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Société - Coronavirus au Liban

Couvre-feu entre 20h et 5h, exemptions d'attestations de déplacement : ce qui change à partir de lundi

Quarante décès et 2.258 nouveaux cas de contamination en 24h à la veille de la réouverture des commerces.

Couvre-feu entre 20h et 5h, exemptions d'attestations de déplacement : ce qui change à partir de lundi

Un promeneur sur la Corniche de Beyrouth le 16 février 2021. Photo d'archives Reuters/Mohamed Azakir

Dans l'attente de résultats tangibles de la campagne de vaccination qui a débuté il y a deux semaines, le Liban poursuit son déconfinement progressif, entamé depuis le 8 février. Demain, de nouveaux commerces et centres commerciaux pourront commencer à rouvrir, selon des dispositions spécifiques. Initialement prévue pour le 8 mars dans le cadre de la troisième phase de déconfinement, soit deux mois après l'entrée en vigueur du bouclage, cette réouverture a été avancée d'une semaine, sous la pression des organismes économiques qui craignent un effondrement total.

Couvre-feu et autorisations

A partir de demain, le couvre-feu s'étendra désormais de 20h jusqu'à 5h du matin et le port du masque sera obligatoire lors de tout déplacement, a annoncé dimanche soir la cellule nationale de gestion des crises, dans un communiqué. Selon ce même document, les rassemblements sur les plages publiques sont toujours interdits, et les parcs publics resteront fermés. Les rassemblements et événements à caractère social ou religieux sont également toujours prohibés.

En outre, le système d'obtention d'une autorisation de sortie via la plateforme en ligne du ministère n'est plus nécessaire pour se déplacer, sauf pour se rendre dans des lieux considérés comme à "haut risque". Parmi ces lieux à haut risque, on retrouve les grandes surfaces, les banques, les supérettes et supermarchés, les centres commerciaux et les pistes de ski. Tous ces espaces nécessitent d'obtenir une autorisation donc sur la plateforme électronique avant de s'y rendre.

Par contre, plus besoin d'obtenir une autorisation pour se rendre aux portes des restaurants pour des plats à emporter, ou encore dans les boulangeries, les hôpitaux et les laboratoires, les cliniques vétérinaires, les agences de voyage, les librairies, et les administrations publiques.

Le ministre sortant de l'Économie Raoul Nehmé a demandé aux commerces concernés de "respecter la totalité des mesures de prévention contre le coronavirus et les dispositions réglementaires et logistiques concernant leurs employés, notamment les dépistages PCR".  

Pour sa part, l'Association des commerçants de Beyrouth a exposé un protocole sanitaire strict pour la réouverture des boutiques. Divisés en deux catégories selon le nombre d’employés (moins de 12, ou plus), les magasins devront se conformer aux règles ayant cours dans les supermarchés, notamment l’inscription sur la plateforme Impact, les tests PCR réguliers pour les employés et la vérification des autorisations de déplacement pour les consommateurs. Le port du masque, l’utilisation de gel hydroalcoolique et la distanciation sociale seront évidemment de rigueur, entre autres mesures.

Les commerces et entreprises les plus importantes devront s'inscrire sur la plateforme du ministère, mais les petits commerces, dont certains ne sont pas familiers avec la technologie, se contenteront d'avoir des documents imprimés qu'ils montreront aux policiers s'ils le leur demandent, selon la source proche de la commission.

Des indicateurs négatifs

La réouverture progressive intervient alors que la situation sanitaire ne s'est pas substantiellement améliorée et la prudence reste de mise. Le Liban a enregistré 40 décès et 2.258 nouveaux cas de contamination au Covid-19 au cours des dernières 24h, selon le bilan du ministère de la Santé publié dimanche soir. Le taux de propagation par rapport au nombre de tests effectués au cours des 14 derniers jours est de 17,8%. Au total, 375.033 personnes ont contracté le virus depuis février 2020, parmi lesquelles 4.692 sont décédées, alors que 291.590 ont été guéries. Parmi les cas toujours actifs, 2.178 personnes sont hospitalisées, dont 912 en soins intensifs.

Ce nombre peu élevé de nouvelles contaminations officiellement enregistrées est à relier au faible nombre de tests effectués hier, samedi, jour de fermeture pour de nombreux laboratoires.

Dans ce contexte, le directeur de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, le Dr Firas Abiad, a fait savoir dimanche que les indicateurs de propagation de la pandémie restaient inquiétants, en dépit de l'impression qui prévaut chez beaucoup selon laquelle les choses s'améliorent. 

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"Alors que les boutiques et les centres commerciaux rouvrent demain et les écoles dans une semaine, on ne peut pas blâmer les nombreuses personnes qui ont l'impression que la situation sanitaire s'améliore. Ce n'est pas le cas. Et il est malhonnête de ne pas être franc avec le public", a-t-il affirmé sur son compte Twitter. Il a joint à son tweet un tableau montrant une croissance de 18% du nombre de cas au Liban dans les sept derniers jours, avec des records dans la région de Baalbeck-Hermel et dans le sud du pays. 

De nombreuses vidéos et photos circulaient sur les réseaux sociaux durant le week-end, montrant des personnes sorties à Faraya pour profiter de la neige et du beau temps, rassemblées dans des stations de ski sans respect des mesures barrières. 

