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Politique - Crise au Liban

Aoun dans une lettre au Parlement : Hariri est "incapable de former un gouvernement"

Le Premier ministre désigné accuse le chef de l'Etat de "déformer la réalité".

Aoun dans une lettre au Parlement : Hariri est

Le président libanais Michel Aoun, le 21 octobre 2020, lors d'une conférence de presse au palais de Baabda. Photo Dalati Nohra/Handout via REUTERS

Le président libanais Michel Aoun, empêtré dans un conflit politique avec le Premier ministre désigné Saad Hariri, a adressé mardi une lettre à ce sujet au Parlement. Dans sa missive, le chef de l'État accuse M. Hariri de "prendre en otage" le processus de formation "au-delà d'un délai raisonnable", estimant que le leader du Futur est "incapable" de mettre sur pied un cabinet.

Le Liban est sans gouvernement depuis plus de neuf mois, après la démission du cabinet de Hassane Diab, dans la foulée des explosions meurtrières de l'année dernière au port de Beyrouth. Saad Hariri et Michel Aoun s'accusent mutuellement du blocage du processus et s'écharpent sur leurs prérogatives respectives en matière de formation. Ils ne se sont pas réunis depuis le 22 mars. Entre-temps, le Liban poursuit sa descente aux enfers, avec une crise socio-économique et financière qui ne cesse de s'aggraver depuis l'été 2019, alors que plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté.

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Dans sa lettre adressée à la Chambre via son président Nabih Berry, M. Aoun a estimé que le retard dans la formation du cabinet "a des conséquences négatives non seulement sur le pouvoir exécutif et le travail des institutions de l'État, mais également sur la stabilité politique, la sécurité sanitaire, sociale, économique et financière (...)". Le président de la République a ensuite affirmé que "les raisons du retard (...), qu'elles soient internes ou internationales, ne doivent pas continuer à faire l'objet de confusion et d'interprétation, et ne doivent pas prendre en otage indéfiniment le processus de formation du cabinet".

Hariri "prend en otage" la formation du gouvernement
La Constitution libanaise ne mentionne pas de délais pour la formation du gouvernement et ne prévoit pas la récusation du Premier ministre désigné s'il ne réussit pas à mettre sur pied son équipe dans un délai bien défini. Toutefois, le président Aoun a affirmé que "la formation du cabinet est un devoir constitutionnel et non un loisir (...)". Il a ensuite fait savoir que le président de la République "est le gardien de la Constitution et veille à ce qu'il n'y ait pas de jurisprudence constitutionnelle erronée" dans la formation des gouvernements.

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Pour Michel Aoun, "il est désormais clair que le Premier ministre désigné est incapable de former un gouvernement de sauvetage qui puisse engager le dialogue avec les institutions financières internationales pour assurer des programmes d'aides (...)". Le chef de l'État a accusé ensuite M. Hariri de "prendre en otage la formation du gouvernement après sa désignation à ce poste, prenant également en otage la population et la menant vers l'inconnu, en ignorant tous les délais raisonnables". Le chef de l'État a aussi accusé Saad Hariri "d'insister à ne pas présenter de formule gouvernementale qui obtienne notre aval et la confiance du Parlement". Il a affirmé que le Premier ministre désigné "s'abstient de dialoguer constamment avec le président de la République pour se mettre d'accord sur une mouture gouvernementale". Il a estimé que la formation du gouvernement serait possible "si le Premier ministre désigné renonçait à l'affirmation selon laquelle c'est lui qui forme l'équipe ministérielle et que le président de la République devrait se contenter de signer le décret (...)".

Michel Aoun a enfin demandé au Parlement de se réunir en assemblée plénière pour débattre de sa lettre afin de "prendre une position, une mesure ou une décision appropriée à ce sujet".

La réponse de Hariri

La réaction du Premier ministre désigné ne s'est pas fait attendre. En soirée, il a accusé le président Aoun de "déformer la réalité". "La lettre du président de la République au Parlement est la preuve d'une politique de déformation de la vérité, d'une fuite en avant et d'une volonté de détourner les regards du scandale diplomatique raciste provoqué par le ministre des Affaires étrangères du régime vis-à-vis des frères du Golfe arabe... La suite au Parlement", a twitté M. Hariri.

