Le mois de novembre sera désormais, chaque année, désigné au Canada comme le « Mois du patrimoine libanais », en vertu d'une loi approuvée le 14 juin par la Chambre des communes, à l’unanimité, et ayant reçu, le 20 juin, la sanction royale, à savoir la dernière étape que doit franchir une législation avant d'entrer en vigueur.
Le projet avait été introduit en avril dernier par la sénatrice Jane Cordy et soutenu à la Chambre des communes par la députée libano-canadienne Léna Metlege Diab. Il vise à « reconnaître, et surtout célébrer, l’inestimable contribution des Canadiens d’origine libanaise sur les plans social, économique, culturel, religieux, militaire, philanthropique et encore politique à l’édification de la société canadienne d’hier et d’aujourd’hui ».
La célébration du « Mois du patrimoine libanais » encouragera ainsi les Canadiens d’origine libanaise à « promouvoir leur culture et leurs traditions et à les faire découvrir aux autres Canadiens », selon la loi. La fête de l'Indépendance du Liban est célébrée le 22 novembre de chaque année.
Figures historiques
Lors de la seconde lecture de la loi, Mme Diab, dont les parents étaient des immigrants de première génération venus au Canada depuis le village de Dimane, au Liban-Nord, a pris la parole, rendant hommage à plusieurs figures historiques libano-canadiennes, comme William Haddad, « un fils de commerçant qui est devenu l'un des premiers juges arabes du Canada », ou le lieutenant Edward Francis Arab, qui « a donné sa vie pour le Canada » et est décédé lors de la bataille de l'Escaut, en 1944, pendant la Seconde Guerre mondiale.
Elle a également cité des sportifs, artistes et diplomates libano-canadiens, et relevé que de nombreux « universitaires et défenseurs des droits » canadiens sont d'origine libanaise, ainsi que des « dirigeants de tous les paliers de gouvernement et de tous les partis politiques, y compris d'anciens sénateurs et d'anciens députés ».
Affirmant que « les Canadiens d'origine libanaise sont très présents dans notre pays depuis la fin du XIXe siècle », Mme Diab a rappelé qu'Affaires mondiales Canada (Global Affairs), un site officiel, « estime que la communauté libanaise au Canada compte entre 200 000 et 400 000 personnes et qu'entre 40 000 et 75 000 Canadiens vivent au Liban ».
D'après le site du gouvernement canadien sur le patrimoine des communautés asiatiques établies dans le pays, en 2001, les personnes d'origine libanaise au Canada étaient « le 6e groupe ethnique non européen le plus important du pays et vivaient principalement en Ontario et au Québec ». Le site fait également état de communautés libanaises importantes établies dans le « Canada atlantique, notamment en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick ».
Oubli ou perte du patrimoine
« D'après mon expérience, il y en a malheureusement beaucoup qui ont oublié ou perdu leur patrimoine libanais, ou même parfois qui l'ont supprimé. Cela m'émeut parce que je l'ai vu. J'ai eu des conversations avec ces personnes. C'est en partie pour cela que cette désignation est si importante pour tant de gens », a ajouté Mme Diab.
Le site officiel du gouvernement souligne que le Canada accueille les immigrants d'origine libanaise depuis les années 1880. « Il est généralement admis que le premier immigrant d'origine arabe au Canada était un Libanais du nom d’Ibrahim Abou Nader, venu en 1882 de la ville de Zahlé, alors située dans la moutassarifat du Mont-Liban, un territoire autonome de l’Empire ottoman », qui s'était installé à Montréal. Le flux migratoire s'est ensuite intensifié pendant la guerre civile libanaise (1975-1990), avant qu'il ne se transforme en mouvements d'immigrants économiques et d'universitaires après le conflit.
Érigée au niveau national en juin 2023, la reconnaissance du mois de novembre comme étant le « Mois du patrimoine libanais » au Canada était déjà effective à un niveau plus régional notamment dans les provinces de Nouvelle-Écosse, depuis 2018 ou encore de l'Ontario.
Les canadiens ont su choisir leurs immigrés d’où la réussite de leur pari misé sur l’intégration des immigrants et immigrés choisis et en particulier des libanais. D’autres pays essaient de suivre leur exemple alors qu’ils n’ont eu de cesse de les critiquer. On espère que ça ne soit pas trop tard pour eux qui ont eu des migrants à la louche pour une question de démographie en souffrance ou par manque de moyens de contrôler les flux incessants. Les libanais civilisés qui immigrent ont la réputation d’un peuple facile à intégrer et à haut potentiel pour participer à l’édification de la société du pays accueillant, qui qu’il soit. Je ne parle pas de la racaille qui part en mission de mercenaires, payés pour semer le désordre et salir au passage notre réputation, ceux-là sont les mêmes où qu’ils se trouvent.
16 h 03, le 28 juin 2023