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Société - Liban

Tirs, sit-in devant la BDL et actions dans des banques : la colère bout contre les restrictions bancaires

Des déposants "prêts à brûler" les domiciles des propriétaires de banques, prévient un collectif.

Tirs, sit-in devant la BDL et actions dans des banques : la colère bout contre les restrictions bancaires

Des policiers montant la garde devant le siège de la BDL à Beyrouth, le 5 octobre 2022. Photo JOSEPH EID / AFP

La colère continuait de bouillir mercredi au Liban contre les restrictions imposées par les banques : de nouvelles actions ont ainsi été menées par des épargnants, dont la députée Cynthia Zarazir, une agence à Jbeil a été ciblée par les tirs d'un déposant mécontent tandis que, devant la Banque du Liban, des dizaines d'activistes ont manifesté contre les circulaires qui légitiment les mesures illégales prises par les banques. Un collectif a même annoncé que des déposants ont menacé mercredi de mettre le feu aux domiciles des propriétaires de banques, reprochant au système judiciaire libanais de leur interdire l'accès à leurs dépôts bancaires gelés.

A Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, un retraité de l'armée du nom de Hussein Chokr a fait irruption mercredi matin dans une branche du Crédit libanais afin de réclamer accès à son épargne, a confirmé à L'Orient Today Hassan Jaafar, membre fondateur de l'Union des Déposants. Mercredi, en fin de journée, Hussein Chokr a quitté la banque après avoir réussi à conclure un accord avec l'établissement et récupérer une partie de son argent bloqué illégalement.

Moussa Agathy, porte-parole de l'association Cri des déposants a confié à notre publication anglophone L'Orient Today que M. Chokr a reçu "la totalité de ses avoirs en livres libanaises, soit 268 millions de livres, ainsi que 3.000 dollars des 48.000 dollars déposés dans son compte en "dollars frais". Le montant total qu'il a récupéré en livres libanaises équivaut à 7.000 dollars au taux du marché parallèle, un dollar s'échangeant à plus de 39.000 LL aujourd'hui. M. Agathy a également noté que le déposant a par la suite quitté l'agence après avoir conclu un accord avec la banque qui consistait, entre autres, à ce que son compte reste ouvert.

Tirs à Jbeil
Plus tôt mercredi, la députée des forces du changement Cynthia Zarazir est, elle, entrée sans arme dans une agence de la Byblos Bank à Antélias, dans le Mont-Liban, pour réclamer une partie de ses économies bloquées afin de payer une opération chirurgicale, a déclaré la députée par téléphone à L'Orient Today. Mme Zarazir a fini par obtenir les 8.500 dollars, une "petite" partie du solde total de son compte, qu'elle réclamait.

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A Jbeil, un homme non-identifié a, lui, ouvert le feu sur la façade d'une agence de la Bank of Beirut, après qu'il lui ait été refusé d'entrer dans l'agence sans rendez-vous préalable. L'homme a causé des dégâts matériels à la banque et aucun blessé n'a été signalé, selon l'Ani. Les forces de sécurité sont arrivées sur les lieux et ont ouvert une enquête.

Certaines banques n'accueillent plus leurs clients que sur rendez-vous, ou les font entrer au compte-gouttes et après avoir montré patte blanche, afin de se prémunir contre toute action des déposants. Des mesures prises après une fermeture d'une semaine des banques, entre le 19 et le 26 septembre, en signe de protestation contre une série d'opérations d'épargnants qui ont récupéré, ou tenté de récupérer par la force leurs fonds. Entre le 14 et le 16 septembre, sept actions de ce type avaient eu lieu, à Beyrouth et dans les régions. Mardi, plusieurs autres opérations ont également été lancées par des épargnants.

Les dépôts sont en effet bloqués par les banques depuis le début de la crise socio-économique au Liban, il y a trois ans. 

Sit-in devant la BDL
C'est dans ce cadre que l'association Le Cri des déposants, un groupe de défense des droits des épargnants lié à plusieurs actions contre des banques libanaises, a organisé mercredi un sit-in devant la Banque du Liban à Beyrouth, afin de protester contre les circulaires publiées par cette institution "qui font disparaître 70%" des dépôts bancaires.

