Comme il y a plus de trente ans au nom de la réhabilitation de l’électricité, et le manque de fuel, et les anciennes usines qui ne pouvaient point produire l’énergie, il fallait recourir aux générateurs et humilier les Libanais, puis il y a plus de sept ans avec la crise des banques, des liquidités et leur disparition, aujourd’hui et depuis l’été avec ce nouveau gouvernement on annonce encore une fois aux Libanais, au nom de la sécheresse, qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura plus d’eau, au moins dans les quelques années à venir.
Oui ministres, hauts fonctionnaires de l’Office des eaux, ou tout haut responsable vous chantent la même chanson, le même refrain. Au nom de la sécheresse, le changement climatique, la pollution de nos fleuves, le mélange des eaux usées avec l’eau potable, les tuyaux depuis l’indépendance jamais changés, le gaspillage, pas assez d’électricité pour faire fonctionner les usines ou pas assez de fuel pour les alimenter, l’augmentation de la population, tant d’arguments folkloriques pour dire aux Libanais que l’eau devient presque impossible alors au citoyen de se débrouiller.
Ici, comme d’habitude, le Libanais, qui refuse d’abord, s’habitue ensuite à plier l’échine devant le fait accompli et décide de recourir aux camions-citernes ou ce grand vol du siècle.
Vol car les puits artésiens super nombreux qui se trouvent dans la capitale et les banlieues sont la propriété de l’État, le camion-citerne vient donc pomper de sang-froid sans aucune permission de la municipalité ou de l’Office des eaux et vole cette eau gratuitement pour vous la vendre à des prix inabordables, sous le regard de nos dirigeants complices comme d’habitude de ce genre de crimes, et le Libanais impuissant, habitué aux humiliations, n’osant jamais protester voulant simplement essayer de vivre normalement, accepte tout.
Face à cette ou ces crises interminables, on dit que sans eau le désert n’est qu’une tombe. Non, Messieurs, le Liban n’est pas un désert sauf si on veut creuser notre tombe et accepter tout fait accompli sans oser lever notre voix. Vraiment triste.
Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

