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Politique - Liban

Aoun : Je quitterai Baabda à la fin de mon mandat, sauf si le Parlement en décide autrement

Lors d'un entretien avec le président libanais, l'émir du Qatar affirme que son pays pourra "contribuer aux investissements au Liban, après adoption des lois" et réformes réclamées par la communauté internationale. 

Aoun : Je quitterai Baabda à la fin de mon mandat, sauf si le Parlement en décide autrement

Le chef de l'Etat libanais, Michel Aoun (g), s'entretenant avec l'émir Cheikh Tamim Ben Hamad al-Thani, au Qatar, le 29 novembre 2021. Photo Twitter @LBpresidency

Le chef de l'Etat, Michel Aoun, a affirmé lundi, dans un entretien à al-Jazeera lors de son voyage au Qatar, qu'"il quittera le palais de Baabda à la fin de son mandat sauf si le Parlement décide qu'il doit rester". Plus tôt dans la journée, le président avait toutefois affirmé, dans une autre interview à la presse qatarie, que la prolongation de son mandat "n'était pas une option", assurant que l'expression qu'il avait utilisée et selon laquelle il "n'accepterait pas de vide présidentiel" si les législatives de 2022 ne se tenaient pas, avait été "exploitée de façon erronée".

Dès son arrivée à Doha, M. Aoun s'est entretenu avec l'émir Cheikh Tamim Ben Hamad al-Thani, au sujet des crises multiples, gouvernementale, politique et diplomatique avec les pays arabes du Golfe, qui secouent le Liban. Ce dernier a affirmé au président être "prêt à aider Beyrouth, dans tous les domaines liés au redressement du Liban".

"Je quitterai le palais de Baabda à la fin de mon mandat sauf si le Parlement décide que je dois rester", a déclaré M. Aoun à al-Jazeera. Peu avant, il avait confié au journal al-Raya que la prolongation de son mandat "n'est pas une option". "Le nouveau président devra avoir une bonne représentativité et être un élément d'entente et non de séparation", avait-il ajouté.

Michel Aoun, dont le mandat s'achève en octobre 2022, avait fait savoir la semaine dernière, dans des propos rapportés par le quotidien al-Akhbar (proche du Hezbollah) qu'il pourrait refuser de quitter le palais de Baabda si les législatives, prévues au printemps 2022, n'avaient pas lieu. Si le scrutin se tient, les députés devront alors procéder à la présidentielle, et pour cela s’entendre sur un candidat de compromis ou, à défaut, risquer le vide ou le maintien de l'actuel président. Le président Aoun a par ailleurs assuré que les législatives se dérouleront à temps, soulignant que "toutes les procédures nécessaires à leur organisation seront lancées".

Désaccord avec le Hezbollah concernant Bitar

Le président Aoun a par ailleurs réitéré à la chaîne qatarie que son pays souhaite entretenir "les meilleures relations avec l'Arabie saoudite et les pays du Golfe", assurant avoir évoqué la crise diplomatique avec l'émir qatari. Une crise provoquée par des déclarations du ministre de l'Information, Georges Cordahi, avant qu'il ne prenne ses fonctions au gouvernement, concernant la crise au Yémen et l'implication dans le conflit de plusieurs pays du Golfe. A ce sujet, le chef de l'Etat a noté "ne pas avoir demandé à quiconque de démissionner", assurant que "le ministre Cordahi agira en fonction de ce qui convient le mieux au Liban".

S'exprimant au sujet du drame du 4 août 2020, il a par ailleurs souligné qu'il ne s'accorde pas avec le Hezbollah au sujet du dessaisissement du juge Tarek Bitar, en charge de l'enquête. Le parti chiite réclame que le magistrat soit dessaisi et les ministres du tandem Amal-Hezbollah au sein du gouvernement boycottent depuis près de deux mois le cabinet, tant qu'aucune décision n'est prise à ce sujet.

Alors que la livre libanaise connaît ses pires record de dévaluation, Michel Aoun a encore estimé que le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé est "responsable des fonds perdus", sans préciser s'il faisait référence au déficit de l'Etat, à la fonte des réserves de devises de la banque centrale ou aux dépôts des Libanais bloqués en banque. Dimanche dernier, Gebran Bassil, chef du Courant patriotique libre et gendre du président, était revenu à la charge contre le patron de la banque centrale, appelant le gouvernement à le limoger. 