Moins d'un mois après la démission du cabinet Diab, le président français Emmanuel Macron avait lancé le 1er septembre à la Résidence des pins de Beyrouth une initiative pour la formation d'un gouvernement de mission composé d'experts indépendants. Amputée de son esprit initial, cette initiative n'a toujours pas permis de donner naissance à un cabinet. Face à l'impasse persistante, la France, toujours fortement impliquée dans le dossier, a décidé d'imposer des restrictions d'entrée sur son territoire à des personnalités libanaises impliquées dans la corruption. C'est dans ce contexte que le chef du Quai d'Orsay, Jean-Yves Le Drian, s'était rendu à Beyrouth il y a quelques jours. Il n'a pas toutefois précisé qui sont les personnes concernées ou quelles seront les modalités précises des sanctions. Mais cette visite et les indications claires de la part des Français et des proches de M. Hariri ont montré que la réunion n’a pas été concluante, et que Paris tenait M. Hariri pour responsable de l’obstruction autant que le chef du Courant patriotique libre et gendre du président Aoun, Gebran Bassil. Alors qu’il avait été question ces derniers jours d’une récusation du Premier ministre désigné, ce dernier aurait été conseillé par son entourage mais aussi par le chef de la diplomatie égyptienne, Sameh Choucri, d’enterrer cette option, Le Caire étant parmi les principaux soutiens du leader sunnite sur la scène régionale.


Le président libanais Michel Aoun, empêtré dans un conflit politique avec le Premier ministre désigné Saad Hariri, a adressé mardi une lettre à ce sujet au Parlement. Dans sa missive, le chef de l'État accuse M. Hariri de "prendre en otage" le processus de formation "au-delà d'un délai raisonnable", estimant que le leader du Futur est "incapable" de mettre sur pied un cabinet.Le Liban...

commentaires (21)

Alors réfléchissons. Aoun accuse Hariri d’être incapable de former un gouvernement pour manque de compétence et parce qu’il est mieux placé pour le faire à sa place d’où le blocage de sa part. Alors que Aoun a pris le soin de choisir tous les ministres des ministères qui l’intéressaient je cite: affaires étrangères, énergie, l’Intérieur etc... en partageant le reste avec ses alliés et surtout les finances, dans le gouvernement démissionnaire on voit le résultat. Il faut dire qu’il ne se prend pas pour un hâbleur. Il l’est tout simplement et malheureusement pour nous il se trouve qu’il est le président de ce pays alors que sa population regorge de gens super cultivés et patriotiques qui ne demandent qu’à servir leur pays. Mais eux n’ont aucun piston avec les vendus et ne veulent surtout pas en entendre parler. On est donc condamné à avoir des ânes tant que les vendus détiennent les armes. C’est ainsi.

Sissi zayyat

17 h 51, le 19 mai 2021

Tous les commentaires

Commentaires (21)

  • Alors réfléchissons. Aoun accuse Hariri d’être incapable de former un gouvernement pour manque de compétence et parce qu’il est mieux placé pour le faire à sa place d’où le blocage de sa part. Alors que Aoun a pris le soin de choisir tous les ministres des ministères qui l’intéressaient je cite: affaires étrangères, énergie, l’Intérieur etc... en partageant le reste avec ses alliés et surtout les finances, dans le gouvernement démissionnaire on voit le résultat. Il faut dire qu’il ne se prend pas pour un hâbleur. Il l’est tout simplement et malheureusement pour nous il se trouve qu’il est le président de ce pays alors que sa population regorge de gens super cultivés et patriotiques qui ne demandent qu’à servir leur pays. Mais eux n’ont aucun piston avec les vendus et ne veulent surtout pas en entendre parler. On est donc condamné à avoir des ânes tant que les vendus détiennent les armes. C’est ainsi.

