Que vaut un pays s’il n’a même plus les moyens de survivre ? Après des décennies de coupures d’électricité, les générateurs de quartier ont pris le relais, pour de bon. Les prix ne cessent d’augmenter et le comble, c’est que la facture officielle d’EDL, elle aussi, devient galopante alors que l’électricité n’est assurée que deux heures par jour.
Même son de cloche pour l’eau : l’abonnement annuel à l’Office des eaux a presque doublé et l’eau ne coule que deux heures par jour pour les plus chanceux. Les citernes d’eau, grâce à un grand puits appartenant au secteur public mais exploité par de grands chapeaux dans la banlieue nord de Beyrouth, vous procurent cet or blanc, mais l’eau est sale cette fois.
Argent : faute d’un arrêt presque complet des banques et faute de liquidités, le génie libanais a encore une fois fait ses preuves. Grâce aux nombreuses succursales d’envoi d’argent instantané, il vous suffit d’envoyer le montant dont vous avez besoin par téléphone.
Devant ce sombre tableau, la rue risque de se révolter contre les salaires trop bas et les lois sur les loyers qui ne satisfont personne.
Enfin, la sécurité, avec les armes des milices, est devenue un véritable chantage. L’avenir du pays est en jeu. On parle de paix sous conditions et l’on menace d’arracher des territoires au nord et dans la Békaa pour instaurer la paix dans la région.
Face à cette situation, nos responsables politiques pourront-ils sortir le pays de l’impasse et le sauver ?
Espérons-le.
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