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Politique - Liban-Sud

Cessez-le-feu précaire à Aïn el-Héloué, le bilan atteint 11 morts

Douze personnes ont été hospitalisées lundi matin, et une quarantaine ont été blessées au total selon l'Unrwa.

Cessez-le-feu précaire à Aïn el-Héloué, le bilan atteint 11 morts

Les dégâts dans le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Heloué, le 31 juillet 2023. Capture d'écran d'une vidéo fournie par notre correspondant Mountasser Abdallah

Après trois jours d'affrontements meurtriers entre groupes rivaux dans le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, près de Saïda, un cessez-le-feu a été décidé lundi, rapporte notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah. Pour autant, les combats n'ont pas cessé. Depuis le début de ces accrochages samedi, onze personnes ont été tuées et une quarantaine d'autres ont été blessées, selon le bilan de l'Unrwa, l'agence de l'ONU chargée des réfugiés palestiniens.

Les affrontements opposent des membres du mouvement nationaliste Fateh à des groupes islamistes. Ils ont lieu près de deux mois après des violences similaires, suite au meurtre d'un membre du Fateh dans le même camp.

Lundi, des coups de feu et des tirs de roquettes continuaient de retentir dans le camp, et de la fumée s'élevait au-dessus des bâtiments à son entrée nord.

Selon une source médicale, douze personnes ont été hospitalisées lundi dans le camp.Une personne a également été légèrement blessée par une balle perdue dans le quartier d'el-Qayaa, à Saïda, selon des habitants. Une source du Fateh a indiqué, de son côté, que ce mouvement et les forces de sécurité palestiniennes s'attaquent "avec force aux sources des tirs et resserrent l'étau sur les groupes extrémistes". "Ces groupes ont pris des habitations de civils comme bases pour tirer leurs projectiles", a accusé la source.

Mesures de sécurité

L'armée libanaise a mis en place de strictes mesures de sécurité et a fermé toutes les entrées du camp, selon une source sécuritaire. Les forces de sécurité ont, elles, bloqué la circulation à l'entrée sud de la ville en raison des balles perdues, ainsi qu'à l'entrée nord sur l'autoroute près de la mosquée Hariri. Le trafic a été redirigé vers la route côtière pour les automobilistes en provenance de Beyrouth et du Sud.

Entretien express

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En outre, des réfugiés qui avaient trouvé refuge dans la mosquée el-Mosalli, proche du camp, ont été transférés dans des écoles de l'Unrwa à Saïda après l'intensification des combats, par peur que des débris ou balles perdues retombent sur la mosquée.

Pour assurer la sécurité à Saïda, les écoles et le Sérail n'ont pas ouvert en ce début de semaine, la circulation est à l'arrêt dans les rues et l'Unrwa a annoncé dimanche soir avoir suspendu tous ses services dans le camp.

Cessez-le-feu

Notre correspondant indique que dans l'après-midi, une réunion s'est tenue entre des dirigeants palestiniens et libanais avec le député Oussama Saad, suite à laquelle un cessez-le-feu a été décidé d'un commun accord. La formation d'une commission d'enquête a été décidée, ainsi que le fait de livrer les tueurs à l'État libanais. Ces mesures avaient été précédemment annoncées dans un communiqué des "forces islamiques palestiniennes" dans le camp. Pour autant, la situation ne semble pas s'être calmée sur le terrain et des détonations de tirs de roquettes pouvaient toujours être entendues après l'annonce.

Lundi, le Fateh a nommé Abou Ayad Chaalane en tant que nouveau chef de la Sécurité nationale palestinienne dans la région de Saïda. Chaalane remplace Abou Achraf el-Armouche, qui a été tué dimanche au cours des affrontements.

Dans un communiqué, le Hamas a de son côté condamné les combats et appelé au dialogue "pour préserver la paix civile et épargner le sang du peuple palestinien".

Les factions islamistes stationnées dans le quartier de Safsaf se battaient initialement contre les factions du mouvement Fateh stationnées dans le quartier d'al-Baraksat, à l'entrée nord du camp, mais les affrontements se sont intensifiés et se sont étendus à l'ensemble du camp, des balles perdues atteignant également les quartiers voisins de Saïda. Selon une source médicale officielle, qui a préféré garder l'anonymat, le nombre total de blessés transportés dans un hôpital s'élevait à 40 en début de soirée dimanche, tandis que 30 personnes étaient soignées sur le terrain.