    Sissi zayyat

    17 h 51, le 19 mai 2021

  • FAITES TOUTES LES LETTRES QUE VOS CONSEILLERS ET VOTRE BEAU FILS (le petit civil pas l'ex militaire ) VOUS DISENT DE FAIRE CELA NE CHANGERA RIEN AU FAIT QUE VOUS AVEZ DEPUIS VOTRE ARRIVEE AU POUVOIR ( apres 2.5 annees de boycot des institutions )ETAIT LE PORTE MALHEUR DU LIBAN EN CAPTIVANT LE POUVOIR ENTRE LES MAINS D'UN FANATIQUE ILLETRE ET AVIDE DE POUVOIR ET D'ARGENT. ET EN VOUS MEETTANT SOUS LA BOTTE D'UN PARTI TERRORISTE A LA SOLDE DE L'IRAN LA VERITE A AUJOURDH'UI LE PAYS PAYE LE PRIX DE VOTRE CRIMINEL COMPORTEMENT ET VOUS ETES LE SEUL RESPONSABLE DE FAIRE METTRE LE PAYS EN ENFER POUR PLAIRE A THEREZE. J'ESPERE QU'UN JOUR ON POURRA VOUS JUGER POUR VOTRE COMPORTEMENT AVANT QUE DIEU NE VOUS RAPPEL A LUI

    LA VERITE

    17 h 36, le 19 mai 2021

  • Comment ose t-il parler de délai et convenable lui qui a détruit le pays en un délai record grâce à son incompétence et ses affiliations douteuses? HONTE À TOI FAKHAMTAK. DÉGAGE ET LE LIBAN S’EN SORTIRA

    Sissi zayyat

    16 h 28, le 19 mai 2021

  • "La décision appropriée" serait d'envoyer tous ces empêcheurs de gouverner, lui en tout premier et en urgence, là où ils ne peuvent plus nuire au Liban par leur entêtement, leur incapacité et leur immense lâcheté ! - Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 16, le 19 mai 2021

  • Les (hommes) zombies politiques libanais se sont toujours prévalu de leur valeur aux yeux des étrangers... Rares sont ceux dont les qualités intrinsèques incluaient un patriotisme dont ils ont payé le prix par leur vie... La plupart ne sont que des lâches sont la seule rhétorique est "ce n'est pas moi, ce sont les autres". Passez votre chemin, moustiques. Vous ne valez même pas un mot dans l'histoire du Liban.

    KASSIR Mounir

    06 h 07, le 19 mai 2021

  • Hariri est incapable de former un gouvernement...et le Prez, n'étant qu'un dôme inerte en acier, est incapable de présider... Wou heéla Iza fiik!!??

    Wlek Sanferlou

    05 h 31, le 19 mai 2021

  • MR AOUN ET BASSIL OU ETAIENT LES DROITS DES SUNNITES QUAND VOUS AVEZ FAIT LE GOUVERNEMENT DE DIAB? MR AOUN ET BASSIL OU ETAIT LE DROIT DES SUNNITES QUAND VOUS ETES RESTE 8 MOIS ET DEMI A FABRIQUER UN GOUVERNEMENT DE 33 MEMBRES OU BASSIL AVAIT EVIDEMENT LE BLOCAGE DE 13 MEMBRES , BLOCAGE QU'IL A D'AILLEUR UTILISE QUAND HARRIRI AVAIT VOULU FAIRE UN CONSEIL DE MINISTRES APRES L'AFFAIRE DU CHOUF OU LE MEME BASSIL A VOULU ALLER FAIRE MORDRE LA POUSSIERE A JOUMBLATT POUR FAIRE DE ARSLAN LE VRAI LEADER DE LA MONTAGNE LA VERITE BASSIL ET AOUN N'ONT RIEN A FAIRE DE LA CONSTITUTION ET NE PENSENT QU'A FAIRE ELIRE THEREZE APRES AOUN CE QUI N'ARRIVERA JAMAIS CAR LE PEUPLE SAURA METTRE TOUT CE BEAU MONDE HORS DE LA POLITIQUE ET LES ......je prefere ne pas en dire plus pour ne pas etre censure par l'OLJ

    LA VERITE

    00 h 49, le 19 mai 2021

  • Frileux modérateurs malgré la température idéale d'aujourd'hui.

