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Société - Libertés

Le Liban honore ses martyrs de la presse

Le 6 mai 1916, le général ottoman Ahmad Jamal Pacha avait exécuté six nationalistes et 11 journalistes après le soulèvement de Beyrouth contre son pouvoir.

Le Liban honore ses martyrs de la presse

Le "poing de la révolution" installé à nouveau sur la place des Martyrs, le 17 octobre 2022 à Beyrouth. Crédit OLJ / Photo Joao Sousa

Le Liban célèbre ce lundi 6 mai la Journée des Martyrs de la presse, commémorant les journalistes qui ont sacrifié leur vie pour la liberté d'expression. L'occasion, comme chaque année, pour la Fédération des journalistes arabes et l’Ordre de la presse libanaise d'honorer ces martyrs, par le dépôt d'une couronne de laurier au pied de la statue des martyrs. Cette journée succède à la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, adoptée par les Nations unies en 1993. 

La date du 6 mai n'a pas été choisie par hasard. Au contraire, elle marque un moment crucial dans l'histoire du Liban : l'exécution en 1916 de six nationalistes et 11 journalistes par le général ottoman Ahmad Jamal Pacha, surnommé « le Boucher », après le soulèvement de Beyrouth contre son pouvoir. Parmi les journalistes célèbres qui ont péri ce jour-là, l'on compte le propriétaire du journal al-Islah, le cheikh Ahmad Hassan Tabara ; le propriétaire d’al-Bayraq, Saïd Fadel Akl ; le poète et éditeur pour divers journaux Omar Hamad ; le propriétaire d’al-Mufid, Abdul Ghani Al-Arissi ; le rédacteur en chef du journal beyrouthin al-Monitor, Patro Pauli ; et le collaborateur du journal syrien al-Muqtasib, Georgi Haddad.

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Cette place, alors dite de « l'Union », au centre de Beyrouth sera rebaptisée en 1931 « place des Martyrs » en hommage à ces premiers défenseurs de la liberté de presse exécutés pour avoir exprimé leur opposition au régime autoritaire ottoman. C'est finalement le journaliste chiite Riad Taha, président de l’Ordre de la presse du Liban de 1967 à sa mort en 1980, qui institua le 6 mai comme Journée des martyrs de la presse. Lui-même sera tué lors d'un criblage de tirs contre sa voiture, en pleine guerre civile au Liban. Un assassinat qui sera attribué aux renseignements syriens.

Une commémoration des « martyrs » d’aujourd’hui

De l'Empire ottoman, à l’indépendance, puis la guerre civile, nombreux sont les journalistes libanais tombés au nom de la liberté d’expression et de la démocratie. « L'histoire de la presse libanaise est inséparable de l'histoire du Liban, et sa presse a toujours été un phare de la liberté au Moyen-Orient et l'est encore », a souligné dans un communiqué publié par l'Agence nationale officielle (ANI) le député et président de la commission des Droits de l'Homme, Michel Moussa. 

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Le député a également rappelé le contexte actuel de guerre à Gaza et au Liban-Sud où, selon le dernier décompte du Comité de protection des journalistes (CPJ) publié le 6 décembre 2023, au moins 63 reporters et employés des médias - 56 Palestiniens, quatre Israéliens et trois Libanais - ont été tués depuis le 7 octobre « parce que l'occupation (israélienne, Ndlr) a peur du pouvoir de la vérité et du témoignage libre de ses crimes », a-t-il commenté.

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Au Liban-Sud, le 13 octobre dernier, l'armée israélienne avait attaqué une zone où se trouvaient des journalistes, tuant Issam Abdallah, vidéaste de l'agence Reuters, et blessant grièvement Christina Assi, journaliste de l'AFP, ainsi que d'autres reporters. Deux autres journalistes de la chaîne al-Mayadeen (proche du Hezbollah), Farah Omar et Rabih Maamari, ont également été tués par Israël fin novembre.  

Un groupe de journalistes couvrant le front au Liban-Sud pour des médias locaux et arabes s'est réuni à Marjeyoun pour rendre hommage aux journalistes tués dans des frappes israéliennes, rapporte notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah.

Un groupe de journalistes réunis à Marjeyoun, au Liban-Sud, pour commémorer la mort de journalistes tués par Israël, le 6 mai 2024. Photo envoyée par notre correspondant Mountasser Abdallah

Les quelques journalistes présents ont commémoré la mort de Issam Abdallah, Farah Omar et Rabih Me'mari, lors d'une minute de silence. « L'impunité persistante d'Israël doit cesser », ont-ils déclaré, insistant sur « la nécessité de continuer à couvrir et à rapporter les réalités quotidiennes du Sud ». 

Le Liban célèbre ce lundi 6 mai la Journée des Martyrs de la presse, commémorant les journalistes qui ont sacrifié leur vie pour la liberté d'expression. L'occasion, comme chaque année, pour la Fédération des journalistes arabes et l’Ordre de la presse libanaise d'honorer ces martyrs, par le dépôt d'une couronne de laurier au pied de la statue des martyrs. Cette journée succède à...
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