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Dans le quartier de Hamra, où se trouve le siège de la BDL, des dizaines d'activistes ont brûlé des pneus et jeté des pierres en direction du bâtiment, lourdement barricadé. Ils ont exigé de la BDL qu'elle annule ses circulaires. Le ministre sortant des Déplacés, Issam Charafeddine, était présent sur les lieux pour soutenir les manifestants.

Ces différentes circulaires de la BDL valident indirectement les restrictions prises par les banques, qui sont permises de facto par les autorités. Parmi ces circulaires, la numéro 151 autorise le retrait de " dollars libanais " ou " lollars", des dollars qui se trouvaient en banque avant le début de la crise et sont désormais quasiment inaccessibles, à un taux supérieur au taux officiel de 1.507,5 LL, fixé à 8 000 LL depuis décembre 2021. La circulaire 161 autorise, elle, les banques à fournir des dollars en espèces à leurs clients - à condition que leur compte réponde à un ensemble de critères définis - en convertissant les fonds de leurs comptes au taux de la plateforme Sayrafa de la BDL. Le taux de Sayrafa est inférieur à celui du marché parallèle. Mercredi, il était fixé à 29,800 LL pour un dollar, alors que le taux du marché parallèle était de 39,200 LL.

Mercredi, en fin de journée, des déposants ont menacé de mettre le feu aux domiciles des propriétaires de banques, reprochant au système judiciaire libanais de leur interdire l'accès à leurs dépôts bancaires gelés, a déclaré mercredi à L'Orient Today Rami Ollaik, avocat et fondateur du groupe de défense des déposants libanais, Mouttahidoun.

La colère continuait de bouillir mercredi au Liban contre les restrictions imposées par les banques : de nouvelles actions ont ainsi été menées par des épargnants, dont la députée Cynthia Zarazir, une agence à Jbeil a été ciblée par les tirs d'un déposant mécontent tandis que, devant la Banque du Liban, des dizaines d'activistes ont manifesté contre les circulaires qui légitiment...
commentaires (4)

LA ZARAZIR APRES LE COUP BAS A L,ENCONTRE DE TOUS LES DEPOSANTS ESSAIE DE REDORER SON BLASON. FALLAIT PAS TOUCHER UN DOLLAR SANS QUE LES AUTRES DEPOSANTS EN TOUCHENT DE MEME. HONTE ET MILLE FOI HONTE A VOTRE ACTE EGOISTE ET A VOTRE COUP BAS ENVERS LES AUTRES DEPOSANTS. - JE SUIS HABITUE A M,EXPRIMER LIBREMENT ET A CONDAMNER LES ACTES CONDAMNABLES. PAS DE PITIE POUR CEUX QUI N,EN ONT PAS POUR LES AUTRES.

LA LIBRE EXPRESSION

08 h 42, le 06 octobre 2022

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Commentaires (4)

  • LA ZARAZIR APRES LE COUP BAS A L,ENCONTRE DE TOUS LES DEPOSANTS ESSAIE DE REDORER SON BLASON. FALLAIT PAS TOUCHER UN DOLLAR SANS QUE LES AUTRES DEPOSANTS EN TOUCHENT DE MEME. HONTE ET MILLE FOI HONTE A VOTRE ACTE EGOISTE ET A VOTRE COUP BAS ENVERS LES AUTRES DEPOSANTS. - JE SUIS HABITUE A M,EXPRIMER LIBREMENT ET A CONDAMNER LES ACTES CONDAMNABLES. PAS DE PITIE POUR CEUX QUI N,EN ONT PAS POUR LES AUTRES.

    LA LIBRE EXPRESSION

    08 h 42, le 06 octobre 2022

  • Chers libanais vous les avez réelu. quand est ce que vous allez vous réveiller?

    Staub Grace

    17 h 33, le 05 octobre 2022

  • Seul un soulèvement général de la population avec un coup d’état de l’armée à l’appui sauvera le pays et nous débarrassera à jamais de la clique politicienne qui nous gouverne depuis des décennies.

    Achkar Carlos

    16 h 28, le 05 octobre 2022

  • Si même à Hatet Hreik, fiefs du Hezbollah, les citoyens réclament le droit d'avoir accès à leurs économies, confirme que même Nasrallah n'arrive plus à aider ses "fidèles". Finalement le représentant Iranien de Baabda et le gouvernement sortant n'ont plus aucun contrôle à tous les niveaux! Le CPL tellement un magnifique régime de désastre, désarroi et d'incompétence!

    Marwan Takchi

    15 h 37, le 05 octobre 2022

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