Encore plus dramatique que la guerre, voici venu le temps des vaudevilles locaux sur ce que Balzac appelait « l’envers de l’histoire contemporaine ». D’un côté, une population meurtrie de plus d’un million jetée sur les chemins de l’exode, démunie, sans abri aux portes de l’hiver, avec pour seule source d’espoir les communiqués officiels lâchés en jets prostatiques par des ministres qui assurent le minimum syndical… De l’autre, l’inévitable cinéma des excités du cru, qui abandonnent bobonne et les gamins pour célébrer à coups de feu d’artifice la palanquée de missiles iraniens par-dessus la tête à Bibi. Tous chauffés à blanc par le turban n° 2 du Hezbollah, terré dans son armoire et appelant à marcher dans les pas de son ex-patron. Ce dernier les avait amenés au bord du gouffre, avec celui-là, ils feront un grand pas en avant.
À l’autre bout du spectre, comme à chaque fois qu’une composante nationale se fait déglinguer, d’autres ahuris qui n’en ont rien à braire jouent les stockeurs fous et se ruent sur les supermarchés. Viande, riz, sucre ? Que dalle ! Chips et bière plutôt… pour mater en famille la boucherie à la télé. De fait, les chaînes locales ne lésinent pas sur le raisin rouge, saupoudré de bulletins de victoire en langue de bois hachée en petites sciures. À compter le nombre de macchabées ayant morflé par-delà la frontière sud annoncés à l’antenne, on se demande s’il arrive parfois aux Israéliens de tirer un peu.
Et comme si tout ce folklore ne suffisait pas, faut en plus se farcir le jus de crâne télévisé des « spécialistes ». Tous réussissent à ne pratiquement rien dire, tout en faisant croire qu’ils en disent beaucoup. Alors ils te racontent comment les stratégies militaires ont évolué, qu’à défaut de tapis rouge pour les accueillir, les Hébreux ont dû dérouler le tapis de bombes, que les frappes chirurgicales alternent désormais avec les frappes humanitaires : l’ennemi cogne d’abord, l’ONU donne à bouffer ensuite. Une poésie à l’équilibre bien balancé…
Orphelin inconsolable, le Baron de Aïn el-Tiné pleure entre-temps son ex-mentor disparu. À eux deux, ils ont tant et si bien bossé durant ces 30 dernières années, qu’ils ont fini par engloutir tout ce qui pousse entre le Sud et la Békaa. Provoquant d’ailleurs une crise d’urticaire chez le Basileus orangé et Mikou-les-miquettes, qui rêvaient d’en faire autant chez les tribus chrétiennes et sunnites.
Vitrifié par les barbes débroussaillées au fur et à mesure des rasages israéliens, le Sortant insortable du Sérail, lui, n’a plus que cette vieille carne de Bou Habib et le Derviche tourneur de Moukhtara sur lesquels s’appuyer pour glapir au cessez-le-feu. Ensuite, promis juré, suivra le défilé des roitelets locaux pour la présidentielle. Leur moyenne d’âge va généralement bien au-delà des 60 balais. Une classe politique génétiquement momifiée, aux dentiers vibrant au rythme des vociférations publiques. Bref, une véritable maison de retraite. Pire, le musée de l’Homme !
Ceux qui hier encore voulaient engager le bras de fer avec leurs opposants, désormais les fuient. Comme le temps passe ! Adieu les croisades, bonjour les bras croisés.
gabynasr@lorientlejour.com


Liban-Sud : six secouristes tués près de Tyr dans des raids israéliens
Tous ces bons à rien qui continuent de se réunir pour savoir quelle attitude adopter et quelles alliances contre nature réussir pour être toujours là le jour d’après, lorsque les milliards commenceraient à tomber pour les aides qui pleuvraient suite à la destruction de notre pays voulu et consenti par eux. Les caisses étant à sec et les tiroirs raclés, ils n’avaient d’autres choix que d’encourager cette guerres pour se renflouer. Les aides dont les libanais ne verront que les chiffres qui s’affichent sur leurs écrans, vu que que ces mafieux ont déjà préparé les comptes offshores pour les plan
11 h 06, le 04 octobre 2024