Rechercher
Rechercher

Finul, la finale


Heureusement que de temps à autre, un sujet réchauffé est jeté en pâture aux Libanais qui s’ennuient ferme, face à la danse du ventre du pouvoir devant le Parti des 4 ou 5 dernières barbes. Cette nouvelle gomme à mâcher, ils la doivent au Derviche tourneur de Moukhtara qui, une fois de plus, a envoyé paître la libanité affichée du moignon de Chebaa, déclenchant des cours de géographie accélérée dans les médias, où les politiciens invités ont tous viré cartographes.

Les fermes se trouvent-elles chez nous ou chez les frérots d’à côté ? Les Libanais doivent en perdre le sommeil à force de se poser la question. Frappés soudain d’amnésie, les Syriens qui, pendant une vingtaine d’années, nous ont rebattu les oreilles sur l’appartenance au Liban de ce bled bucolique ne se souviennent plus maintenant si effectivement il faisait partie du Golan. Un drapeau syrien ne flottait-il pas sur un commissariat de ce mouchoir de poche, au plus fort de la raclée mémorable de juin 1967 ? Et puis c’était tellement pratique après 2000 de sous-traiter une guerre auprès des barbus pendant que l’armée syrienne ramollie n’en finissait pas de goûter aux délices du pouvoir assadien…

Neuf Libanais sur 10 ne savaient même pas en ce temps qu’il existait, ce caillou. Et ils avaient bien tort, parce qu’ils en auraient appris des trucs. Comme par exemple les temps heureux des années 60 où le racket, la vendetta et le banditisme y opposaient les bouviers du coin. Évidemment, nos gouvernants de l’époque s’en tamponnaient les claouis. On pense bien qu’ils n’allaient pas se déranger pour des querelles de culs de vache…

Les Syriens, eux par contre, s’étaient dérangés. Mais ceux-là, on les connaît. Ne se déplacent jamais sans un minimum de ressources humaines : militaires, gendarmes, espions… Et aussi un minimum de matériel : commissariat en préfabriqué, kalaches en kit, potences pliantes… À chacun son larbin, les ploucs des hameaux étaient matés.

Puis voilà que les Israéliens se pointent pour le dessert après la guerre des Six-Jours. Ceux-là aussi on les connaît et ils ne font pas dans les nuances. Pour eux, Libanais ou Syriens, c’est du kif, alors ils décident de les amalgamer bien avant les mélanges migratoires. Ils reluquent le drapeau syrien flapi au-dessus du commissariat en carton-pâte et décrètent que le secteur est un appendice du Golan. Adieu hameaux, vaches, espions, bouviers…

Depuis, de l’eau polluée a coulé sous les ponts et un sujet chassant l’autre, c’est aujourd’hui le renouvellement du bail de la Finul qui fait tousser la Trumpette à la crinière jaune et Bibi le Nataniais. Si l’on note bien, les Nations unies ne réclament plus le déploiement de « l’armée libanaise » à la frontière, mais des « forces armées libanaises ». Une nuance toute en finesse dont on peut résumer le jargon : deux ou trois soldats de carrière, noyés parmi les divisions blindées de policiers municipaux, de gendarmes et d’agents de la circulation !

À force de bassiner la planète avec notre virgule de Chebaa, l’ONU va finir par nous envoyer sur les roses et troquer ses Casques bleus, dont le prestige a viré raclure, contre un quarteron d’observateurs en bérets bleus, pantoufles et monocles.

Ce sera cette fois pour de bon un plan Finul et non avenu.

gabynasr@lorientlejour.com

Heureusement que de temps à autre, un sujet réchauffé est jeté en pâture aux Libanais qui s’ennuient ferme, face à la danse du ventre du pouvoir devant le Parti des 4 ou 5 dernières barbes. Cette nouvelle gomme à mâcher, ils la doivent au Derviche tourneur de Moukhtara qui, une fois de plus, a envoyé paître la libanité affichée du moignon de Chebaa, déclenchant des cours de géographie accélérée dans les médias, où les politiciens invités ont tous viré cartographes.Les fermes se trouvent-elles chez nous ou chez les frérots d’à côté ? Les Libanais doivent en perdre le sommeil à force de se poser la question. Frappés soudain d’amnésie, les Syriens qui, pendant une vingtaine d’années, nous ont rebattu les oreilles sur l’appartenance au Liban de ce bled bucolique ne se souviennent plus maintenant si...
commentaires (7)

Chbéena des fermes de chébaa... allons nous sauvegarder cette Patrie ou sauvegarder des mémoires!?

Wlek Sanferlou

17 h 07, le 12 juillet 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (7)

  • Chbéena des fermes de chébaa... allons nous sauvegarder cette Patrie ou sauvegarder des mémoires!?

    Wlek Sanferlou

    17 h 07, le 12 juillet 2025

  • ""l’ONU va finir par nous envoyer sur les roses et troquer ses Casques bleus---"", C’est tout ce que j’ai retenu de la visite de Tom Barrack, l’ambassadeur de Donald Trump en Turquie, et qui n’était pas mandaté par l’ONU, Barrack, le énième Kissinger du pauvre, (le mot est de vous, il y a une quarantaine d’années). Il a clairement dit, débrouillez-vous, devant la mine réjouissante de la classe politique. On le sait déjà, Les accords de paix sont provisoires, et si l’administration américaine réussit à réunir le Congolais et le Rwandais (fin juin), elle ne parvient pas à pacifier le sud…

    nabil

    10 h 11, le 11 juillet 2025

  • ""Si l’on note bien, les Nations unies ne réclament plus le déploiement de « l’armée libanaise » à la frontière, mais des « forces armées libanaises »."" La nuance est importante. Des forces armées, dont par impossible une future brigade issue du Hezb. Le maintien de l’ordre au sud coûte cher, me dit-on. Alors au choix : soit tout le Liban est sous un commandement de l’ONU, et les casques bleus règlent même la circulation, soit tout l’argent versé revient à l’armée pour assumer sa mission. Ce qui coûte cher, ce n’est pas l’argent, mais le courage politique pour faire le pari de la paix.

    nabil

    09 h 46, le 11 juillet 2025

  • Et si cet état libanais s’occuper déjà des usurpateurs armés de notre pays entier et qui sont au service des mollahs, avant de se positionner en état menaçant pour récupérer un lopin de terre dont personne ne sait à qui il appartient? Ils sont incapables de récupérer la souveraineté de notre pays face à des vassaux qui aboient mais n’ont plus de dents pour mordre et jouent aux gouvernants forts qui se contentent de pleurer auprès des autres pays pour qu’ils fassent le job à leur place et nous vendre leur héroïsme feint à coups de déclarations rassurantes et de promesses farfelues jamais tenues

    Sissi zayyat

    09 h 44, le 11 juillet 2025

  • Voici, résumée en quelques mots, qui valent les centaines d’articles qui lui ont été consacrés, l’affaire des Fermes de Chebaa. Et si le ton de la blague s’avère le plus juste, c’est. au fond, que toute cette histoire n’est qu’une immense farce.

    Yves Prevost

    07 h 53, le 11 juillet 2025

  • Superbe les potences pliantes. Si les casques bleus partent, la nature dit-on n’aime pas le vide. On devine un peu qui va occuper ce vide.

    Goraieb Nada

    07 h 00, le 11 juillet 2025

  • "" quarteron d’observateurs en bérets bleus, pantoufles et monocles"" et quelle autre description donner a la finul d'aujourd'hui sauf le ci-haut ?

    L’acidulé

    06 h 35, le 11 juillet 2025

Retour en haut