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Nos lecteurs ont la parole

Changement démographique

Avec la visite annuelle des curés de paroisse qui viennent bénir chaque année les maisons des fidèles après l’Épiphanie marquant la fin des fêtes de Noël, triste de voir cette année les prêtres perdus cherchant trop d’adresses de personnes qui n’habitent plus telles ou telles autres régions de l’enclave chrétienne.

Ici, précisément, on parle d’Achrafieh, où avec les projets immobiliers entrepris depuis 2005, une partie de la population de ce quartier s’est vu progressivement exclue de la ville, les loyers devenant de moins en moins abordables et les anciens bâtiments détruits au profit d’immeubles modernes.

Historiquement, les habitants d’Achrafieh étaient issus de la bourgeoisie grecque-orthodoxe du XIXe siècle, dont la marque resta avec les villas du quartier Sursock. De nos jours, cette région est baptisée carré d’or, une zone très prestigieuse située entre les rues Monnot, Abdel Wahab, Sursock et Zahret el-Ihsan, avec des tours érigées, qui ont changé les habitudes, des gens qui avec la vie moderne se saluent à peine et se connaissent peu.

Les quartiers et ruelles portent toujours pourtant les noms des grandes familles qui ont habité ces quartiers. Mais presque toutes ces familles et ces anciennes maisons même certaines qui auraient dû être classées ont disparu. On regrette toujours ce parfum de jasmin qui les distinguait des autres quartiers de la capitale.

Cerise sur le gâteau, les explosions au port du 4 août 2020 sur l’autre flanc d’Achrafieh. Citons Gemmayzé, Mar Mikhaël, Geitawi, Saïfi qui ont particulièremenr souffert. Les pertes humaines, économiques et patrimoniales ont été colossales. Le pays ne cesse d’en payer un lourd tribut, et beaucoup de personnes ont quitté définitivement le pays laissant le sort de leurs propriétés à ce grand inconnu.

Un inconnu qui nous fait craindre le pire pour l’avenir de cette belle région. Le cachet et l’identité de ces beaux quartiers ont changé, ils sont devenus plus commerciaux, une nouvelle région plus jolie peut-être, mais trop bruyante, polluée, on étouffe sous les tours qui ne cessent de pousser dans ces ruelles étroites, ou on ne trouve plus de place pour se garer. Le comble, c’est qu’il faudra plier l’échine et s’y habituer, impuissants, et dire qu’on ne peut rien faire, que c’est notre sort et le sort du Liban. Vraiment triste.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Avec la visite annuelle des curés de paroisse qui viennent bénir chaque année les maisons des fidèles après l’Épiphanie marquant la fin des fêtes de Noël, triste de voir cette année les prêtres perdus cherchant trop d’adresses de personnes qui n’habitent plus telles ou telles autres régions de l’enclave chrétienne. Ici, précisément, on parle d’Achrafieh, où avec les projets immobiliers entrepris depuis 2005, une partie de la population de ce quartier s’est vu progressivement exclue de la ville, les loyers devenant de moins en moins abordables et les anciens bâtiments détruits au profit d’immeubles modernes.Historiquement, les habitants d’Achrafieh étaient issus de la bourgeoisie grecque-orthodoxe du XIXe siècle, dont la marque resta avec les villas du quartier Sursock. De nos jours, cette région est...
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