Avec l’effondrement de nouveaux immeubles presque chaque semaine, surtout à Tripoli, causant chaque fois de nouvelles victimes au nom de la négligence des locataires et propriétaires puis de la municipalité, reste que la grande responsabilité de ces morts gratuites est due principalement à ce grand absent qui est l’État.
Un État où le gouvernement et le Parlement résument son action. On a des lois, mais soit elles ronflent dans le tiroir, soit – si elles existent – elles ne sont jamais appliquées.
La politique suivie depuis des décennies par cet État est d’assister en spectateur aux querelles et drames entre diverses parties sans intervenir, laissant les protagonistes s’entretuer ou passer des dizaines d’années dans les tribunaux sans obtenir gain de cause.
Deux petits échantillons illustrent cette politique : l’argent volé par l’État et les banques où la grande victime reste le dépositaire qui ne sait plus à qui se plaindre.
Deuxième échantillon, la loi des loyers qui touche à sa fin le 26 février où en principe tous les anciens locataires devront quitter les lieux pour permettre et obliger les propriétaires à rénover pour ne pas vivre la série noire de Tripoli.
Mais là aussi, malheureusement, les locataires se voient tous pauvres soudain. Au nom de la caisse de l’État qui n’a jamais vu le jour et les comités qui ne se sont jamais réunis pour aider les plus démunis et payer la différence du nouveau loyer au propriétaire. Et enfin, surtout, un jeu juridique devenu devinette, la loi commence-t-elle en 2014 ou 2017 ? Tant de facteurs qui poussent à croire que la marche des Tripolitains vers les lieux de résidence de leurs responsables, ministres ou députés sera probablement plus grande au printemps prochain et dans tout le Liban, si le gouvernement et le Parlement ne prennent pas des mesures concrètes et rapides, pour appliquer fermement toutes les lois concernant ce droit pour tout libanais : avoir un toit sûr pour le locataire et bien protégé par le propriétaire avec l’aide et l’observation continue des responsables concernés.
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