À l'intérieur du camp, les affrontements ont provoqué des dégâts matériels et l'incendie d'une douzaine d'habitations et de commerces. Des balles perdues ont également provoqué des dégâts matériels dans la ville de Saïda tout au long du week-end.

Réactions politiques

Au cours d'une réunion du Conseil des ministres lundi après-midi, le Premier ministre sortant Nagib Mikati a déclaré qu'il suivait la situation à Saïda avec l'armée et les forces de sécurité et qu'il espérait que les affrontements cesseraient prochainement. "Nous n'acceptons pas que le Liban soit utilisé pour régler des comptes sur des questions extérieures à ses dépens, et dans ce cas au dépens des habitants de Saïda", a-t-il ajouté. M. Mikati a assuré que l'armée "fait son devoir pour résoudre cette question", refusant que le camp "échappe au contrôle de l'Etat". "Tous ceux qui résident sur le sol libanais doivent respecter la souveraineté et les lois libanaises", a-t-il dit.

Le leader des Kataëb Sami Gemayel a, lui, appelé au désarmement des camps palestiniens, "ce qui nécessite une action forte" selon lui. Cette déclaration faisait suite à une réunion avec l'ambassadrice des États-Unis au Liban, Dorothy Shea. M. Gemayel a ajouté qu'"il ne devrait y avoir aucune arme illégale" au Liban.

Et le député Abderrahmane Bizri a déclaré lundi à radio La Voix du Liban que "ce qui se passe [dans le camp] est le résultat du laxisme en matière de sécurité dans les environs du camp dans le passé, permettant à certains éléments problématiques d'entrer dans le camp". Il a ajouté que "la plupart des forces et des acteurs de la région sont en contact avec les forces de sécurité, l'armée et le gouvernement depuis hier pour trouver une formule qui permettrait aux factions impliquées dans ces affrontements de cesser le feu, car la solution est avant tout politique".

De son côté, le cheikh Abdellatif Deriane, mufti de la République et plus haute autorité sunnite du pays, a déclaré lundi "selon la Charia, les combats entre frères sont interdits, quelle qu'en soit la raison". Le mufti Deriane a ajouté que la sécurité des personnes doit être préservée et que "notre cause est et sera toujours la Palestine, Jérusalem et son peuple". Il a également contacté Achraf Dabbour pour lui faire part de son soutien à l'unité palestinienne, et a appelé à mettre fin aux affrontements "qui ne profitent qu'à Israël".

Les affrontements entre groupes rivaux sont fréquents à Aïn el-Heloué, qui abrite plus de 60.000 réfugiés palestiniens enregistrés selon des chiffres de l'Unrwa datant de mars 2023. Le camp, densément peuplé, est régulièrement le théâtre de fusillades et d'affrontements, soit en raison de différends personnels, soit à cause des tensions entre les différentes factions palestiniennes.

Après trois jours d'affrontements meurtriers entre groupes rivaux dans le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, près de Saïda, un cessez-le-feu a été décidé lundi, rapporte notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah. Pour autant, les combats n'ont pas cessé. Depuis le début de ces accrochages samedi, onze personnes ont été tuées et une quarantaine d'autres...
commentaires (5)

Un cessez le feu instauré par qui et pourquoi? Quel dommage.

Sissi zayyat

21 h 16, le 31 juillet 2023

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Commentaires (5)

  • Un cessez le feu instauré par qui et pourquoi? Quel dommage.

    Sissi zayyat

    21 h 16, le 31 juillet 2023

  • Où est le problème? Les sidoniens devraient ouvrir leurs maisons à leur frères palestiniens et les accueillir chez eux ‘temporairement’ en attendant des jours meilleurs…

    Mago1

    16 h 58, le 31 juillet 2023

  • Je viens d'entendre Mustapha Saad, il est manifestement resté bloqué dans une bulle spatio-temporel datée 1982...

    IBN KHALDOUN

    16 h 13, le 31 juillet 2023

  • Il faut arrêter ces affrontements immédiatement! L’armée libanaise doit désarmer tous les camps.

    K1000

    15 h 15, le 31 juillet 2023

  • Il n’y a qu’au Liban que les réfugiés sont armés. Les mercenaires aussi alors à quoi faut il s’attendre?

    Sissi zayyat

    11 h 26, le 31 juillet 2023

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