Illustration L'Orient-Le Jour

Chère lectrice, cher lecteur,
Je lis un roman en ce moment, qui parle de la guerre civile au Liban - comme l’avant-dernier que j’ai lu et même celui d’avant. Cette fixette tient moins à mon envie de revivre encore et encore ces grandes dates que nombre d’entre nous ont fini par connaître par cœur, qu’au plaisir de suivre des écrivains à travers un Beyrouth que je ne connais pas.
L’autre jour, l’un d’entre eux m’a emmené au cinéma Rivoli, sur la place des Martyrs à Beyrouth. Nous avons regardé Ali Baba et les quarante voleurs de Jacques Becker, assis sur des sièges en velours rouge. Quelques semaines plus tard, c’est au Danny’s que j’ai fait la fête à Hamra, entourée d’intellectuels et de journalistes venus de l’étranger - comme si ce bar n’avait jamais fermé.
Il y a aussi le Horseshoe café, l'hôtel Princesse, le théâtre Piccadilly… Beaucoup de ces adresses resteront un doux souvenir pour ceux qui les fréquentaient, et un drôle de fantasme pour ceux qui n’étaient pas encore nés. Mais une poignée de ces lieux mythiques, comme le Grand Théâtre de Beyrouth ou Le Colisée, résistent encore au temps et se réinventent, plusieurs années après fermeture.
Nous vous en parlons d’ailleurs, entre autres articles, dans notre Weekender. Bonne lecture !
Julia


Le Colisée de Hamra rouvre ses portes : mémoire d’un cinéma, avenir d’un théâtre

Ceux qui l’ont connu se souviennent du rouge profond de ses murs et de ses sièges, des films d'art projetés sur son écran avant, avant que ses rideaux ne se ferment définitivement. D'autres se rappellent de cet endroit devenu refuge malgré lui pendant la guerre civile. Après des décennies d’oubli, et un destin contrarié, le Colisée de Hamra renaît sous l’impulsion de la Tiro Association for Arts. Retour sur son histoire et sur cette initiative, avec Nanette Ziadé-Ritter.

La libano-arménienne Valérie Kassardjian Danoux réveille, à Genève, les pâtisseries de son enfance

Tartes « Tout Choco », tartes pistache à la fleur d’oranger, tartes au goût de meghlé, rosaces mangue-passion... Dans sa cuisine à Genève, Valérie Kassardjian Danoux s'inspire de ses racines pour créer des pâtisseries sur-mesure à des clients très variés. Découvrez son parcours, avec Anne Ilcinkas.

La Mézéterie à Paris : dans l'assiette, « un goût d’été venu du Liban »

Le sol terrazzo, la poterie, les couleurs, les chaises traditionnelles, les moucharabieh... À la Mézéterie, tout a été pensé pour que Paris ressemble un peu au Liban le temps d'un repas. Installez-vous à table avec Joséphine Hobeika, à cette adresse qui fête, avec succès, son premier anniversaire.

Sous le feu des critiques d’ultraconservateurs, le danseur Alexandre Paulikevitch n’entend pas reculer

Danseur, activiste, électron libre : Alexandre Paulikevitch dérange. Son dernier spectacle, Cabaret Paulikevitch, fait grincer des dents les ultraconservateurs, avant même d'avoir commencé. Mais malgré les menaces et les pressions, l'artiste entend bien monter sur scène, plus déterminé que jamais. Nemtala Eddé revient sur cette controverse, loin d'être un fait rare dans le milieu de la culture.

Rachid el-Daïf : Des montagnes âpres du Nord-Liban aux forums littéraires du monde, le parcours autodidacte d’un orfèvre de l’écriture

Pouvant passer jusqu’à trois jours à trouver un seul mot, perfectionniste qui croit moins à l’inspiration qu’au travail, enfant de la montagne, ancien militant pour la cause palestinienne, l'écrivain Rachid el-Daïf est un homme multiple, aussi complexe que son écriture est simple. Nada Nassar Chaoul vous le présente.

De sex-symbols moqués à femmes célébrées : Deauville trinque à Pamela Anderson et Kim Novak

« Le glamour ne fait pas grève » sur la Côte fleurie. De la consécration de la star d’« Alerte à Malibu » devenue icône féministe aux frustrations politiques contenues, Karl Richa a arpenté le tapis rouge et les coulisses du 51e Festival du film américain à Deauville.

Le Liban, pays du sait-on jamais

« Chou awlak ? ». Gilles Khoury n'a quasiment entendu que ça durant son séjour au Liban. Si la traduction littérale de cette interrogation se résume à « qu’en penses-tu ? », sa définition libanaise contient bien plus que cela. « Chou awlak ? », c’est dis-moi que tu sais quelque chose que je ne sais pas et qui pourrait me rassurer. « Chou awlak ? », c’est aide-moi à déchiffrer cette nouvelle énigme, c’est éclaire-moi parce que je n’en peux plus que tout se décide dans notre dos. Et bien d'autres choses encore.

À Tripoli, la Palestine des années 1920 renaît en musique

Pour sa quatrième édition, le festival Rumman a transformé el-Mina en capsule temporelle. Entre images restaurées, mélodies en direct et résonances d’un cinéma endormi depuis les années 1990, l’événement a fait de la mémoire palestinienne une expérience sensible et partagée. Rayanne Tawil vous y emmène.