Campagne de vaccination

Parallèlement, la campagne de vaccination lancée le 15 février se poursuivra demain. Samedi soir, une nouvelle cargaison de près de 42.000 doses du vaccin Pfizer-BioNTech était arrivée au Liban, la troisième en deux semaines. Ces doses viennent s'ajouter aux 60.000 déjà réceptionnées depuis le 13 février, sur un total de 2,1 millions devant arriver avant la fin de l'année. D'autres cargaisons de ce vaccin doivent continuer à arriver progressivement au cours des prochains mois, parallèlement à celles du vaccin AstraZeneca/Oxford, achetées directement auprès du groupe pharmaceutique et via la plateforme Covax. Des doses du vaccin russe Spoutnik V devraient également être réceptionnées dans les prochaines semaines et le ministère de la Santé a commencé à étudier le dossier du vaccin chinois. 

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Par crainte de corruption et de clientélisme, la campagne de vaccination est contrôlée de manière indépendante par la Banque mondiale et la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). Elles sont chargées de surveiller le bon respect des mesures prévues dans la stratégie de vaccination, notamment le respect des phases de priorité et de la bonne inscription sur la plateforme. Actuellement, dans le cadre de la première phase de vaccination, seules les personnes âgées de plus de 75 ans et le corps médical reçoivent leur injection contre le coronavirus. Mais cette campagne a été marquée dès ses débuts par un scandale, après la vaccination au Parlement de plusieurs députés, ainsi que du président libanais Michel Aoun et de ses proches collaborateurs la semaine dernière hors des mesures prévues.

Dans ce cadre, la direction de l'hôpital universitaire Saint-Georges a assuré dimanche que « tous ceux qui ont été vaccinés dans l'hôpital étaient inscrits sur la plateforme du ministère », respectant les procédures établies. Pour l’instant, « l’âge moyen des personnes vaccinées en dehors des médecins, infirmières et agents de santé de l'hôpital est de 80,4 ans », a ajouté le communiqué.


Dans l'attente de résultats tangibles de la campagne de vaccination qui a débuté il y a deux semaines, le Liban poursuit son déconfinement progressif, entamé depuis le 8 février. Demain, de nouveaux commerces et centres commerciaux pourront commencer à rouvrir, selon des dispositions spécifiques. Initialement prévue pour le 8 mars dans le cadre de la troisième phase de déconfinement,...

commentaires (2)

Toutes les mesure très prises par les technocrates démissionnaires se sont retrouvées inutiles. Les cas de contamination n’ont pas baissé. Le nombre de décès n’a malheureusement pas baissé non plus. Par contre ce qui a énormément baissé, c’est l’activité économique du pays qui déjà n’était pas très florissante. Mais peut on demander à ces incompétents d’être efficaces ? La priorité aurait due être donnée à l’importation de vaccins (regardez un peu plus au Sud pour comprendre comment on protège sa population). Ça n’a pas été fait, on n’est pas une connerie près, soit! Mais la campagne de vaccination a commencé avec un désordre et des priorités totalement incompréhensibles. Pourquoi un pharmacien ou un dentiste de 35 ans serait prioritaire par rapport à un citoyen de 65 ans notamment atteint de maladies chroniques ?? Tout simplement parce que ces ordres professionnels sont plus puissants que le citoyen ordinaire qui n’a personne pour le protéger. Ainsi va le Liban, l’Etat avec tout son prestige est incapable de défendre ses citoyens de tout danger qui les guette mais sait parfaitement ponctionner des impôts et des taxes même aux plus démunis qui n’ont pas de milice pour les protéger. Et où va cet argent? Bien entendu dans les poches des politiciens et des fonctionnaires véreux et corrompus. je passe sur l’absence totale de l’Etat pour les services de base tels que l’électricité ou l’eau car ça fait belle lurette qu’on ne compte plus sur cette bande de voleurs et de gangsters

Liberté de Penser

13 h 53, le 01 mars 2021

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Commentaires (2)

  • Toutes les mesure très prises par les technocrates démissionnaires se sont retrouvées inutiles. Les cas de contamination n’ont pas baissé. Le nombre de décès n’a malheureusement pas baissé non plus. Par contre ce qui a énormément baissé, c’est l’activité économique du pays qui déjà n’était pas très florissante. Mais peut on demander à ces incompétents d’être efficaces ? La priorité aurait due être donnée à l’importation de vaccins (regardez un peu plus au Sud pour comprendre comment on protège sa population). Ça n’a pas été fait, on n’est pas une connerie près, soit! Mais la campagne de vaccination a commencé avec un désordre et des priorités totalement incompréhensibles. Pourquoi un pharmacien ou un dentiste de 35 ans serait prioritaire par rapport à un citoyen de 65 ans notamment atteint de maladies chroniques ?? Tout simplement parce que ces ordres professionnels sont plus puissants que le citoyen ordinaire qui n’a personne pour le protéger. Ainsi va le Liban, l’Etat avec tout son prestige est incapable de défendre ses citoyens de tout danger qui les guette mais sait parfaitement ponctionner des impôts et des taxes même aux plus démunis qui n’ont pas de milice pour les protéger. Et où va cet argent? Bien entendu dans les poches des politiciens et des fonctionnaires véreux et corrompus. je passe sur l’absence totale de l’Etat pour les services de base tels que l’électricité ou l’eau car ça fait belle lurette qu’on ne compte plus sur cette bande de voleurs et de gangsters

    Liberté de Penser

    13 h 53, le 01 mars 2021

  • Avec les nouvelles dispositions, une me semble illogique et incontrolable ,elle n est sujette qu á la bonne conscience des citoyens . Pour les grandes surfaces ,il faut prendre un authorisation prealable avec une duree determinee , c''est tres bien, mais une fois rentre , qui va pouvoir controler si la duree authorisee est respectee ou pas. le client sera il verbalise al la sortie s'il ne respecte pas la duree qui lui est assigne ?

    Jimmy Barakat

    07 h 59, le 01 mars 2021

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