Pour celles ou ceux qui ont vécu depuis plus d’un demi-siècle les différentes guerres importées au Liban, ils ne se sont jamais inquiétés autant pour le sort du pays que maintenant.
Dans les années quatre-vingt, nous avons tous applaudi la sortie de Arafat du Liban, et avons espéré un avenir meilleur. Au début de ce siècle aussi, nous avons été convaincus qu’après la sortie de l’armée syrienne, après tous les massacres commis, que la paix allait être instaurée. Puis il y a eu la vague des réfugiés syriens dont certains ont rejoint leur pays.
Avec l’élection du président Joseph Aoun et un nouveau gouvernement, on a tous cru que le pays marchait sur des patins à roulettes et que tout irait mieux avec cette invention du terme « mécanisme », qui allait mettre fin à la guerre entre Israël et le Liban.
Malheureusement, le mois de mars 2026 fut atroce, et l’histoire un jour nous le rappellera. Avec plus d’un million de réfugiés d’une seule confession pour la première fois, avec une guerre sans horizon, nous voilà rentrés dans un tunnel sombre, et l’étau se serre autour de tous les Libanais.
Dans le temps, on avait au moins des pays amis qui nous sauvaient, nous aidaient, mais maintenant, personne ne veut aider ce pays maudit, ou qui ne respecte pas assez ses engagements et promesses. Un pays où les chefs de tribu sont perdus et absents actuellement de la scène, au moins pour réconforter leur peuple.
Devant ce mutisme qui fait peur, l’avenir du Liban cette fois semble plus que jamais incertain. Appauvri, détruit, en faillite, qui va lui prêter main-forte cette fois pour survivre et éloigner le spectre de la division et l’effritement de toute la nation ?
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