Après plusieurs heures de négociations, un déposant et son épouse ont trouvé un accord avec leur banque après l'avoir braquée vendredi à Hammana (Mont-Liban), indique à L'Orient-Le Jour l'avocat Rami Olleik, membre du collectif Mouttahidoun. Le déposant Hani Andari, armé, et son épouse Ihsan Ajami réclamaient par la force leur épargne de plus de 40.000 dollars, selon une publication du collectif.
Mouttahidoun indique que le député Hadi Abou el-Hosn du Parti socialiste progressiste (PSP, de Walid Joumblatt) a promis au couple que leur épargne "leur serait restituée progressivement à partir de lundi prochain". Hani Andari s'est livré et a laissé son arme aux forces de sécurité, son épouse s'est également livrée. "Ils ont été transférés à un commissariat de Hammana dans le calme et avec respect", indique le collectif, ajoutant qu'ils étaient accompagnés d'avocats de Mouttahidoun représentant le couple de déposants. La police les a laissé partir par la suite.
Selon M. Olleik, le déposant était armé d'un pistolet à balles réelles et a "déjà tiré deux fois en l'air" lorsqu'il a fait irruption dans la banque. "Il réclame la somme de 40.000 dollars pour subvenir à une urgence médicale dans sa famille. J'ai essayé de le raisonner, mais il a mis le pistolet sur sa tempe, menaçant de se tirer une balle si ses revendications ne sont pas satisfaites", a-t-il ajouté. "Hani Andari est très nerveux", avait insisté Me Olleik. "Les employés de la banque ont refusé de sortir de l'établissement, en guise de solidarité avec ce déposant", a-t-il ajouté.
"Un haut gradé de l'armée est intervenu pour tenter de résoudre le problème. Il est entré dans la banque accompagné d'un soldat et a essayé de négocier avec le déposant qui a refusé toute discussion".
Par ailleurs, Zahi Jaffal, directeur du Crédit libanais à Nabatiyé, avait démenti à notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah, des informations selon lesquelles cette branche a été braquée vendredi par un déposant. D'autres rumeurs concernant un braquage de la banque Libano-Suisse à Tyr par un homme muni d'un engin explosif ont été démenties par un témoin oculaire cité par notre correspondant.
Jeudi, deux déposants ont pris d'assaut la Banque Byblos à Sin el-Fil, à l'est de Beyrouth, mais sans résultat. Deux jours plus tôt, deux autres clients, dont l'un était armé d'une grenade, ont récupéré une partie de leurs économies dans une agence de la BBAC à Bent Jbeil, au Liban-Sud, et dans une agence du Crédit libanais à Chhim, dans le Chouf. Lundi, un déposant, accompagné de son fils de 13 ans, a réussi à reprendre son épargne de 15.000 dollars après avoir attaqué une branche de la banque Al-Mawarid à Antélias, sur la côte du Metn. La semaine dernière, un déposant âgé d’une soixantaine d’années avait obtenu la totalité de son épargne de 6.500 dollars après avoir observé un court sit-in à la branche de la banque Misr Liban dans le centre-ville de Beyrouth.
Suite à cette série de braquages, l'Association des Banques au Liban (ABL) a annoncé jeudi que les banques rétabliront les "mesures préventives strictes" à partir de vendredi. Les banques de Saïda, Nabatiyé et Tyr se sont conformées à ces directives vendredi, gardant leurs portes fermées et ne recevant les clients que sur rendez-vous, selon notre correspondant.
Les banques imposent des restrictions illégales à leurs clients depuis le début de la crise économique au Liban en 2019, limitant les retraits et les transferts. Ces derniers mois, le pays a connu une vague de braquages au cours desquels des déposants, parfois armés, ont fait irruption dans des agences bancaires pour réclamer leurs propres fonds.
Je reviens sur le braquage. Toutes menaces avec des armes est un acte terroriste. Il est préférable de faire venir nombreux des parents et des amis pour bloquer toutes sorties d’une banque assiégée, pas de nourritures ni eaux ou boissons le premier jour du siège, le deuxième jour, une bouteille d’au d’un litre par personne et un sandwich à midi et le soir. Le deuxième jour, une bouteille d’eau d’un demi litre et un seul sandwich à midi. Le troisième jour, une bouteille d’eau de 33 centilitres et la moitié d’un sandwich par personne ´ et le quatrième jour, rien du tout, mais pour cela, il faudra que la sécurité en reconnaissant votre manifestation de pacifique et d’ultime recours de récupérer vos dépôts ne doivent jamais vous déloger, car vous êtes le peuple, un peuple qui élit ces députés éhontés. Donc de grâce, pas d’armes à feu, et si les députés, les ministres, l’assemblée ou le sérail demande a l’armée et à la gendarmerie de vous déloger, alors il faudrait que ces derniers aient le courage de refuser d’obtempérer, parce que votre manifestation est pacifique et juste. Donc s’il vous plaît, pas d’armes, et surtout n’acceptez pas à vos côtés des provocateurs et des casseurs. Et comme cela s’est déjà passé, pas de suicide non plus. Et si par malheur, les gendarmes et les militaires emploient la force et les gars lacrymogènes, à vous de voir comment procéder. Bonne chance.
13 h 35, le 22 juillet 2023