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Environnement - Environnement

Connue pour sa biodiversité, une forêt à Zebkine menacée par un projet agricole

Les militants écologiques sont aux prises avec un entrepreneur qui souhaite planter des avocatiers au beau milieu d’une zone qui pourrait être classée réserve naturelle.

Connue pour sa biodiversité, une forêt à Zebkine menacée par un projet agricole

La forêt de Zebkine est connue pour la diversité de sa faune et de sa flore. Photo Hicham Younès

Les crimes écologiques se succèdent au Liban, à l’heure où l’État s’enfonce dans la crise et que la reddition des comptes se fait rare. Dernier incident en date, la défiguration graduelle de la forêt de Zebkine, un espace vert connu pour sa biodiversité et que les écologistes tentent de faire classer comme réserve naturelle depuis 2015. Cette forêt est menacée par un projet agricole dont une partie des travaux a déjà défiguré une colline entière, selon les militants.

L’entrepreneur, qui souhaite établir une plantation d’avocatiers sur place, s’est attiré les foudres des écologistes il y a trois ans, après avoir commencé à creuser au beau milieu de la forêt. Après plusieurs plaintes, le ministère de l’Agriculture avait ordonné l’arrêt des travaux, mais les activités ont repris en douce au cours des dernières semaines, selon Hicham Younès, président de l’ONG environnementale Green Southerners. « L’entrepreneur travaille un peu et puis s’arrête pour donner l’impression que le projet est toujours gelé. Il profite du fait que son terrain est situé au fin fond des bois, loin des regards », explique ce militant de la première heure. « Il a déjà grignoté une colline entière, ce qui équivaut à plusieurs milliers de mètres carrés.

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De plus, la culture de l’avocat a besoin de beaucoup d’eau. Il est est donc en train de puiser dans les réserves souterraines de manière non réglementée. Transformer des terrains dans une zone forestière en terrains agricoles est contraire à la loi. Il nous semble qu’il avait obtenu un permis différent au départ, mais qu’il travaille à sa guise », analyse M. Younès.

Contacté par L’Orient-Le Jour, le ministère de l’Environnement n’était pas en mesure de commenter la faisabilité d’un tel projet dans une forêt qui, selon lui, relève de l’expertise du ministère de l’Agriculture. La Direction générale du ministère de l’Agriculture n’était pas disponible pour sa part pour un entretien.

Une vue aérienne des travaux entrepris à l’intérieur de la forêt. Photo Hicham Younès

Projet de réserve

Située entre les cazas de Tyr et de Bint Jbeil, à cheval entre les villages de Zebkine et Yata, la forêt de Zebkine est une « forêt ancienne », qui affiche un caractère sauvage et comporte de nombreux arbres vénérables. « Cet endroit abrite des arbres centenaires et tout un écosystème. Il y a aussi des arbres jeunes, mais qui sont tout aussi robustes que les plus anciens », explique Hicham Younès qui estime que la forêt, qui s’étend sur plus de 13 kilomètres, « est fortement menacée aujourd’hui ».

D’ailleurs, cet espace semble avoir de tout temps suscité les convoitises. « Les soldats israéliens ont incendié plusieurs fois des secteurs de la forêt lors de leur présence dans le sud du pays. Ils étaient gênés par la densité de la végétation qui les empêchait d’avoir une vision claire des alentours. Il y a quelques années, il y a eu une tentative de creuser une route qui passait à l’intérieur de la forêt. Le projet a fini par être abandonné après les protestations des habitants », raconte Hicham Younès.

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Il indique par ailleurs que militants et habitants de la région travaillent depuis 2015 à transformer cette forêt en réserve naturelle. « De nombreux habitants de Zebkine ont offert leurs terrains situés à l’intérieur des bois à la future réserve », assure le président de Green Southerners.

Il ajoute aussi que la forêt de Zebkine abrite de nombreuses espèces d’arbres, dont des chênes, des marronniers et des térébinthes. La faune y est également assez riche. « Ici, les animaux varient en fonction des saisons. Nous avons vu des loups il y a quelque temps, ce qui est assez rare. Il y a aussi des hyènes, des chacals, des blaireaux et des renards rouges », souligne M. Younès. Le militant révèle en outre que des gazelles des montagnes (Gazella gazella), une espèce quasiment disparue au Liban, ont été aperçues dernièrement dans la forêt. « Ces gazelles venues de Palestine semblent vouloir reprendre leurs marques ici », poursuit l’activiste qui souligne que les lieux ont même servi d’habitat au léopard arabe, un animal qui s’est éteint au Liban, mais qu’on retrouve dans certaines parties de la Palestine.

La demande de faire de la forêt de Zebkine une réserve naturelle est actuellement en cours, mais elle est retardée par les exigences de la bureaucratie, souligne pour sa part une source bien informée du dossier. « Il y a beaucoup de paperasse exigée par l’administration. Les militants ont fourni de nombreux documents, mais il manque des autorisations de certains particuliers qui possèdent des terrains situés dans la forêt », ajoute cette source.


Les crimes écologiques se succèdent au Liban, à l’heure où l’État s’enfonce dans la crise et que la reddition des comptes se fait rare. Dernier incident en date, la défiguration graduelle de la forêt de Zebkine, un espace vert connu pour sa biodiversité et que les écologistes tentent de faire classer comme réserve naturelle depuis 2015. Cette forêt est menacée par un projet...

commentaires (3)

TROP TARD ? MAIS ON EST DANS LE TROP TARD !! QUE FAIRE ? COMMENT FAIRE ? OU BIEN ON SE CONTENTE DU HOULA HOULA HOP FACILEMENT ET RAPIDEMENT OUBLIE ? PROPOSONS ....

aliosha

19 h 49, le 25 septembre 2021

Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • TROP TARD ? MAIS ON EST DANS LE TROP TARD !! QUE FAIRE ? COMMENT FAIRE ? OU BIEN ON SE CONTENTE DU HOULA HOULA HOP FACILEMENT ET RAPIDEMENT OUBLIE ? PROPOSONS ....

    aliosha

    19 h 49, le 25 septembre 2021

  • Les montagnes inutiles de paperasse exigées par l'administration...un des problèmes majeurs de la lenteur de leur travail. De plus, on voit partout, dans leurs bureaux, ces piles de paperasse entassées n'importe comment sur des étagères poussiéreuses. Ben oui... faut aussi justifier les milliers d'emplois dans cette administration octroyés pour les raisons que nous connaissons tous ! Quant à l'efficacité de cette "administration", nous en subissons continuellement les bienfaits...n'est-ce pas...?!?! - Irène Saïd

    Irene Said

    12 h 21, le 25 septembre 2021

  • Toujours le même scénario : faire de l’argent au détriment du reste. Les avocatiers rapportent tandis qu’une forêt avec sa biodiversité ne rapporte rien à l’entrepreneur mais elle apporte énormément à l’environnement : insectes, plantes, rapaces et j’en passe…projet de 2015 qui resurgît pour profiter de l’impunité actuelle. Après ça sera trop tard les dégâts seront faits…

    Karam Georges

    11 h 12, le 25 septembre 2021

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