Rechercher
Rechercher

Culture - Initiative

Un Liban qui se repense : le Salon des signatures

La « salle des stéthoscopes perdus » à la Maison du médecin accueille un événement littéraire où, moyennant un forfait, tout auteur pourra bénéficier d’un espace pour exposer et signer ses livres le 4 décembre.

Un Liban qui se repense : le Salon des signatures

Ne laissez pas dormir dans leurs caisses en carton les livres dont vous êtes les auteurs. Photo DR

Ne laissez pas dormir dans leurs caisses en carton les livres dont vous êtes les auteurs. Leurs berceaux risquent d’être leurs tombeaux. Une quinzaine d’auteurs seulement ont répondu à la méritoire et judicieuse initiative de Nidal Haddad, directrice des éditions Artliban-Calima, celle de combler le vide créé par l’annulation du grand Salon du livre francophone d’octobre par l’instauration d’un Salon de la signature. Un Salon où, moyennant un forfait, tout auteur pourra bénéficier d’un espace pour exposer et signer ses livres* dans le grand hall d’entrée de la Maison du médecin, secteur du Palais de justice. La « salle des stéthoscopes perdus » en quelque sorte.

Quel que soit le nombre d’invendus que remporteront chez eux les auteurs, et aussi modeste qu’elle soit, cette initiative leur servira à tout le moins de lieu de rencontre et de débat ; d’agora pour donner de la visibilité au livre d’abord, aux idées et aux forces de changement dont ils sont vecteurs ensuite. Qu’ils tiennent donc leurs ouvrages pour autant de cartes de visite... et de services rendus à ce processus aussi mystérieux que réel qu’est la circulation des idées.

« Au moment où tout semble s’écrouler autour de nous, il nous reste au moins ces mots que nous avons alignés avec amour, écrits avec passion, pour que le livre demeure un objet qui ne meurt pas, pour que le métier du livre perdure au-delà du désastre qui se vit au quotidien », écrit Nidal Haddad dans le mot de présentation de l’événement qu’elle organise.

Orage mental

Le Salon de la signature ne sera pas qu’un Salon francophone. La publication de livres-témoignages dans les trois grandes langues parlées au Liban s’est multipliée après la catastrophe d’août 2020. C’est en grand nombre, en effet, que les Libanais, journalistes, romanciers, écrivains en herbe, poètes inconnus ou reconnus, sociologues, économistes, essayistes, penseurs et concepteurs de tous ordres ont décidé, depuis le « réveil » populaire d’octobre 2019 puis de l’explosion criminelle d’août 2020, de prendre la parole, la plume ou la caméra pour dire ce qui les a jetés dans la rue : leur indignation, leur colère, leur révolte contre une classe qui a arraisonné, pillé et réduit le Liban à la médiocrité. Tout le pays bruit, jour et nuit, de leurs analyses, images et raisonnements, indice indiscutable d’un Liban qui se repense. Il faut espérer que cet « orage mental » soit suffisamment amplifié pour que des dirigeants encore insensibles aux épreuves de ceux qui ne mangent plus à leur faim prennent enfin conscience du drame.

Et encore, toutes les réactions ne sont pas visibles ou audibles. L’honnêteté intellectuelle, l’observation véridique se manifestent d’abord dans le cœur. Parfois, elles y demeurent et se traduisent en actes plutôt qu’en paroles. Mais, couchées sur papier, certaines finissent même par être reconnues et récompensées, comme le prouve l’attribution à Caroline Hayek du prix Albert Londres 2021. Les petits filets font les grandes rivières.

Au Liban, nous sommes peut-être toujours au stade de la compilation, dans l’attente d’une vision globale qui donnera du sens à ce qui se vit et s’exprime. L’homme ne changeant pas, un nouvel ordre politique est peut-être en gestation. Mais d’ores et déjà, profitant des malheurs d’autres peuples, nous pouvons dire avec Mauriac, en remplaçant la France par le Liban : « Le croyant que je suis ne doute pas que la France ait une vocation qu’il ne dépend pas des hommes de détruire » (Bloc-notes III, p. 375, Points), ou encore : « Tout renaîtra de ce que nous croyons fini » (Bloc-notes III, p. 405).

