Au début d’un nouveau jour prometteur, le 9 mai 1932, les autorités mandataires avaient accepté, sous le leadership de Charles Debbas, de mettre fin à la continuité de la transition, de dissoudre le Conseil des ministres et le Parlement, afin de permettre aux Libanais de choisir leur Parlement et différents ministres.
Cependant, le mandat de Debbas, considéré à l’époque comme réformateur, débuta à la place du Bourj désert, avec des voix si hautes venant de commissionnaires travaillant pour quelques responsables inconnus qui souhaitaient devenir députés ou être admis comme hauts responsables dans la municipalité, criant ainsi sans aucun remords : « Cinquante livres libanaises qui en veut pour voter ? »
Quatre-vingt-treize ans plus tard, en 2025, l’histoire se reproduit. La place du Bourj est encore vide. Les partis politiques de différentes tendances confondues, qui ne sont jamais parvenus à un accord sur aucun candidat commun, ont décidé et à la dernière minute de constituer une liste avec des personnes inconnues ou intruses pour le futur conseil municipal libanais formé de 12 musulmans et de 12 chrétiens.
Ces alliances ont surpris les Beyrouthins, en particulier ceux qui n’ont pas encore oublié cette journée noire où des motards avaient envahi Gemmayzé et auraient pu déclencher une guerre civile en défiant ainsi toute une communauté.
Et si, effectivement, vous continuez à vous interroger sur la raison pour laquelle le vote de la capitale a été à son plus bas niveau, c’est parce que la représentation de chaque confession a été trahie, démontrant ainsi de l’arrogance et même du mensonge. L’histoire n’accordera aucun pardon.
En 1932, le conseil municipal avait construit deux usines pour traiter les déchets de 90 tonnes à l’époque, ainsi que le premier abattoir de la région. De plus, l’éclairage de la place Bourj attirait les touristes.
Aujourd’hui, le défi est immense et malgré vos divergences, nous espérons que vous oublierez pour une fois la politique afin de redonner à notre capitale ce paysage vert, de chasser les fantômes du centre-ville et d’assurer au minimum l’eau et l’électricité pour cette capitale qui est sujette à la pollution.
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