Ayant appris avec quelques tours de manivelle de retard la joyeuse équipée au Venezuela du Donald à la crinière jaune, le numéro un souterrain du Parti barbu a aussitôt débroussaillé la touffe de poils qui lui mange la hure et entrebâillé une petite lucarne sur l’État libanais, en préconisant d’équiper l’armée dont il n’a jamais cessé pourtant de flétrir les capacités. Celui qui avait l’air gentil quand il posait en potiche près de Hassan Nasrallah a sans doute senti tout près du visage le souffle du boulet. Aussi a-t-il hâtivement rabattu son caquet, rangé son index dans son fourreau intime et s’en est retourné à son moulin à prières calcifié.
On l’aura compris depuis un bail : Naïm Kassem au quotidien n’est pas le bonhomme rêvé pour animer des colonies de vacances. Incapable de faire la différence entre un algorithme japonais et un préservatif afghan, l’individu est un poème à lui tout seul. Traînant quelque 72 plombs sous la mule, mais avec encore toutes ses dents, il n’est certes pas le perdreau de l’année. Depuis la vaporisation de son ex-patron, il préside sans jamais se marrer aux destinées d’un komintern militaro-religieux plutôt opaque, ce qui sans doute donne à cet Homo barbudens en robe de bure l’air sinistre et compassé de ceux qui sont investis d’un pouvoir discrétionnaire. Il développe pourtant une énergie folle afin de se rendre comestible auprès des siens, mais après plus d’un an d’un parachutage hasardeux à la tête d’un parti désarticulé, il ne s’est pas encore trouvé un seul larbin pour lui souffler que pour être aimé, faut d’abord commencer par être aimable.
Près de lui sur le tapis persan, les soviets de cheikhs et de miliciens chargés de faire barrage à des valeurs aussi décadentes que la liberté, la démocratie et l’alternance politique. Grands ordonnateurs de la stratégie politique au sein de la communauté chiite, ces spécialistes de la concertation dans le monologue ont écarté tous ceux qui faisaient la mauvaise tête, c’est-à-dire tous ceux qui en avaient une : libéraux, intellectuels, artistes… Ce qui explique qu’Istiz Nabeuh échappe à cette purge barytée, mais on ne touche pas à celui qui a bercé lui-même l’ayatollah Khomeyni dans son landau.
Last, mais encore moins lisse, l’hypercheikh affirme sans rire qu’il ne rendra jamais les armes, en dépit de tous les massages de tendresse prodigués par le Château. On a beau le presser d’intégrer la sphère politique et s’en contenter, rien n’y fait. Autant lui demander de s’inscrire à la Ligue des droits de l’homme ou d’aller en randonnée initiatique avec le dalaï-lama.
Maintenant y a plus qu’à attendre que le cirque trumpiste fasse son œuvre. « Turban or no turban », telle est la question. Un calice que ce nouvel homme des cavernes devra boire jusqu’à l’hallali.
gabynasr@lorientlejour.com


Liban-Sud : six secouristes tués près de Tyr dans des raids israéliens
Hahahahaha... "l’hypercheikh affirme sans rire qu’il ne rendra jamais les armes,"... y se rendra au paradis avec un sacados plein de pétard...
21 h 08, le 10 janvier 2026