S’il pouvait exister une Palme de la sous-traitance, c’est bien les Libanais qui la rafleraient. Espère un peu !
Pourquoi se taper un boulot barbant, tant qu’il peut se trouver un président américain organisant la traque, un pharaon d’Égypte maniant la trique, et un roi arabe de droit divin maîtrisant le troc, tous les trois prêts à se faire barber à ta place ?
Au temps de la guerre et à travers les années, la flemmardise des Koullouna s’était illustrée par des tombereaux entiers de sous-traitances successives impliquant : 1- Les Syriens pour déglinguer Arafat et ses poulains libanais ; 2- Les Israéliens pour dézinguer à la fois les Palestiniens et les Syriens ; 3- Les troufions de la Finul pour jouer les plantons-tampons entre les Hébreux et les barbus… pendant que les navires schleus faisaient des ronds dans l’eau au large du Liban-Sud et que les Rosbifs de Sa Majesté érigeaient des miradors aux confins de la Békaa. Résultat : un bras d’honneur historique du Conseil de sécu, et des Casques bleus qui iront bronzer bientôt sous d’autres cieux.
Bien à l’abri du surmenage et du claquage vasculaire, une bonne partie de la classe politique locale pouvait entre-temps se consacrer tranquillement au pillage des ressources : contrebande en tous genres, razzias sur les marchés publics, embauche et débauche de fonctionnaires ratés, magouilles et tripatouillages divers… Seulement fallait faire vite et les larrons étaient pressés. Dans ce pays attardé, paradis des mutants bienheureux, le chemin le plus court passait alors par le coffre-fort des banques. Et zou ! Tels des aspirateurs cycloniques, ils ont fondu sur toutes les devises possibles et imaginables qui pouvaient combler leur convoitise, allant jusqu’à aller piocher dans les avoirs des déposants et les piécettes du panier de la ménagère.
Maintenant qu’un semblant de normalité commence à poindre, les grouillots de la République n’ont pas trouvé mieux que de s’en remettre à une triangulaire diplomatique en déléguant aux autres la fin d’un boulot qu’ils sont infoutus d’achever. Ici, rien ne bouge, réactivité zéro, encéphalogramme plat !
Ça tombe bien, c’est ce moment que vient de choisir le patron accidentel du Parti barbu pour aller à la rescousse des mollahs iraniens. Faut dire que le concept d’effet de surprise est une discipline pour laquelle le Pileux blanc n’a aucun talent, le pauvre. Il est toujours désespérément fixé là où on l’attend. Aussi, les deux tiers des Libanais pensent que l’homme est un guignol. Et puisque conformément à la loi de la pesanteur, il ouvre la bouche plus facilement qu’il ne la ferme, à chacun de ses discours il ne fait que leur confirmer qu’il en est un.
Aux dernières nouvelles, il cherche toujours le chemin de Jérusalem. Mais au rythme où s’abattent sur lui les castagnes, il finira sans doute à Canossa.
gabynasr@lorientlejour.com


Liban-Sud : six secouristes tués près de Tyr dans des raids israéliens
Excellent.
01 h 25, le 11 février 2026