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Investissements au Liban

Avant la diffusion de cette interview avec al-Jazeera, le chef de l'Etat s'est entretenu avec le cheikh Tamim, qui lui a affirmé que son pays est "prêt à aider Beyrouth, dans tous les domaines liés au redressement du Liban", selon des propos rapportés par la présidence de la République. Il a ajouté que le Qatar pourra "contribuer aux investissements au Liban, après adoption des lois" relatives aux aides financières, réclamées depuis des années par la communauté internationale, notamment en matière de gestion des marchés publics, de transparence et de lutte contre la corruption. L'émir a annoncé qu'il enverrait "prochainement" son chef de la diplomatie, Mohammad Ben Abdel-Rahmane al-Thani, à Beyrouth afin de suivre les derniers développements, espérant par ailleurs que la crise diplomatique avec les pays du Golfe soit rapidement résolue.

De son côté, le chef de l'Etat libanais a remercié l'émir du Qatar pour les aides envoyées dernièrement au Liban et à l'armée, affirmant "accueillir favorablement tout investissement fait par Doha dans des projets de développement, notamment dans les domaines énergétiques, de l'électricité, dans le secteur bancaire et autres". A l'issue de la réunion, le président Aoun a ajouté avoir appelé l'émir à "demander aux hommes d'affaires qataris d'investir au Liban, où sont offertes de nombreuses opportunités dans tous les secteurs". Les deux dirigeants ont également discuté de la reconstruction du port de Beyrouth, des projets liés au secteur de l'énergie et à l'extraction des hydrocarbures, et se sont entendus sur la redynamisation du Haut-Comité conjoint libano-qatari, afin que des accords de coopération puissent être rapidement signés.

Cette visite officielle au Qatar, l'un des rares déplacements du président libanais à l'étranger ces dernières années, intervient alors que le nouveau gouvernement, formé le 10 septembre dernier et supposé lancer une série de réformes cruciales, ne s'est plus réuni depuis le 12 octobre, en raison des tensions autour de l'enquête sur les explosions meurtrières au port de Beyrouth, et de la crise avec les pays arabes du Golfe. Le Qatar aurait offert ses bons offices pour une médiation entre Beyrouth et ces monarchies.

L'émir du Qatar a invité M. Aoun à Doha pour assister à la cérémonie d'ouverture de la Coupe arabe du football, qui doit avoir lieu demain mardi.

M. Aoun est accompagné par une délégation comprenant notamment le ministre de l’Énergie Walid Fayad, le conseiller et ancien ministre Pierre Raffoul, ainsi que le directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim. M. Fayad devrait discuter avec les dirigeants qataris de questions énergétiques et de l'expertise de l'émirat dans le secteur de l'exploration et de l'extraction des hydrocarbures.


Le chef de l'Etat, Michel Aoun, a affirmé lundi, dans un entretien à al-Jazeera lors de son voyage au Qatar, qu'"il quittera le palais de Baabda à la fin de son mandat sauf si le Parlement décide qu'il doit rester". Plus tôt dans la journée, le président avait toutefois affirmé, dans une autre interview à la presse qatarie, que la prolongation de son mandat "n'était pas une option",...

commentaires (15)

qu'est ce qui se cache derriere la renonciation de plusieurs membres - de poids- a leur poste a l'olj ? serait ce que bcp disent que l'OLJ penche vers qui est assis sur le tabouret de baabda ?

Gaby SIOUFI

17 h 40, le 30 novembre 2021

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Commentaires (15)

  • qu'est ce qui se cache derriere la renonciation de plusieurs membres - de poids- a leur poste a l'olj ? serait ce que bcp disent que l'OLJ penche vers qui est assis sur le tabouret de baabda ?

    Gaby SIOUFI

    17 h 40, le 30 novembre 2021

  • Arrêtez de nous censurer à la fin. On se croirait dans une dictature. Déjà que vos articles ne sont pas à la hauteur de la situation, laissez-nous au moins exprimer ce que vous n’osez pas faire. De l’indignation à des propos insultants pour le peuple et que les médias se contentent de relayer sans l’ombre d’une protestation ou d’attaques pour remettre cet individu à sa place et lui rappeler que dans un pays démocratique ça n’est pas un élu, qui qu’il soit qui décide de rester ou quitter son poste mais au peuple. Je suis sidérée du comportement des médias face à ce qui se passe dans notre pays.

    Sissi zayyat

    11 h 11, le 30 novembre 2021

  • Monsieur le président, ne critiquez plus Salamé, car vous n'êtes pas mieux. Lui a vendu notre argent, mais vous, vous avez vendu notre pays.

