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Économie - Crise

Essence : sauf surprise, la nouvelle tarification annoncée aujourd’hui

En retardant la mise à jour, les autorités auraient cherché à éviter que des stations-service dopent illégalement leurs marges.

Essence : sauf surprise, la nouvelle tarification annoncée aujourd’hui

Une file de voitures devant une station-service à Adonis, dans le Kesrouan. Photo P.H.B.

La circulation était une nouvelle fois infernale hier sur de nombreux axes routiers du Liban, en raison des files d’automobilistes faisant la queue devant les rares stations-service ouvertes, une majorité d’entre elles ayant fermé leurs portes en assurant ne plus avoir de stock.

Cette situation de rationnement de l’essence qui perdure depuis plusieurs semaines déjà pourrait changer ces prochains jours. Les autorités ont en effet décidé d’augmenter dès aujourd’hui les tarifs des carburants pour répercuter la modification récente du mécanisme à travers lequel la Banque du Liban (BDL) subventionne les importations d’essence, de mazout et de gaz domestique depuis le début de la grave crise dans laquelle le pays s’enfonce depuis mi-2019.

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Alors que tout semblait indiquer que cette mise à jour serait finalement reportée à demain, la direction des installations pétrolières – rattachée au ministère de l’Énergie et de l’Eau – a pris les devants hier en début de soirée en annonçant officiellement la publication des nouveaux prix dès ce matin. Elle a ajouté que la BDL avait « commencé à ouvrir les crédits » pour permettre aux « navires déjà ancrés au large des côtes libanaises » de décharger leur cargaison, estimant que cela « permettra de sécuriser de manière durable le marché local en carburant ».

Taux de couverture à 100 %

Mis en place en octobre 2019, le mécanisme de subvention permettait jusqu’ici aux importateurs de carburant concernés d’échanger avec la BDL, au taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar, 90 % des montants en devises demandés par leurs fournisseurs, à charge pour eux de fournir en dollars frais les 10 % restants. Le dispositif, également ouvert aux importateurs de médicaments ou de blé, vise à limiter l’inflation des prix en livres de l’essence, du mazout (qui est consommé par les générateurs privés) et du gaz dans un contexte de dépréciation de la livre et de crise de liquidités.

Ce mécanisme a été financé depuis son lancement à travers les réserves de devises de la BDL. Mais, aujourd’hui, celles-ci ne sont quasiment plus constituées que des réserves obligatoires des banques. Refusant de les ponctionner sans garantie, la BDL a ainsi demandé, la semaine dernière, aux autorités de lui adresser une demande de prêt remboursable en maximum dix ans afin de débloquer les montants nécessaires pour prolonger le mécanisme pendant trois mois, tout en majorant le taux applicable à 3 900 livres pour un dollar. Une décision prise alors que depuis des semaines, l’essence est rationnée aux pompes. Autre changement majeur annoncé par plusieurs sources concordantes : le taux de couverture des factures devrait bien passer de 90 à 100 %.

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Alors que le décret correspondant a été signé vendredi par le Premier ministre sortant Hassane Diab et dans un communiqué publié hier en milieu d’après-midi, la BDL a officiellement annoncé qu’elle avait commencé à « vendre des dollars aux banques qui ouvrent des crédits pour les importations de tous les types de carburant après avoir obtenu une autorisation préalable (pour leur ouverture) au taux de 3 900 livres pour un dollar ».

Conformément à ce que prévoit la réglementation libanaise, c’est bien le ministère de l’Énergie qui, chaque semaine, calcule les prix de l’essence, du mazout et du gaz en fonction de plusieurs paramètres, dont les cours mondiaux. Il était toutefois difficile de fournir une estimation fiable hier soir des nouveaux tarifs, notamment en raison du fait que le ministère intègre plusieurs paramètres pour les calculer, dont le niveau « réel » de la livre sur le marché parallèle (17 500 livres pour un dollar sur le marché parallèle, soit près de 12 fois la parité officielle). Selon l’ensemble des sources consultées, les nouveaux prix pourraient ainsi osciller entre 60 000 et 80 000 livres pour l’essence (contre un peu plus de 45 000 hier), et entre 40 000 et 65 000 livres pour le mazout (33 000 hier). Seul le prix de la bonbonne de gaz semblait faire consensus, toutes les estimations tournant autour de 55 000 livres (contre 28 500 livres hier).

Selon plusieurs sources concordantes, la raison qui a poussé le ministère à ne pas modifier les tarifs dès lundi, comme cela avait été pressenti initialement, est liée à la volonté des autorités d’empêcher les stations-service de doper « illégalement » leurs marges en vendant aux nouveaux tarifs du carburant stocké avant l’amendement du mécanisme de subvention. Un objectif cohérent, mais que plusieurs sources contactées – du côté des distributeurs notamment – ont jugé irréaliste, compte tenu du nombre important de points de vente sur l’ensemble du territoire (autour de 2 500 en 2019, selon une source au ministère) et des potentielles interférences politiques pouvant entraver le travail des forces de sécurité dans certaines régions.


La circulation était une nouvelle fois infernale hier sur de nombreux axes routiers du Liban, en raison des files d’automobilistes faisant la queue devant les rares stations-service ouvertes, une majorité d’entre elles ayant fermé leurs portes en assurant ne plus avoir de stock. Cette situation de rationnement de l’essence qui perdure depuis plusieurs semaines déjà pourrait changer...

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Demande de prêt remboursable sur 10 ans : ça me fait pouffer de rire, le gouvernement est prêt à signer n’importe quel document pourvu qu’il puisse voler l’argent des déposants. La signature du gouvernement libanais n’a aucune valeur depuis le jour où ce gouvernement a cessé de l’honorer en arrêtant de rembourser les Eurobonds. Le gouvernement libanais représente une république bananière dont les dirigeants sont corrompus et pourris jusqu’à l’os, ils n’ont aucune crédibilité internationale et ont prouvé qu’ils étaient une bande de fourbes, d’incompétents, de menteurs et de voleurs. Et si quelqu’un dit le contraire en me censurant, qu’on me rende mon épargne représentant plus de 40 ans de labeur et qu’ensuite ils fassent ce que bon leur semble.

Liberté de Penser

08 h 46, le 29 juin 2021

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Commentaires (1)

  • Demande de prêt remboursable sur 10 ans : ça me fait pouffer de rire, le gouvernement est prêt à signer n’importe quel document pourvu qu’il puisse voler l’argent des déposants. La signature du gouvernement libanais n’a aucune valeur depuis le jour où ce gouvernement a cessé de l’honorer en arrêtant de rembourser les Eurobonds. Le gouvernement libanais représente une république bananière dont les dirigeants sont corrompus et pourris jusqu’à l’os, ils n’ont aucune crédibilité internationale et ont prouvé qu’ils étaient une bande de fourbes, d’incompétents, de menteurs et de voleurs. Et si quelqu’un dit le contraire en me censurant, qu’on me rende mon épargne représentant plus de 40 ans de labeur et qu’ensuite ils fassent ce que bon leur semble.

    Liberté de Penser

    08 h 46, le 29 juin 2021

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