tandis que le Hezbollah dégaine une nouvelle arme : les drônes suicides.
Pour y voir plus clair, nous vous invitons à lire les reportages, éditos et éclairages de nos journalistes.
L'Orient-Le Jour


Liban : le sursaut ou la chute

Aucun pays, et le Liban peut-être moins qu’un autre, n’échappe à son histoire et à sa géographie. Mais faut-il pour autant considérer qu’il est condamné à l’immobilisme et aux crises à répétition ? Entre poids des contraintes structurelles et responsabilité collective, l’édito d’Anthony Samrani interroge les racines de l’« anomalie libanaise ».

En proposant d'entraîner l'armée, Washington veut creuser le fossé entre l’État et le Hezbollah

Le 27 avril, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a indiqué que les Etats-Unis se préparaient à « mettre en place un dispositif » pour entraîner certaines unités de l’armée libanaise en vue de désarmer le Hezbollah. Un programme d’entraînement inédit qui s’inscrit dans la foulée de la vision israélo-américaine. Explications de Nemtala Eddé.

Beyrouth sous pression : le pari risqué d’un face-à-face entre Aoun et Netanyahu

Aujourd’hui le Liban avance sur une corde raide, pris entre les pressions du président américain Donald Trump pour organiser une rencontre entre le président Joseph Aoun et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, et la menace d’une escalade militaire israélienne soutenue par Washington. Beyrouth tente toutefois d’éviter un tel face-à-face, privilégiant la voie des négociations. Mais les États-Unis accentuent la pression, alternant incitations et menaces. Décryptage de Mounir Rabih.

Les « drones suicide » rudimentaires, nouvel atout du Hezbollah contre l’armée israélienne au Liban-Sud

Généralement peu coûteux, les « drones suicide » occupent aujourd’hui une place de choix pour le Hezbollah, dans ses opérations menées depuis plusieurs semaines contre Israël, au Liban-Sud. Popularisés durant la guerre en Ukraine, ces drones ont la particularité d’être redoutablement efficaces et de contourner les systèmes de défense. Explications de Gabriel Blondel.

Réseau souterrain du Hezbollah détruit par Israël à Qantara : des zones d'ombre persistent

Le 28 avril, l’armée israélienne a annoncé avoir dynamité « le réseau le plus important » du Hezbollah découvert à ce jour, en utilisant plus de « 450 tonnes d’explosifs ». Un événement qui intervient en plein cessez-le-feu théorique au Liban et qui soulève des questions quant à la nature du site visé. Site qui se situe au sud du fleuve Litani, où l’armée libanaise était censée avoir achevé fin 2025, la première phase de son plan de désarmement. Layal Dagher fait le point.

Aoun et Berry se renvoient la « boule de feu » sur fond de pression accrue sur Beyrouth

Les pressions américaines exercées sur le Liban visent à obtenir une position commune des trois présidents (de la République, du Parlement et du gouvernement) en faveur de négociations directes avec Israël. Mais le président du Parlement Nabih Berry continue d'affirmer son refus de toute négociation directe avant l’obtention d’un cessez-le-feu et de garanties concrètes du retrait israélien du sud du pays. Aujourd'hui la situation se complexifie alors que de nouvelles exigences internationales émergent : des mesures ciblant les institutions financières liées au Hezbollah ainsi que d’éventuelles poursuites judiciaires contre certaines figures du parti. Explications de Mounir Rabih.

Place Tayouné, dans l’entre-deux de la guerre

A Beyrouth, place Tayouné, Nader Hamdan attend. Depuis le 17 avril, sa vie évolue au ralenti. Il attend l’eau qui chauffe sur le gaz, le prochain appel, et la « décision » venue d’en haut, celle qui sonnera la fin de cet entre-deux où tout est figé, ni guerre ni paix. Stéphanie Khouri a rencontré le quinquagénaire, gérant du centre Ghobeiry 1 de la Défense civile, et les égarés du cessez-le-feu.

À quoi joue (encore) le Hezbollah en Syrie ?

Alors que le Hezbollah est encore en état de guerre avec Israël, les autorités syriennes accusent le parti chiite de tenter de mener des opérations « hostiles » en (et depuis la) Syrie pour déstabiliser le pays. De nombreuses questions se posent quant à la présence et aux calculs du parti chiite en Syrie. Analyse de Malek Jadah.

Guerre au Liban : une larme de droit dans un océan d’impunité

Sur fond de destructions massives et d’un lourd bilan humain dans le sud du Liban, habitants et responsables locaux dénoncent l’ampleur des pertes et l’absence de toute perspective de justice. Alors que le Liban envisage de possibles négociations sous médiation américaine, le pays reste profondément divisé entre partisans de la justice et sceptiques de toute issue diplomatique ou juridique. Reportage d’Emmanuel Haddad.