    Esber

    00 h 11, le 30 novembre 2021

  • Monsieur Aoun, pour l’amour du Ciel (si vous êtes croyant!), arrêtez de déprimer d’avantage les libanais avec de telles déclarations. Vous ne trouvez pas que vos compatriotes ont le moral au plus bas et ils attendent avec impatience la fin de votre mandat qui n’a été que synonyme de malheurs, de drames et de paupérisation massive. Je ne dis pas que vous en êtes le seul responsable mais sans doute le premier responsable. Alors, de grâce, arrêtez de nous déprimer d’avantage en évoquant cette infime hypothèse que vous restiez à Baabda après la fin de votre mandat même si le parlement des députés incompétents, voleurs et corrompus le décident.

    Choqué par Censure OLJ

    21 h 16, le 29 novembre 2021

  • Aoun/Bassil/CPL sont les pourfendeurs du beau Pays du Cèdre, vis-à-vis du et du peuple Libanais et de l’histoire. Que Dieu les punisse vite et fort ! pour tout ce qu’ils ont fait subir au Pays et, à son noble et courageux peuple. Amen… Amine !!!

    Le Point du Jour.

    20 h 50, le 29 novembre 2021

  • SAUF SI LE PARLEMENT... CAD LES BOYCOTTAGES DE SES ALLIES LES MERCENAIRES IRANIENS... N,EN DECIDENT AUTREMENT. ON PEUT DEJA CERTIFIER DE CES MOTS QUE SI LE BAZAR POUR SON GENDRE N,ABOUTIT PAS ET IL N,ABOUTIRA PAS CAR IL EST HONNI, C,EST LE PROGRAMME DESSINE.

    PRET A SOUTENIR L,OLJ SANS L,HUMILIANTE CENSURE.

    19 h 33, le 29 novembre 2021

  • Il a du culot ce vieux. Il n'a pas encore compris qu'il a ruiné le pays et il veut rester??? C'est au peuple de décider pas le gouvernement.

    Georges Zehil Daniele

    19 h 15, le 29 novembre 2021

  • "Le nouveau président devra être correctement représenté et être un élément d'entente et non de séparation",le ridicule ne tue pas, sinon il n'aurait jamais prononcé cette phrase .... va me dégoûte autant d"aplomb , le pire mandat dans l'histoire moderne du Liban, Mr le président vs n'avez fait que détruire et faire le vide autour de vous, le mot intérêt général pour votre patrie est absent de votre logiciel. vivement que ça se termine

    Élie Aoun

    18 h 18, le 29 novembre 2021

  • ...État pathologique caractéristique de la vieillesse avancée...

    Jack Gardner

    17 h 47, le 29 novembre 2021

  • N'a-t-il pas honte d'évoquer sa présence à Baabda après la fin de son mandat catastrophique ? Ne sait-il pas que tous les libanais ou la majorité écrasante fait le compte à rebours pour le jour où il achève sa mauvaise mission ? D'aucuns pensaient que la méchanceté est tributaire des jeunes et des moins jeunes, mais, personne ne doutait qu'elle pouvait intéresser les octogénaires!

    Esber

    16 h 56, le 29 novembre 2021

  • L,ADAGE DIT QUE L,ANE RECALCITRANT, TETU ET QUI DONNE DES COUPS DE PIEDS PAR SON MAITRE FINIT AU MOULIN.

    PRET A SOUTENIR L,OLJ SANS L,HUMILIANTE CENSURE.

    14 h 19, le 29 novembre 2021

  • "Le chef de l'Etat libanais, Michel Aoun, a affirmé que la prolongation de son mandat "n'est pas une option" ..." Deo gratias!

    Georges MELKI

    14 h 02, le 29 novembre 2021

  • J,AI DE LONGUE DATE DIT QUE JE LISAIS LES BIG NEWS AILLEURS ET QUE LES CACAHUETTES DES NOUVELLES A L,OLJ. DOMMAGE. EN PLUS IL Y A LA CENSURE ET LES ARTICLES AVEC BOURDES. OLJ, REVEILLEZ-VOUS AVANT QUE LE TRAIN NE PASSE...

    PRET A SOUTENIR L,OLJ SANS L,HUMILIANTE CENSURE.

    13 h 56, le 29 novembre 2021

  • Qu'est ce qui se passe chez vous chers responsables de l'OLJ?? Pas d'éditoriaux ..A peine deux ou trois articles par jour . Vous séchez alors que les évènements ne manquent pas . Merci d'xpliquer ce changement dû "peut-être" à une pénurie de personnel .

    Hitti arlette

    12 h 55, le 29 novembre 2021

  • Tiens, il bouge? Ca fait un bail qu'il n'a plus bougé. L'avion a dû être transformé en hopital volant ? ( vu son âge, ca sera tout à fait normal et compréhensible). Loin de tout sarcasme, pour une fois, j'apprécie son déplacement étant donné sa santé.

    radiosatellite.online

    11 h 50, le 29 novembre 2021

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