    DJACK

    23 h 55, le 18 mai 2021

  • Le peuple est témoin ! pour qui nous prend-il ? dommage que l’élection présidentielle ne se fait pas au suffrage universel comme en France, le résultat aurait été clair net et précis. Ca aurait au moins le mérite d’être sans magouilles -des députés- et sans accord en tous genres. Je suis Chrétien et je soutiens Saad Hariri dans sa démarche et sa volonté de créer un gouvernement de technocrates pour réformer le pays et le mettre en marche. contrairement à Aoun/Bassil qui veulent mettre le pays à leurs bottes. Je répète Bassil et le CPL ne représentent pas les Chrétiens Libanais.

    Le Point du Jour.

    23 h 55, le 18 mai 2021

  • la honte.... Quelle classe politique incompétente et qui fait honte au liban.... La honte...

    radiosatellite.online

    23 h 30, le 18 mai 2021

  • Les "agitations" de notre président, me rappellent que son retour, fut qualifié par un sympathique politicien pas plus qualifié, de tsunami...

    DJACK

    23 h 28, le 18 mai 2021

  • Les zombies déferlent de partout,,

    Wow

    21 h 42, le 18 mai 2021

  • Depuis un bon moment, je ne pense qu'au sympathique féodal qui a qualifé le retour de aoun de tsunami.

    DJACK

    21 h 26, le 18 mai 2021

  • Le peuple est témoin ! pour qui nous prend-il ? dommage que l’élection présidentielle ne se fait pas au suffrage universel comme en France, le résultat aurait été clair net et précis. Ca aurait au moins le mérite d’être sans magouilles -des députés- et sans accord en tous genres. Je suis Chrétien et je soutiens Saad Hariri dans sa démarche et sa volonté de créer un gouvernement de technocrates pour réformer le pays et le mettre en marche. contrairement à Aoun/Bassil qui veulent mettre le pays à leurs bottes. Je répète Bassil et le CPL ne représentent pas les Chrétiens Libanais.

    Le Point du Jour.

    21 h 25, le 18 mai 2021

  • C'EST TOI QUI A ETE EN 40 ANS DE CARRIERE INCAPABLE DE FAIRE LA MOINDRE CONTRIBUTION POSITIVE DANS N'IMPORTE QUEL DOMAINE.

    Liban Libre

    20 h 23, le 18 mai 2021

  • Positivons. Il saut encore écrire. C’est déjà ça...

    Gros Gnon

    19 h 32, le 18 mai 2021

  • Harriri devrait se récuser et laisser le parlement (qui détient les pouvoirs après Taef) le renommer . Et si ce soit disant président s'y oppose encore le parlement devrait le destituer

    Liban Libre

    19 h 26, le 18 mai 2021

  • Monsieur est frappé d'amnésie ? lui même a bloqué les élections présidentielles pendant presque 2 ans et demi car il s'était auto-proclamé l'élu du peuple ... et président incontournable sauveur du Liban !!!

    Zeidan

    19 h 14, le 18 mai 2021

  • Ceux qui ont rédigé cette lettre, veulent trouver à tout prix, une échappatoire pour Aoun, pour le distinguer de ceux qui bloquent la formation du gouvernement, et qui sont sur une liste de sanctions à l'étude au niveau de l'Europe. Or, tout le monde sait que le chef de l'état, est lui-même en cause et en premier.

    Esber

    18 h 44, le 18 mai 2021

  • "le chef de l'État accuse M. Hariri de "prendre en otage" le processus de formation "au-delà d'un délai raisonnable". Cela nous rappelle un certain candidat à la présidence qui avait pris en otage l'élection présidentielle "au-delà d'un délai raisonnable ". Deux ans et demi, pour précision

    Yves Prevost

    18 h 41, le 18 mai 2021

  • Celui qui prend en otage le gouvernement c'est votre ami Hassouna???

    Eleni Caridopoulou

    18 h 38, le 18 mai 2021

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