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Nos Lecteurs ont la Parole

Le non du Liban à la guerre, le oui à l’indépendance politique et à la souveraineté nationale

Il fallait être novice avec Israël pour ignorer que la réponse à l’incursion du Hamas en territoires occupés allait être criminelle et génocidaire ! Aujourd’hui, pendant que la population gazaouie se fait exterminer par Israël alors que le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh est réfugié dans la sécurité de l’exil, les Libanais attendent le cœur battant la décision de la milice chiite, dont le chef Hassan Nasrallah vit caché à l’abri, de s’impliquer ou non dans la guerre du Hamas contre Israël.

Le Liban a pourtant déjà payé assez cher, du fait de la signature des accords du Caire de 1969, le tribut de la cause palestinienne. En dépit de cela, encore aujourd’hui, le peuple libanais retient son souffle. Il entend ici et là parler d’unité des fronts ; du fait de cette échéance cruciale, l’alliance du Hezbollah avec le Hamas ne se limiterait plus à de simples visites bilatérales « de courtoisie » et à de braises mortelles allumées à bon escient dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban.

Seulement, nous sommes nombreux Libanaises et Libanais à refuser d’être les otages des armes du Hezbollah et de continuer à assister impuissants à l’hypothèque de nos vies par l’agenda politique iranien dont le Hezbollah dépend organiquement.

Nous sommes nombreuses et nombreux à appeler depuis des années à l’application des résolutions onusiennes notamment la 1559 et la 1701. La résolution 1559 « demande que toutes les milices libanaises et non libanaises soient dissoutes et désarmées » et « que soient strictement respectées la souveraineté, l’intégrité territoriale, l’unité et l’indépendance politique du Liban, placé sous l’autorité exclusive du gouvernement libanais s’exerçant sur l’ensemble du territoire libanais » (Nations unies, 2004).

La résolution 1701 de 2006 lance « un appel en faveur d’une cessation totale des hostilités fondée, en particulier, sur la cessation immédiate par le Hezbollah de toutes les attaques et la cessation immédiate par Israël de toutes les offensives militaires » et demande « au gouvernement libanais et à la Finul(…) de déployer leurs forces ensemble dans tout le Sud » (Nations unies, 2006).

Que faut-il donc au Premier ministre libanais pour agir en homme d’État et exiger la neutralité du Liban par rapport au conflit armé régional ? Au lieu de faire aveu d’impuissance, de se contenter d’établir un plan d’urgence tout en serrant les mains aux commandants et officiers de la Finul, que lui faut-il pour demander officiellement de dissocier le Liban – pour le préserver – de l’aile armée du Hezbollah en exigeant la mise en place et l’application des résolutions onusiennes, notamment la 1559 ?

Pour nous libanais qui ne préconisons pas le culte du martyre, nous refusons d’être victimes d’un traumatisme de plus, de vivre avec la peur au ventre, dans l’anticipation anxieuse d’une frappe israélienne, dans la frayeur de voir notre aéroport bombardé, donc de nous savoir coupé du monde, de devoir dire une fois de plus au revoir à des ami(e)s et d’être terrorisés à l’idée de perdre encore des membres de nos familles.

Au gouvernement libanais actuel qui, à l’instar de tous les gouvernements qui l’ont précédé, tergiverse encore sur la question des armes du Hezbollah, nous exigeons que notre droit à la vie et à la sécurité de nos personnes soit respecté. Si l’État libanais, ainsi que les partis et députés de « l’opposition », ne prennent pas officiellement position quant à cet enjeu de poids tout en œuvrant sérieusement à la mise en application de la 1559 et 1701, qu’ils soient avisés : ils portent d’ores et déjà l’entière responsabilité des conséquences inhumaines drastiques, physiques et mentales que risque de générer le basculement du Liban dans une guerre interposée, une guerre dont il ne veut pas.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Il fallait être novice avec Israël pour ignorer que la réponse à l’incursion du Hamas en territoires occupés allait être criminelle et génocidaire ! Aujourd’hui, pendant que la population gazaouie se fait exterminer par Israël alors que le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh est réfugié dans la sécurité de l’exil, les Libanais attendent le cœur battant la décision de la milice...

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