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Nos Lecteurs ont la Parole

À ma très chère...

Je t’écris, moi qui suis plein d’amour et qui ai besoin d’exprimer les mots qui me pèsent, moi qui n’ai jamais cessé de penser à toi. Deux ans se sont écoulés à Paris, depuis ma décision de laisser ton petit cœur qui ne manquait jamais de battre pour rendre les hommes heureux et amoureux.

Et, depuis, je pourchasse inlassablement tes souvenirs comme un petit garçon qui tire un cerf-volant dans un temps calme à la recherche du plus petit vent. Je racontais l’autre jour à un ami que la rupture la plus tragique et dramatique dans ma vie passionnelle a été celle de la séparation de ton odeur. Une odeur issue des conversations des pêcheurs, des écumes de vagues qui se déchirent sur ton petit port, des gens, et de tes fleurs dorées.

Je crains de rentrer et de te voir dans un si triste état, oui, moi qui t’aime tant, moi l’enfant, qui, en arrivant d’Afrique en 1988, est tombé amoureux de tes décombres causés par l’atroce guerre civile ; de cette ligne bleue qui serpente tout le long de ta côte.

Ils me disent au téléphone que la misère ronge les chairs de tes fils, qu’ils peinent à trouver leur pain quotidien, je ne veux pas les croire, mais hélas, c’est la vérité.

Tu te souviens, ma chérie, de nos nuits ensemble, de nos embrassades, accolades et de nos états d’ivresse entre bons amis sur tes sables sacrées et sous tes étoiles d’été. D’ailleurs, c’est un privilège que je n’ai jamais accepté d’accorder à aucune autre capitale du monde, c’est comme si une puissance mystérieuse régnait dans ta joyeuse atmosphère.

Je t’écris sans la moindre intention d’alourdir ton fardeau, je sais que tu es déjà épuisée et au bout de ton énergie.

Beyrouth, ceux qui t’ont trahie le paieront cher puisque la justice est le fondement du monde.

Beyrouth, je t’écris juste pour te dire que je t’aime autant, et que mon cœur est gonflé d’amour pour toi.

Je t’aime, Beyrouth.

Paris

Avocat à la Cour au barreau de Beyrouth

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Je t’écris, moi qui suis plein d’amour et qui ai besoin d’exprimer les mots qui me pèsent, moi qui n’ai jamais cessé de penser à toi. Deux ans se sont écoulés à Paris, depuis ma décision de laisser ton petit cœur qui ne manquait jamais de battre pour rendre les hommes heureux et amoureux.Et, depuis, je pourchasse inlassablement tes souvenirs comme un petit garçon qui tire un...

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