Dans un récent éditorial en ligne, la revue Esprit met en garde contre les dictatures qui « empêchent les mémoires de se constituer ». Le texte dit notamment : « Empêcher les historiens de travailler et les mémoires de se constituer, et détruire les repères temporels communément partagés sont des armes particulièrement efficaces pour désorienter et épuiser les sociétés civiles. C’est pourquoi il est si important de soutenir ceux qui se consacrent à documenter le passé, à nourrir des archives et à leur donner un sens. Se joue là, y compris pour les sociétés démocratiques, la possibilité même d’un avenir politique. »

Avec le Salon de la signature, il ne s’agit donc pas seulement de « littérature » au sens propre du mot. Chaque livre publié, aussi adroit ou gauche soit-il, est une pierre dans l’édifice des « documents » qui vont « nourrir des archives » et leur « donner un sens ». Les épreuves que nous vivons contribuent à la constitution d’une « mémoire commune ». D’où l’importance d’une initiative comme celle qui vient d’être prise.

*Le 4 décembre prochain, entre 14 et 20 heures. Entrée libre. Masques obligatoires. Inscriptions toujours possibles. Tél. : 03-747262.


Ne laissez pas dormir dans leurs caisses en carton les livres dont vous êtes les auteurs. Leurs berceaux risquent d’être leurs tombeaux. Une quinzaine d’auteurs seulement ont répondu à la méritoire et judicieuse initiative de Nidal Haddad, directrice des éditions Artliban-Calima, celle de combler le vide créé par l’annulation du grand Salon du livre francophone d’octobre par...

commentaires (1)

Notre meilleure arme contre tous ces désordres que nous traversons est la VÉRITÉ, c'est à dire le CHRIST. Notre vie ici-bas n'est que l'antichambre de la vie éternelle. Toute la littérature, tous ces savoirs ne sont que mensonges en comparaison du Christ qui est le seul à pouvoir nous unir entre nous et à Dieu. Nous, Chrétiens, devons témoigner du Christ auprès de nos frères musulmans pour ensemble abandonner nos "identités meurtrières", pour réprendre le titre d'un ouvrage de l'académicien franco-libanais Amin Maalouf; le titre est plus pertinent que le contenu car l'ouvrage ne contient rien de la Vérité sinon des obsessions laïques et stériles, vides de la Vérité et pleine d'orgueil, nettoyé du baptême que l'auteur a reçu. La nature n'aime pas le vide; la vérité est notre seule défense contre les mensonges, les hérésies. Relisons le Testament ensemble avec eux sans quoi nous n'aurons pas tout essayé. Car lorsque nous, chrétiens, las de nos divisions, submergés par 3 millions de réfugiés sunnites Syriens et Palestiniens, découragés par les terroristes et mafieux du Hezbollah et du Hamas alliés des allaouites syriens, seront presque partis de chez nous alors que nous étions majoritaire avant l'invasion palestinienne orchestrée par la gauche libannaise (laïque et finalement anti chrétienne), alors ils s'entretueront entre eux encore plus violemment qu'en Syrie, en Irak, au Yémen et partout où ils le pourront...

Zahar Nicolas / CONSEILS & GESTION SARL.

11 h 59, le 29 novembre 2021

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Notre meilleure arme contre tous ces désordres que nous traversons est la VÉRITÉ, c'est à dire le CHRIST. Notre vie ici-bas n'est que l'antichambre de la vie éternelle. Toute la littérature, tous ces savoirs ne sont que mensonges en comparaison du Christ qui est le seul à pouvoir nous unir entre nous et à Dieu. Nous, Chrétiens, devons témoigner du Christ auprès de nos frères musulmans pour ensemble abandonner nos "identités meurtrières", pour réprendre le titre d'un ouvrage de l'académicien franco-libanais Amin Maalouf; le titre est plus pertinent que le contenu car l'ouvrage ne contient rien de la Vérité sinon des obsessions laïques et stériles, vides de la Vérité et pleine d'orgueil, nettoyé du baptême que l'auteur a reçu. La nature n'aime pas le vide; la vérité est notre seule défense contre les mensonges, les hérésies. Relisons le Testament ensemble avec eux sans quoi nous n'aurons pas tout essayé. Car lorsque nous, chrétiens, las de nos divisions, submergés par 3 millions de réfugiés sunnites Syriens et Palestiniens, découragés par les terroristes et mafieux du Hezbollah et du Hamas alliés des allaouites syriens, seront presque partis de chez nous alors que nous étions majoritaire avant l'invasion palestinienne orchestrée par la gauche libannaise (laïque et finalement anti chrétienne), alors ils s'entretueront entre eux encore plus violemment qu'en Syrie, en Irak, au Yémen et partout où ils le pourront...

    Zahar Nicolas / CONSEILS & GESTION SARL.

    11 h 59, le 29 novembre 2021

Retour en haut